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Il est temps ce soir d’éclairer un peu ceux qui ont envie de laisser des commentaires et qui se laissent rebuter par la procédure. J’ai bien cherché un moyen de la faire apparaître dans un carré quelque part sur la page d’accueil, mais je ne semble pas assez habile pour le faire: je me contenterai donc d’un billet à l’intention de mes futurs commentateurs.

La première chose à faire est de s’enregistrer (comme sur un forum) en passant par la fonction ADMIN. DU SITE. Un mot de passe vous sera envoyé par courriel suite à cette opération. Si vous ne le recevez pas, jetez un œil sur le courrier indésirable (les spams) : il est bien souvent là. Le pseudo que vous aurez choisi et le mot de passe qui vous sera envoyé vous permettront de vous identifier à chacune de vos visites. Ainsi, si l’envie vous prend de laisser quelques lignes en cheminant sur mes pages, il vous suffira d’aller à la fin de l’article et de sélectionner COMMENTAIRE. Et les mots écrits, d’appuyer sur SUBMIT COMMENT.

Je n’ai jamais censuré de commentaire, que supprimé que des spams publicitaires. Il me fera donc plaisir de vous laisser la parole, surtout qu’avec la petite publicité des derniers jours, j’ai eu de nouveaux visiteurs qui ont eu du mal à se dépataouiller avec la procédure. Comme me l’a si bien fait remarquer Olivier sur Un nuage de blogs, « les commentaires font vivre un blog ». Donc, à vous de l’animer.

J’ai toujours écrit pour vous, mes amis, dans un premier temps, sans penser qu’un jour d’autres me liraient. Mais ce n’est plus le cas. D’autres se sont ajoutés à vous et c’est à vous tous, amis fidèles et nouveaux lecteurs que je dédie ce billet, afin que vous n’ayez pas de raison de ne pas laisser un petit mot si l’envie vous en prend.

P.S. Plus besoin de s’enregistrer pour poster un commentaire. Mais je laisse ici ce texte pour la phrase d’Olivier SC.

Mélange de saveurs à base de pumpernickel

pumpernickel

Et j’ai grignoté ce soir un frugal repas fait de tranches de pain pumpernickel, ce que d’aucuns nomment le pain noir, mais qui est d’abord un pain de seigle, originaire de Westphalie, aigre et sec pour certains, mais que j’ai plaisir à déguster avec un fromage qui se tartine et/ou de la confiture.

Et je me suis régalée. Et la vie était douce. Elle goûtait le pain, le cambozola et la confiture de poires. Il n’est jamais de petit plaisir quand il s’agit des papilles et des effluves. Surtout quand toutes ces saveurs entremêlées restent en bouche quelque temps. Tentez le coup, c’est ma recette de plaisir du jour, pas la plus sophistiquée, mais totalement, absolument et sans contredit, dé-lec-ta-ble.

Pour ceux qui me lisent jour après jour

coquillages

On croit qu’on écrit pour soi, pour quelques amis seulement, qui nous lisent régulièrement ou à l’occasion.

Car on n’imagine pas que quelqu’un, un jour, sera guidé vers nos pages, qu’un autre – Un blog par jour – a choisi de souligner ce blog sur le sien le 6 septembre, ce qui a donné l’idée à certains de venir jeter un œil ici. C’est le cas de Marianne, dont je ne connais que la plume pour le moment, qui aurait bien voulu laisser un message, mais dont le mot de passe a dû être intercepté et considéré comme indésirable. C’est donc en lui faisant signe parce qu’elle s’était inscrite que j’ai pu lire son commentaire qu’elle m’a transmis par courriel.

Je vous livre ici quelques lignes de celui-ci, car les lire a constitué un grand moment de ma journée. Je crois que vous comprendrez pourquoi…

Ce que je reproche un peu aux blogs littéraires en général c’est que les auteurs émettent des opinions sur tout ce qu’ils lisent, les films qu’ils voient ou les disques qu’ils découvrent mais on ne sait rien d’eux, d’elles le plus souvent, de leur personnalité, leur âge….
Donc, le commentaire est trop anonyme pour qu’on y ajoute foi d’emblée.

