Parce que je pourrais passer des heures à le regarder, parce que le ciel me raconte des secrets, je le photographie pour ne pas oublier tout ce qu’il m’a raconté.
Parce que je pourrais passer des heures à le regarder, parce que le ciel me raconte des secrets, je le photographie pour ne pas oublier tout ce qu’il m’a raconté.
Je l’écoutais. Fascinée. Je n’avais jamais entendu quiconque me raconter les livres de cette façon. Et pourtant, ce n’était pas la première personne avec qui je discutais bouquins. Loin de là, devrais-je dire. Mais personne avant elle n’avait examiné les livres de cette manière.
-Celui-ci, il compte exactement 42 chapitres qui, eux, comptent en moyenne 15 456 mots.
-Ah bon.
-Si, si, je te l’assure. Et pour ne pas me tromper, je note tout. Je sais quel livre compte le plus de mots, le plus de chapitres, le plus de verbes au conditionnel, le plus d’adjectifs. Quels sont les prénoms les plus courants. Dans quels livres il y a des chats. Ce genre de détails qui personnalisent, quoi,
-Tu fais vraiment ça?
-Mais oui.
-Et ça te donne quoi tout ça?
-Des statistiques, des données, des renseignements spécifiques…Comment peut-on connaître les livres si on ne connaît pas ces détails? Impossible. Un livre, c’est une série de calculs comptables, des statistiques.
J’étais muette. Je n’avais jamais vu les livres sous cet angle.
Et puis, une question a surgi dans mon esprit. Quelle tête aurait un libraire à qui on demanderait un roman écrit par un écrivain qui porte le deuxième prénom le plus populaire chez les écrivains français; un roman qui, de plus, compte 38 chapitres et 31 anglicismes de mauvais aloi; et dont on trouverait 921 exemplaires dans les bibliothèques publiques? Il chercherait la caméra cachée.
*toile du peintre danois Erling Steen
Bien sûr qu’elle est bien, là, tout au bord de l’eau, la lectrice de F. Klein. Mais j’ai trouvé un site tellement passionnant qu’il faut que je lui en fasse part!
Ce n’est pas le peu de lumière qui va le faire arrêter sa lecture, pas plus qu’elle ne ralentira Armando, le chasseur de lecteurs du pays de Lali.
Je ferais bien mon domicile d’une telle péniche sur la Seine. Chantal a-t-elle pensé à demander si les propriétaires ne seraient pas à la recherche d’un moussaillon?
Presque chaque matin il laisse le cahier sur le lit avant de partir. Mots qu’il a écrits dans la noirceur de la nuit alors qu’il veillait sur son sommeil. Mots qui sont venus à lui pour lui offrir le plus doux des réveils. Petites histoires ou poèmes qu’il tisse patiemment ou au gré du vent ou du murmure des oiseaux qui vivent à la même heure que lui. Mots qui ont la couleur du ciel qui s’éclaircit. Mots sur lesquels elle se précipite. Presque chaque matin.
*sur une toile de Bob Brown
C’est un jour important que celui d’aujourd’hui, un jour dont vous pourrez lire l’histoire en cliquant ici, un jour qui réunit tous les gens du livre et les lecteurs afin de souligner l’apport des écrivains à notre société, à l’Histoire, à notre quotidien, par les livres qu’ils laissent derrière eux comme autant de morceaux de nous-mêmes comme d’eux-mêmes et sans lesquels je ne pourrais tout simplement pas vivre.
En ce jour, vive le livre! Et chapeau à ceux qui les écrivent, à ceux qui les éditent, à ceux qui les diffusent à leur manière, qu’ils soient libraires, bibliothécaires, journalistes, blogueurs ou lecteurs!
La lectrice de Roderic O’Conor est entrée dans la pièce. Elle savait qu’un nouveau livre attendait les lectrices du soir. Et probablement était-elle émue d’être la première à tourner les pages du recueil de Nicole Brossard À tout regard. Et sûrement l’était-elle encore quand elle a lu ces mots :
c’est que tout arrive suffisamment
d’un point de vue, au toucher
et des images suivies de l’aube
comme une décision arrondie qui désigne
la ferveur cérébrale, un sourire
traversé par la représentation, le réflexe
d’aube
Petits bouts de phrases trouvés dans ses poches ou ailleurs. Mots qui sont siens mais dont elle n’a aucun souvenir. Mots qu’elle met côte à côte, qu’elle assemble comme la couturière fait un vêtement, comme l’artiste colle ses pièces pour que se crée une image. Et de cette construction naît parfois un texte ou un morceau qui trouvera sa place un jour ou l’autre.
*sur une toile de Cathleen Rehfeld
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