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Le parc et ses deux bancs

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Le parc est à proximité de la maison. Sur la route de la librairie, en fait. À peine dissimulé. Et pourtant, en neuf ans, je ne l’ai jamais vu. Aurait-il poussé durant l’été alors que je regardais les fleurs?

Pour un sourire

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Bien entendu qu’il reste quelques fleurs dans mes provisions… De moins en moins, mais il en reste. Et puis après, je retournerai à mes lectrices. Je les néglige un peu trop ces temps-ci.

Encore!

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Notre ami Armando ne finira jamais de faire des trouvailles, semble-t-il. Et moi je dirai toujours encore.

Tant mieux!

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Ça continue de grimper sur les murs, comme si de rien n’était. Et j’ai même l’impression que rien ne pourra arrêter leur course… Tant mieux!

Pour vous donner un coup de pouce

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Il est encore temps de vous laisser inspirer par la toile de la semaine et la raconter en vos mots, puisque ce n’est que demain à la même heure que je validerai tous vos écrits et que j’accrocherai une autre toile. Je vous laisse même quelques livres signés Chester Arnold pour vous donner un coup de pouce si jamais l’inspiration n’était pas au rendez-vous…

Chut, je ne dis plus rien…

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Voilà une autre qui ne sait pas que demain… Mais chut, je ne dis plus rien. Je ne veux surtout pas que l’une ou l’autre des fleurs que photographie Denise soit au courant. Et qu’elles continuent de fleurir le pays de Lali…

Les vers de Nelligan 10

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A-t-elle le cœur qui déborde, comme je l’ai eu la première fois, à la lecture des poèmes de Nelligan? La lectrice de Kim Roberti est-elle à la fois triste et heureuse, comme je l’étais aussi? Comme si l’un des états était indissociable de l’autre? Elle n’a rien dit. Elle m’a juste tendu le livre à cette page :

LA FUITE DE L’ENFANCE

Par les jardins anciens foulant la paix des cistes,
Nous revenons errer, comme deux spectres tristes,
Au seuil immaculé de la Villa d’antan.

Gagnons les bords fanés du Passé. Dans les râles
De sa joie il expire. Et vois comme pourtant
Il se dresse sublime en ses robes spectrales.

Ici sondons nos cœurs pavés de désespoirs.
Sous les arbres cambrant leurs massifs torses noirs
Nous avons les Regrets pour mystérieux hôtes.

Et bien loin, par les soirs révolus et latents,
Suivons là-bas, devers les idéales côtes,
La fuite de l’Enfance au vaisseau des Vingt ans.

Elle n’avait rien à offrir

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Elle n’avait rien à offrir. Rien, sinon elle, entière, complexe, avec ses rêves, ceux qu’elle avait biffés comme ceux qui lui restaient encore. Elle n’avait rien à offrir qu’elle-même. Et il a tout pris. Même ses doutes, ses peurs, ses larmes. Et surtout son rire, ses mains sur sa peau, ses yeux pleins de tendresse. Tout ce que personne n’avait jamais vu, ou pas voulu voir.

Elle n’avait rien à offrir, disait-elle. Il disait : tu as tout à offrir. Et elle lui a tout a donné.

Elle ne reprendra rien, ni un sourire, ni une caresse, ni une phrase, ni une larme, ni une seule minute partagée avec lui. Jamais.

*sur une toile d’Howard Chandler Christy

Celle qui caresse le papier

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Elle caresse le papier, amoureusement. Elle ne l’a jamais fait autrement. Elle aime tant toucher les mots du bout des doigts. D’ailleurs, il a toujours en tête cette image d’elle caressant les pages d’un livre, celles d’un magazine. Avec tellement de tendresse qu’on a envie de s’offrir à de telles mains, qu’on a envie de ses caresses, de cette douceur qui émane du moindre de ses gestes.

*sur une toile de Raquel Martins

Tant et tant

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Et souvent cette envie de me fondre au décor, ton sur ton, pour passer inaperçue. Comme la lectrice de Jeanne Gockley, perdue dans le bleu dans ses rêves. Mais pour cela, il me faudrait devenir encore plus silencieuse. Et enfiler ma robe rouge, puisque mon sofa est de cette teinte. Mais l’envie de vraiment disparaître n’est pas encore là. Il y a encore tant de choses à raconter. Tant et tant.