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Un déjeuner de rêve…

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J’aime prendre le premier repas de la journée au restaurant. Pas que je le fasse souvent. Mais c’est chaque fois un plaisir. Et un des endroits que je préfère pour m’adonner à ce plaisir est La Grand-mère poule, sur la rue Beaubien, au coin d’Iberville, en face du parc Molson, que j’affectionne tant. Invitant dès l’extérieur, le restaurant est tout aussi accueillant et chaleureux à l’intérieur avec ses paniers d’osier aux formes diverses suspendus au plafond, avec ses toiles ou bibelots représentant des poules, des coqs ou des œufs.

La lecture du menu s’ajoute au reste comme un plaisir de plus, alors que le café nous est déjà servi. Difficile de choisir entre les crêpes, les œufs bénédictine, les gaufres, les omelettes, les röstis…

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J’ai opté pour le Jamais d’œufs sans toi, des œufs, des pommes de terre rissolées, une compote de pommes maison, des fruits frais, du bacon, du pain aux bananes et du beurre au miel… Ça ne vous fait pas envie, dites?

Ma version de la Place des Arts

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J’aurais pu prendre la photo à l’extérieur. On aurait ainsi pu voir l’étendue de la Place des Arts, le haut lieu de la scène montréalaise où logent l’orchestre symphonique, les Grands ballets canadiens et une compagnie de théâtre, et qui regroupe de nombreuses salles où se sont produits de nombreux artistes de la chanson française, ainsi qu’un musée. Ou photographier les escaliers et l’espace extérieur où les Montréalais se réunissent durant le festival de jazz ou les Francofolies. J’aurais pu.

Mais c’est ailleurs que l’inspiration est venue. Dans le grand hall qui mène à toutes ces salles ou vers le Musée d’art contemporain. Sous un dôme de verre qui jaillit du sol, comme un clin d’œil à la pyramide du Louvre et à travers lequel on voit une partie du complexe, plus précisément la salle Wilfrid-Pelletier.

Concerts, spectacles, ballets, opéras, films, pièces. La Place des Arts est tout ça, autant pour tous que pour moi qui la fréquente depuis toujours. C’est en 1964 que la Place des Arts est devenue ce qu’elle est, même si déjà, dès septembre 1963 était inaugurée la grande salle. « Ma » grande première date de 1966 pour Casse-noisette. Déjà… Puis, Joe Dassin, Renaud, Kiri Te Kanamawa, l’orchestre symphonique, l’opéra… La Place des Arts est un de ces lieux incontournables pour qui aime les arts.

Le kiosque aux airs de fête

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Dans quelques jours, le kiosque à musique du parc Molson aura perdu ses airs de fête qu’il avait en ce dernier samedi de l’année. J’aurai eu le temps de l’immortaliser. Et de penser à mon grand-père qui a, à son époque, dans des fanfares où il jouait du trombone, animé des kiosques de ce genre et des soirées.

Je pense souvent à lui, à ses yeux bleus. Il a été et restera le héros de mon enfance avec ses aventures aussi – sinon plus – que celles que je pouvais lire dans les livres.

Et si je retourne régulièrement dans ce parc, non pas le plus remarquable de Montréal, c’est probablement à cause de ce kiosque. Et parce qu’il y a laissé ses pas, sûrement, tout autant que mes parents.

La tarte aux œufs de maman

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La plupart des Québécois ne connaissent pas la tarte aux œufs, parce que c’est une spécialité de la Montérégie qui ne semble pas en avoir franchi les frontières. Et pourtant… elle gagnerait à être connue!

C’était une des spécialités de ma grand-mère, native de Saint-Pie-de-Bagot, de telle sorte que j’ai grandi avec ce dessert tout simple qu’on pourrait appeler une tarte au flan meringuée. Le genre de choses qui fond dans la bouche. Délectable.

