C’est quoi cette idée d’avoir installé l’Algarve aussi loin de Montréal? C’est toi Armando, qui as fait ça?
C’est quoi cette idée d’avoir installé l’Algarve aussi loin de Montréal? C’est toi Armando, qui as fait ça?
Le jour se serait levé une fois de plus. Sans conviction, elle aurait fait les gestes qu’elle fait jour après jour. Du café. Ouvrir le journal. S’habiller.
Un train au loin lui aurait rappelé qu’elle ne pouvait pas rester là, prostrée. Que même si rien ne la tentait de cette vie qui l’attendait là-bas, il lui fallait sortir de son engourdissement. Parce que. Parce que. Parce que. La liste des parce que était si longue qu’elle franchit la porte pour ne plus les entendre.
*sur une toile de Donn Granros
Il y a toujours un premier matin. Un matin où les mots ont une autre saveur, le café une autre couleur, le ciel une autre odeur, un matin où plus rien n’est pareil. Et le cœur bat trop vite parce qu’il sait pourquoi. Rien n’arrêtera la chamade. Car il y a toujours un premier matin dont on se souviendra toujours.
*sur une toile de Leo Gestel
Comme celles qui sont passées ces derniers soirs, la lectrice de la pianiste et peintre Frédérique Nalpas a été emportée par les mots de Mireille Fargier-Caruso. Et du recueil Lettre à L., elle a tiré ceci :
le désir de grandir
comme si nous étions sans limites
sans loi
comme si l’opacité
ne nous atteignait pas
comme s’il n’y avait pas
au plus profond de nous
l’inachevé
et si un jour tu oublies
si jamais ton cœur ne tremble plus
si ta main ne cherche plus la mienne
ni ta bouche mes lèvres
je relirai les mots d’avant
quand la nuit dessinera des ombres
(août 2009)
*toile de Nebojsa Duranovic
C’est ici que j’ai découvert le Carnet d’un médecin de campagne de Fernando Namora. Un livre que je ne pensais pas trouver, car il n’a pas été réédité depuis 1955. Et quel bonheur de le trouver à la bibliothèque, bien relié, attendant ma visite. Avec son odeur de vieux livre qui ne se décrit pas. Son papier qui a jauni. Ses pages qu’on a trop peu tournées.
Dommage. Oui, dommage que ce livre ait été si peu lu. Car il y a dans ce récit, ou plutôt cette suite de récits, un ton, des images, des scènes, une époque. Un Portugal qui n’est pas encore révolu, dont les villages reculés hébergent encore des guérisseurs de tout genre, où la population gitane n’a jamais cessé de croître, où l’étranger – comme ce médecin venu du nord – n’est pas accepté d’emblée mais après avoir fait ses preuves, dix fois plutôt qu’une. Un Portugal de petites gens, de superstitions, de simplicité. Le Portugal des villages éparpillés dans la montagne, isolés. Un Portugal que l’auteur aime intensément, avec un respect profond pour les travailleurs de la terre.
Le Carnet d’un médecin de campagne est à découvrir, dans cette édition qui a certes vieilli mais qui n’en est pas moins intéressante, en attendant que quelqu’un pense à faire une nouvelle traduction de ce bijou afin de donner à celui-ci le rayonnement auquel il aurait droit, celui d’un « classique » de la littérature portugaise.
Le lecteur peint par l’artiste Isabel Forbes songerait-il à passer quelque temps au Québec? Nul doute qu’avant de préparer ses vacances, il lui faut absolument jeter un œil ici.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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