Vous c’est différent: l ‘intérêt est de découvrir qui vous êtes à travers une belle écriture, de splendides images en même temps qu’on découvre ce que vous aimez.

J’ai adoré votre petit billet sur les fleurs qui perdent leurs pétales avec une grâce de danseuse et celui sur votre migraine , parce que c’est la première fois que j’entends une femme soutenir calmement qu’ainsi elle ne renonce à rien. Il y a une telle sensualité dans vos propos, un tel sentiment de bien-être, d’assurance tranquille et de disponibilité au monde qu’on vous croit volontiers et qu’on partage totalement votre plaisir.

Ajouter quelque chose serait superflu.
Mais je le fais quand même. Nous sommes tous des coquillages échoués sur la grève. Pas tous colorés, pas tous beaux, pas tous en bon état ni remarquables. Mais il suffit qu’un seul nous remarque et nous donne le goût d’être ce que nous sommes pour que nous ayons envie de ne pas changer. C’est l’effet qu’a eu sur moi le billet de Marianne, dont je ne sais rien, sinon qu’elle partage avec moi un amour pour les mots. Je sais aussi je la lirai avec plaisir le jour où elle aura aussi ses pages.

Et j’ajouterai un mot pour mes quatre fidèles lecteurs, Carine, Christiane, France et Jean-Marc. De savoir que vous me lisez jour après jour, que vous me donnez vos impressions, me donne aussi le goût de poursuivre. Vous constituez, au même titre que mes voyages, mes lectures, mes coups de cœur, mes clins d’œil, le sel de mon inspiration.

Quand on osait

writingdesk

Il fut une époque où on osait. Où on posait des gestes. Où on disait tout haut et sans peur ce que les autres pensaient ou souhaitaient tout bas. Où on commettait des gestes fous. Comme ce jour de 1942 où des avions de la RAF ont largué des milliers de tracts sur une France occupée afin de diffuser le poème LIBERTÉ de Paul Éluard.

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunis
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Dur miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ces oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

Y aura-t-il un jour d’autres qui se lèveront ainsi? D’autres qui croiront assez pour aller aussi loin? Pour oser la démesure?

Le droit à la folie

irenesherri

Commettre au moins une folie par an pour ne pas devenir fou.[ Vicente Huidobro ]

Au moins une ? Au moins douze ? Quel est le bon chiffre ? Varie-t-il en fonction de chaque individu, de la personnalité, de la faculté de savoir rire de soi, d’un entourage qui nous freine ou du fait de savoir faire fi du qu’en-dira-t-on ? Mais encore, la folie dont il est question est-elle une excentricité ou un morceau de folie douce ? Et devenir fou, est-ce perdre la raison ?

Que de questions pour une si petite phrase !
Je revendique de ce pas le droit à la folie, à l’imagination, à l’inventivité, au hors normes, à l’originalité, à la différence. Je revendique le droit de mettre les pieds sur la table, de tirer la langue, de désarçonner mon interlocuteur par un grand rire, si cela rentre dans la catégorie de folie. Je revendique le droit de plus grandes folies, de celles dont je n’ai pas idée encore, de celles qui troublent l’eau calme, de celles qui perturbent l’ordre établi de la société bien pensante. Je revendique le droit de ne pas être politiquement correctement et d’entrer dans l’ennui.

Oui, sans aucune hésitation, je revendique le droit à toutes ces « folies » qui, pour moi, n’en sont pas, mais qui, aux yeux de certains, en sont. Pour échapper à la démence, pour ne jamais me bourrer de pilules, pour ne pas m’allonger sur le divan d’un psy, pour ne pas mourir avec des regrets.

