Je ne l’ai pas entendue entrer. Je sais seulement que quand je suis entrée dans le salon, la lectrice de la peintre Estefania Córdoba avait pris ses aises et qu’elle était plongée dans Lettre à L., un recueil signé Mireille Fargier-Caruso. Pas plus ne l’ai-je entendue partir. Je sais seulement qu’elle a choisi ce texte pour vous :
pourras-tu garder
ces abîmes de feu
pour la journée qui vient
l’inattendu qui nous ressource
comme la visite d’un ami
au fond de tes poches
tous les secrets
et je n’y peux plus rien
tu n’y es pour personne
avant la rouille
le vertige muet
des lointains
quelque chose s’achève
qui laisse des fêlures
qui éclaire à jamais nos chemins





















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