On croit qu’on écrit pour soi, pour quelques amis seulement, qui nous lisent régulièrement ou à l’occasion.
Car on n’imagine pas que quelqu’un, un jour, sera guidé vers nos pages, qu’un autre – Un blog par jour – a choisi de souligner ce blog sur le sien le 6 septembre, ce qui a donné l’idée à certains de venir jeter un œil ici. C’est le cas de Marianne, dont je ne connais que la plume pour le moment, qui aurait bien voulu laisser un message, mais dont le mot de passe a dû être intercepté et considéré comme indésirable. C’est donc en lui faisant signe parce qu’elle s’était inscrite que j’ai pu lire son commentaire qu’elle m’a transmis par courriel.
Je vous livre ici quelques lignes de celui-ci, car les lire a constitué un grand moment de ma journée. Je crois que vous comprendrez pourquoi…
Ce que je reproche un peu aux blogs littéraires en général c’est que les auteurs émettent des opinions sur tout ce qu’ils lisent, les films qu’ils voient ou les disques qu’ils découvrent mais on ne sait rien d’eux, d’elles le plus souvent, de leur personnalité, leur âge….
Donc, le commentaire est trop anonyme pour qu’on y ajoute foi d’emblée.
Vous c’est différent: l ‘intérêt est de découvrir qui vous êtes à travers une belle écriture, de splendides images en même temps qu’on découvre ce que vous aimez.
J’ai adoré votre petit billet sur les fleurs qui perdent leurs pétales avec une grâce de danseuse et celui sur votre migraine , parce que c’est la première fois que j’entends une femme soutenir calmement qu’ainsi elle ne renonce à rien. Il y a une telle sensualité dans vos propos, un tel sentiment de bien-être, d’assurance tranquille et de disponibilité au monde qu’on vous croit volontiers et qu’on partage totalement votre plaisir.
Ajouter quelque chose serait superflu.
Mais je le fais quand même. Nous sommes tous des coquillages échoués sur la grève. Pas tous colorés, pas tous beaux, pas tous en bon état ni remarquables. Mais il suffit qu’un seul nous remarque et nous donne le goût d’être ce que nous sommes pour que nous ayons envie de ne pas changer. C’est l’effet qu’a eu sur moi le billet de Marianne, dont je ne sais rien, sinon qu’elle partage avec moi un amour pour les mots. Je sais aussi je la lirai avec plaisir le jour où elle aura aussi ses pages.
Et j’ajouterai un mot pour mes quatre fidèles lecteurs, Carine, Christiane, France et Jean-Marc. De savoir que vous me lisez jour après jour, que vous me donnez vos impressions, me donne aussi le goût de poursuivre. Vous constituez, au même titre que mes voyages, mes lectures, mes coups de cœur, mes clins d’œil, le sel de mon inspiration.
Une réponse
La grosse trouvaille, c’est cette machine à écrire en en tête de ton site : accrocheur en diable, ticket pour le rêve!
Elle dit tout, cette machine, d’une époque enfiévrée, traumatisée encore par la guerre et qui a vu naître la mode de la jeunesse. On revoit les films en noir et blanc -où on comprenait encore si bien les acteurs !- et où le journaliste, nourri de Kessel, Hemingway et autres récits de Victor Segalen, tape, cigarette aux lèvres, un rapport explosif. Dans la lancée, on suit Jeanne Moreau sur les pavés mouillés du vieux Paris, on flâne dans la Rome de Fellini, on arpente Saint germain des Prés, ….mais chut : si le flot des images est inépuisable, la prise de vue est unique à chacun.
Sur nos claviers d’aujourd’hui, tapons du neuf, de l’inédit, sans nous prendre pour Shakespeare, tissons des amitiés qui nous mènerons dans des sites, des sentes uniques.
Marianne