Je revendique le droit de sortir vêtue de mes plus beaux alors et d’aller lire de la poésie dans un bar, comme le fait la lectrice d’Irene Sherri. Sans me préoccuper des yeux qui pourraient se poser sur moi, sans penser que je ne cadre pas avec la foule des dragueuses, sans me soucier d’autre chose que du plaisir de le faire. Pour toute la beauté qu’une folie telle donne au visage. Pour la grâce que cela donne à l’épaule et au cou que de ne pas se plier à faire comme tout le monde. Pour le plaisir qui se dégage des lèvres et des yeux clos de celle qui a prétendu aux droits que je prône.

Et si jamais un jour on m’enferme pour mes excès et mes supposées lubies, c’est que le monde aura oublié ou mis de côté la liberté et la folie douce. Ce sera un bien triste jour. Que j’espère ne jamais connaître ni ne donner à vivre à quiconque. Mais il y aura toujours quelqu’un, quelque part, pour monter sur les barricades et proposer une folie. J’y crois.

Où est le lion?

hiddenlion

Il y a un lion caché dans l’image, affirme un site de jeux de logique. C’est pourtant ce que j’ai vu en premier, avant même de lire la fameuse énigme. Est-ce parce que je suis dans la vie du signe du lion que je les repère vite ou mon œil est-il aguerri et qu’on ne le floue pas facilement ?

Je vous laisse chercher.
L’illustration était si jolie que je n’ai pas pu m’empêcher de vous l’offrir en cadeau.
Amusez-vous.

Mauves ou jaunes ? Je les aime toutes !

echinacees

Les échinacées n’ont jamais aussi été nombreuses que cette année, me semble-t-il. Ou alors, les années précédentes, je ne les voyais pas, roulant du point A au point Z en évitant les bouchons ou m’engouffrant dans le métro, en espérant qu’il n’y ait pas une panne. Mais cette année, alors que j’ai cette chance de pouvoir être au travail en vingt minutes – quinze de plus, si je marche -, j’ai le loisir de voir les jardins, les parterres, les bosquets et partout, il n’y a qu’échinacées et hydrangers. J’ai un faible pour les premières qui se tiennent hautes et droites et qui laissent tomber leurs pétales avec une grâce de danseuse.

Sur le trajet, il y a des mauves et des jaunes. Autant des unes que des autres. Les premières au début du parcours, les secondes pour la fin, jusqu’à l’entrée de la maison où je passe mes journée. J’ai chaque fois un regard attendri pour elles. Sans raison. Ou parce qu’elles font partie de ces petits plaisirs que je remarque alors que d’autres marchent en regardant où ils mettent les pieds ou droit devant eux, sans un regard ni à gauche ni à droite sauf aux carrefours. C’est peut-être un avantage au niveau de la rapidité et du peu de risque de se cogner à un poteau, une de mes spécialités, mais quel plaisir en moins !

Oui, ces jours-ci je profite de la beauté des échinacées. Et ce que c’est bon, ces couleurs !

Une pause qui fait envie

brunovanacci

Si je pouvais, je ferai ainsi la pause. J’irais me chercher une tasse de café et je m’installerais par terre avec un livre. Et quinze minutes durant, je ne laisserais personne franchir le seuil de mon bureau, je ne répondrais pas au téléphone non plus.
Mais bon, tout cela est utopique. Les pauses de l’avant-midi comme celles de l’après-midi se font dans le brouhaha et les allers et venues… si jamais elles ont lieu.

La toile de Bruno Vannacci m’inspire des envies irréalisables quand il s’agit de pauses au travail, mais tout à fait possibles ailleurs. J’imagine déjà la scène.

Livre et café. Que demander de plus ? Une ou deux choses, tout de même. Des coussins pour rendre tout cela encore plus agréable. Et les pieds nus, il va sans dire.
Voilà. Vivement ce soir pour entrer dans la toile.