Et hier, soir du Jour de l’An j’ai eu droit à ce dessert préparé avec amour par ma mère. C’était le plus beau cadeau pour commencer l’année. J’ai encore la douce sensation sur ma langue. Plaisir, plaisir, quand tu nous tiens.

Adieu 2006

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Et 2007 est déjà là. Dans quelques jours, les sapins naturels seront recyclés, les autres rangés dans leur boîte ainsi que leurs décorations. Chacun aura festoyé à sa manière.

Peut-être que d’autres auront, comme moi, scruté à la loupe l’année qui vient de se terminer. Qu’y auront-il trouvé ? Des petites joies, des grandes, des déceptions, des moments de grâce, des fous rires, des instants de panique, des soleils qui se lèvent, des déceptions, des changements de cap. Un peu de tout ça, sûrement. Car la vie est ainsi, un savant mélange de toutes ces choses qui nous font dire que nous sommes en vie.

Et moi, que vais-je retenir de 2006 ? Sûrement le passage de ma vie de libraire à celle de réviseure-traductrice, dans un premier temps. Et puis des amitiés, des anciennes comme de nouvelles. Et des lectures, de la musique. Et puis l’écriture, même si elle me rend de plus en plus solitaire, moi qui l’étais déjà.

Quelques bleus à l’âme par moments, bien vite remplacés par mes pas de danse sur le plancher du salon ou sur le trottoir. Le goût du café ou du chocolat sur la langue, plaisirs indéfectibles.

Un souper belge à la maison. Les concerts dans la rue. Le vent dans mes cheveux. Une baignoire pleine de mousse. Ces heures à marcher ici et là, au hasard de la ville. L’odeur des lilas.

Et les rires des enfants qui jouent devant chez moi et qu’il fait bon entendre quand les fenêtres sont ouvertes en été. Un chat qui laisse mes doigts caresser son doux pelage. Une pluie fine qui tombe sur mes épaules nues. Les livres, toujours les livres. Et le cœur qui s’emballe.

Et toutes ces images presque fugitives qui ont un goût d’absolu.

Une phrase qu’on retient. Une autre qui s’envole. Des mots qui se dérobent. Et tout ce qu’on voudrait être en mesure de dire et qu’on ne sait pas faire. Et le silence comme compagnon quand la musique se tait.

Et une toile qui parle de soi. Des regards complices. Et puis, tout ce qui nous retient, parfois, sans qu’on puisse en connaître les raisons.

Et ces après-midis à lire au lit. Et l’écureuil juché sur le bord de ma fenêtre ce matin, qui avait l’air de se demander ce qu’il pouvait bien faire là, au deuxième. Et un baiser sur un coin de rue, comme un cadeau.

Et tous ceux que j’aime, sans qui je ne serais pas ce que je suis.

Adieu 2006.
2007 et ses aventures m’attendent.

La lune en plein jour

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Milieu de l’après-midi, rue Beaubien, au parc Molson. Et la lune, déjà là. Tôt. Bien avant son heure.

Je n’ai pu m’empêcher de la prendre en photo: certains considèrent la lune comme la protectrice des rêves. Un signe ? On peut s’accrocher à n’importe quoi, en fait. Trouver un ou des sens à toute chose. Même dans la lune en plein jour ?

Ou peut-être est-ce sa façon à elle de me dire de continuer à rêver ?

Une neige qui apaise

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Il neige tout doucement. Ce ne sont pas les gros flocons de mardi. Mais non aurons sûrement 4 ou 5 cm. De quoi aller faire quelques photos cet après-midi? Possible.

Autant je suis une marcheuse, autant les kilomètres ni les côtes ne me rebutent, autant j’aurais envie pendant quelques heures de sillonner ma ville en voiture: elle est si grande. Et ainsi pouvoir à mon aise arrêter ici ou là le temps de saisir un moment, un paysage, un édifice… et peut-être encore des arbres, bien entendu.

