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La pizza aux quatre couleurs

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Pour qui ne sait pas, je l’affirme: on mange bien à Montréal. Je crois, sans faire montre de chauvinisme à outrance, que c’est une des villes où on mange le mieux au monde. Elle n’a pas la réputation de Lyon, la capitale gastronomique de la France, mais elle offre un riche éventail de cuisines ethniques, de bistros, de grands restaurants, de cafés, de lieux où se prélasser et où déguster.

Certains de ces lieux que j’ai déjà mentionnés, le Lézard et les Entretiens, entre autres, ont ma préférence depuis nombre d’années, au même titre que le Bistro Unique, rue Beaubien, tout près de la rue Christophe-Colomb. Petit restaurant sans prétention dont les murs servent de lieu d’exposition pour les artistes, le Bistro Unique sert une des meilleures pizzas sur four à bois du tout Montréal, ainsi que des pâtes et du veau, essentiellement.

Mais il est rare que je me détourme du « droit chemin », c’est-à-dire celui de la pizza. Et je n’ai pas dérogé hier soir. La pizza aux quatres couleurs (pesto, tapenade d’olives, tomates séchées et pâte d’artichauts) était trop tentante. Et je l’affrme: aussi savoureuse que belle. Elle ne vous fait pas envie ?

Ce qui pend à mes oreilles

boucles

J’ai déjà écrit il y a longtemps qu’ici ne serait pas le lieu où exhiber mes amis, ni pour m’étaler en photos, que j’allais plutôt privilégier l’écriture, la photographie et la peinture. Mais cette fois, je déroge un peu aux règles, juste pour le plaisir.

Je vous offre mon oreille gauche. Ou plutôt la boucle qui y est accrochée.

Voyez, je ne serai jamais prise au dépourvu. Surtout que j’ai la même à l’oreille droite.

Oui, certains roulent en hiver

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Il neige toujours. Les bicyclettes sont sûrement davantage enfouies sous une épaisse couche que plus tôt, lorsque je les ai photographiées. Les braves qui roulent l’hiver devront attendre quelques jours avant de sillonner la ville à vélo. Quoique ça reste à prouver. Car dans ce pays froid qui est le mien, il y a des gens qui roulent été comme hiver, que ni la glace ni les quinze degrés sous zéro, ni le vent ni la pluie n’arrêtent. Car dans ce Montréal des quatre saisons il y a des gens qui parcourent les kilomètres de cette vaste ville pour aller au travail ou ailleurs, ayant élu ce moyen de transport facilité par des pistes nombreuses.

Il neige toujours et dans quelques heures, elles seront peut-être ensevelies tout à fait. Mais je sais que demain je croiserai un de ces intrépides qui sera tout fier de son exploit en pleine ville sinistrée.

Neige de mars

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La neige se glisse partout: dans l’encolure des manteaux, dans les poches, et même dans les bottes. Les trottoirs sont à peine dégagés, ou l’ont été, mais la poudrerie a pris le dessus en semant de petites montagnes ici et là.

Mais c’est beau. Nul doute là-dessus.

La beauté est dans cette neige qui tombe, immaculée. Dans cette neige qui alourdit les arbres et les pas. Qui éclaircit le gris et donne aux autres couleurs de la vivacité. La beauté est dans ces flocons qui tombent, épars, plongeant la ville dans un doux engourdissement.

Loin de la discipline

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Si Jean-Philip ne m’avait pas redonné le goût de Casse-Noisette, je me demande combien de temps le 33 tours serait resté dans sa pochette sans que je n’y touche. Et pourtant, j’ai tant écouté ce ballet et inventé des pas dessus, puisque je suis une piètre ballerine depuis toujours. D’ailleurs, les leçons n’ont duré qu’une saison. Le « satisfaisant » sur le bulletin a été concluant pour ne pas pousser plus loin l’aventure astreignante de la discipline pour celle qui préférait improviser.

Mais cet après-midi, je danse, j’invente mes propres pas et je ne dérange pas la classe par mon « originalité ». Et cet après-midi, je danse tandis que le casse-noisette qui trônait rue Beaubien à quelques jours de Noël n’est plus qu’un souvenir et une photo dans mes pages.