Les images réjouissantes de François Gravel

melamineblues

Moi qui ai des montagnes de livres en attente dans quasi toutes les pièces de la maison, j’ai cette fin de semaine relu Mélamine Blues de François Gravel, LE livre de la rentrée littéraire 2005, à mes yeux. Toujours aussi désopilant, ce roman qui met en scène un kleptomane dyslexique, préposé aux bénéficiaires, qui a une opinion sur presque tout et qui joue des mots comme d’autres jouent de la guitare.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Jeff, personnage hors norme arborant un petit côté philosophique sans prétention, et Iseult, son amoureuse tout aussi kleptomane que lui, lesquels deux vont poursuivre une mission tout en détroussant les uns et les autres. Sûrement pas politiquement correct, ce roman. Sûrement pas calqué sur les bonnes mœurs, non plus. Mais décapant et corrosif envers la société bien pensante avec un clin d’œil réjouissant pour ceux qui ne cadrent pas.

« Bon comme du bon pain », dit une expression qui s’applique à la lettre ici. « Bon jusqu’à la dernière goutte », annonçait une publicité de café. Encore vrai. Et sans aucune hésitation.

Et malgré tous les livres qui jonchent l’appartement, c’est vers celui-là que je me suis tournée en ce samedi pluvieux. Peut-être avec l’idée de le faire découvrir à quelqu’un qui sera sensible au monde de François Gravel, qui fait depuis des années partie de mes incontournables, de ceux que j’ai conseillés, de plus. Sa langue, parfois proche de la poésie, sans en avoir l’aridité qu’on lui connaît parfois, est un délice, s’il faut la nommer. Elle a la simplicité naïve des images d’Épinal tout en sachant évoquer les plus beaux sentiments comme la désillusion.

Bonheur que ce roman. Il en faudrait davantage. Mais là, c’est une autre histoire…

Non merci

chsab

Je me demande jusqu’à quel point ce n’est pas une conversation que j’ai eue hier soir qui m’a fait mal dormir et qui a déclenché une migraine du diable dont je n’ai émergé que vers 14h et des poussières. Se peut-il que de défendre son point alors que l’autre nous juge et cherche la petite bête rende ainsi malade ? Et pourtant, je l’entends encore tenter de défaire tous mes arguments, de les opposer aux siens, comme s’il avait la vérité innoculée en lui. Et de guerre lasse, pour avoir la paix, pour ne plus qu’il contredise tout ce que je disais, j’ai dit, MOI, « tu as sûrement raison ».

Est-ce d’avoir baissé les bras devant son acharnement qui a pris ma tête en étau ainsi ? Est-ce la lassitude de me défendre sur ce que j’estime être ma vérité, mon choix de vie, qui a provoqué tout cela ?

Et si oui, je ne dois plus me laisser avoir ainsi. Ne plus dire que c’est une fuite, comme lui l’affirmait, que de ne plus vouloir rencontrer aucun homme, de ne plus leur donner la chance de faire le paon pour m’attirer où vous savez, de ne plus me laisser tenter par leurs belles paroles mielleuses qui, de toute manière, coulent sur moi comme sur le dos d’un canard. Non, ce n’est pas une fuite, mais bien un constat. Je n’ai plus envie de jouer.

Et si ça m’a amusée un temps, c’est que j’y prenais plaisir. Alors que Jacques pense ce qu’il veut. Je n’ai aucune envie de bras, de regards qui en disent long et de toutes ces choses inutiles. Il y a bien des huîtres qui ne s’ouvrent pas malgré la perle à l’intérieur: je suis de celles-là.

Et je n’ai vraiment pas envie d’en changer. Une chaise et un verre au soleil, et je suis heureuse. Pas besoin de le partager en babillages et en rapprochements physiques. Et plus envie non plus de ces conversations arides où on tente de me convaincre que je ne vais pas bien parce que je suis ainsi, après avoir été autre. Non merci. Je ne veux pas d’une autre discussion avec lui sur le sujet, et encore moins d’une migraine. Je veux juste la paix.