J’aime cette journée qui commence et pour laquelle je ne prévois rien sinon qu’aller me promener et prendre des photos, écrire et écouter de la musique. Et le plus possible être en paix avec moi-même. Pour que cette année se termine bien, qu’elle soit harmonieuse, après les tourments, les doutes, les surprises, le cœur qui s’emballe, les nouvelles amitiés, un nouveau travail, de nouveaux rêves.

Et je crois bien que cette neige qui tombe a ce côté apaisant dont j’ai besoin à l’heure des bilans, à l’heure où l’écriture prend de plus en plus de place dans ma vie et m’éloigne peut-être du reste.

Morceau de soleil sur le carré Phillips

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Des milliers de gens passent ici chaque jour. Combien sont-ils à s’être attardés devant la statue afin de savoir que c’est celle du roi George III ? Et qui sait que si le carré Phillips, longtemps appelé le square Phillips avant la francisation de Montréal au début des années 1980, porte le nom de la famille qui a légué cet îlot à la ville avec la promesse de laisser le parc intact ? Qui se rappelle encore que le grand magasin La Baie, qui fait face au carré Phillips, a porté le nom de Morgan jusqu’en 1972 ?

Et pourtant, là est bien la petite histoire de ce parc de la rue Sainte-Catherine où certains s’asseoient l’été pour y déballer leur sandwich tandis que les nombreux pigeons voudraient bien gober les quelques miettes qui tombent.

Et comme la lumière de fin d’après-midi qui s’accrochait aux bâtiments donnait à cet endroit du centre-ville le plus fréquenté à toute heure du jour et de la nuit cette espèce de quiétude, comme si la ville veillait sur ceux qui l’animent.

Un parc sous la neige

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Ça pourrait être n’importe où. Ça pourrait être n’importe quel parc de Montréal quand la neige tourbillonne et se dépose sur les arbres.

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Mon Montréal, c’est le Montréal des quatre saisons. Et hier c’était cette neige qu’il fallait voir de près dans un parc de l’ouest de l’île. Ou ailleurs. Peu importe que le parc soit immense ou pas.

Je vous dirai seulement que des enfants glissaient sur les douces pentes, que d’autres profitaient de la neige bien collante pour faire des bonhommes de neige, que des chiens couraient, heureux. Qu’il y avait quelques parents qui regardaient tout cela en souriant, d’autres qui immortalisaient la scène avec leur appareil.

Et moi ? Je profitais du temps qui passe.

Décor de Noël sur la 42e Avenue

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Imaginez des gens qui passent des heures et des heures à faire un décor extérieur de Noël pour que d’autres en profitent. Imaginez, mais ce ne sera peut-être pas encore assez. Il vous faudra vous rendre sur la 42e Avenue, juste au sud de la rue de Bellechasse, dans le quartier Nouveau-Rosemont, pour trouver un tel accueil.

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Les lumières fusent de partout, sous forme de guirlandes lumineuses pendues aux balcons et aux arbres. Des rennes, une maison en pain d’épices, des cadeaux géants, rien ne manque à cette installation féérique qui attire des gens de partout qui suivent le parcours installé pour eux jusque dans la cour de ce pâté de maisons.

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Lutins et cannes de Noël nous invitent et nous continuons la visite au milieu d’une poignée de gens qui font ce même périple.

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Nous sommes nombreux et comme certains décors sont derrière des vitres, il n’est pas toujours facile de prendre une photo qui « sorte » bien. La crèche est notamment magnifique.

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Même le Père Noël a installé son atelier de jouets dans la cour, où un train électrique tourne en permanence tandis que tous les jouets qui font la joie des enfants se bousculent, tous plus beaux les uns que les autres.

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Et c’est sur la pointe des pieds, ébahis, après avoir déposé quelque chose dans la boîte de métal qui servira à appuyer la Fondation Rêves d’enfants, que nous quittons les lieux.

Quand des gens font le bonheur des uns et qu’ils font que ce bonheur en procure aussi à d’autres, c’est là qu’on peut dire que la magie de Noël existe. Oui, j’ai encore les yeux qui s’écarquillent.