Plaisir d’un début de semaine

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Il fait encore noir derrière le rideau de la salle à manger. Quelques traces de blanc dans la nuit. Et le calme. La vie n’est pas encore en marche.

J’aime ce moment du premier café alors que le jour ne s’est pas encore levé, qu’il n’y a pas de précipitation. Ce moment de pur plaisir dans mon grand pull rouge à regarder par la fenêtre alors que débute une nouvelle semaine. J’ai déjà une idée de comment elle sera chargée avec les traductions demandées et les révisions en cours laissées sur le coin du bureau. Alors, aussi bien profiter de cette douceur matinale, dans la solitude et le silence.

La neige vue de mon balcon

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Il neige depuis des heures. La petite montagne devant, c’est ce qui s’est accumulé sur le bord du balcon et qui le dissimule désormais. C’est joli, je l’avoue. D’autant plus joli que le ciel est orangé. Et d’autant plus joli que je suis au chaud et que je puis regarder la neige tomber, tranquille. Demain, ce sera autre chose, mais chut, profitons du moment présent.

C’est quand l’été ?

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Autant la neige est belle quand elle tombe, autant ce froid qui perdure et qui transperce les vêtements est désagréable. Même habillée en oignon, c’est-à-dire pelure par-dessus pelure, je n’arrive pas à atteindre le confort depuis que le froid s’est installé. Et ce soir, alors que le mercure est encore en train de chuter, c’est le tour du toit de subir les affres du froid. Depuis bientôt deux heures, je l’entends qui craque avec fureur comme si on s’en prenait à lui. Ou alors peut-être est-ce de temps en temps un clou qui s’emballe jetant dans le calme de mon chez-moi sa rage ? Je sais juste l’effet chaque fois, le sursaut, le malaise. Je n’aime pas ces bruits alors que le tonnerre ne me dérange pas, pas plus que les éclairs. Je n’aime pas l’idée que le froid tente de s’introduire de toutes les manières, pas plus que je n’aime constater que même sous deux gros lainages et le thermostat élevé, je n’arrive pas à me réchauffer.

Ce soir, le plancher reste glacial et le plafond gémit. J’ai beau regarder dehors la neige accumulée, je n’y trouve pas de plaisir quand j’ai ainsi froid. Dites, c’est quand l’été ?

Le riz espagnol familial

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Il n’a peut-être d’espagnol que le nom. Car je n’ai aucune idée si un mélange de riz, de bœuf haché, de tomates, de poivrons et de céleri est vraiment espagnol. Mais de tout temps, ce plat familial n’a porté que ce nom et je n’ai aucune idée de sa provenance. Je sais juste le bonheur qu’il m’inspire. Je sais juste le plaisir sur la langue. Je sais juste que j’ai grandi avec ce plat et qu’il fait partie de moi au même titre que bien des détails qui me viennent de mon enfance.

Je sais aussi que si maman veut me faire plaisir, elle n’a qu’à me faire un grand chaudron pour moi toute seule, comme elle l’a fait la semaine dernière.Et que chaque bouchée à mes lèvres vaut les plats des plus grands chefs.

Des oiseaux qui cognent à ma fenêtre

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Je ne connais rien aux oiseaux, sinon que leur vol dans le ciel et le sentiment de liberté qu’ils inspirent. Et samedi matin, deux d’entre eux donnaient des coups de bec à la fenêtre du bureau, comme s’ils voulaient entrer. Ou voulaient-ils m’inviter à les suivre ?

Je ne puis que dire des choses banales à propos d’eux, comme je ne connais rien aux oiseaux. Je n’ai même pas été en mesure de les photographier alors qu’ils cognaient à la vitre givrée et ainsi immortaliser leur plumage qui vous aurait donné un indice sur la variété à laquelle ils appartiennent. Je peux juste dire que dès que je me suis approchée de la fenêtre, ils se sont envolés pour aller se poser là, dans l’arbre, en face. Et que pendant quelques minutes, nous nous sommes regardés.

J’ignore quel message ils voulaient me livrer. Peut-être celui du ciel qu’il ne faut jamais cesser de regarder. Ou peut-être voulaient-ils me rappeler que nous sommes libres et que nous sommes responsables de notre propre liberté. Ou, peut-être bien, étaient-ils tout simplement curieux, à la manière des humains, et cherchaient-ils à voir ce qui se passait à l’intérieur…