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Le testament d’un cancre

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C’est une époque révolue que nous fait vivre Bernard Gheur avec Le testament d’un cancre, qui a connu dès sa sortie en 1970 le succès avant d’être repris quelque trente ans plus tard dans la collection Espace Nord Zone J chez Labor, laquelle est destinée aux adolescents.

Ce roman qui met en scène des jeunes qui avaient 15 ans en 1960 a un goût de jamais plus mais il n’a pas cette désuétude des romans qui ont mal vieilli. Tout le charme de départ qui avait tant séduit François Truffaut à qui l’auteur avait envoyé les premières pages (et qui signe la préface) opère toujours. Dès les premières lignes, on s’attache à cette bande de garçons qui regardent les filles avec curiosité, qui aiment le cinéma, qui apprennent le latin et qui tentent de grandir trop vite. Le testament d’un cancre a la saveur des 400 coups de Truffaut. Cela devrait être suffisant pour vous donner envie de plonger dans ce livre, non?

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Les retrouvailles

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Beth et Molly ne se sont pas vues depuis huit ans. L’aînée des deux sœurs avait alors cinq ans et la plus jeune trois ans. Ce sont donc à des retrouvailles que nous convie Marilyn Sachs au moyen de ce roman destiné aux adolescents qui, même s’il est par moments un agréable roman d’atmosphère, finit par s’écraser comme un ballon vide.

Visiblement, dès le départ, les sœurs qui ont été séparées suite au décès de leurs parents, l’une adoptée par leur tante, l’autre par une famille riche, ne s’apprécient pas. La plus jeune, qui vit auprès de leur tante et qui a fit de celle-ci sa mère n’aime pas le comportement de l’aînée qui s’en prend à celle qui l’a élevée. Mais pourquoi?

De fil en aiguille, au fil de souvenirs qui reviennent, l’abcès finira bien par crever. Un malaise qu’on a bien compris dès le départ même si on ne connait pas tous les détails : Beth reproche à sa tante de l’avoir abandonnée. Pourtant, elle a été aimée, choyée, gâtée, tout autant que Molly. Mais est-ce bien vrai que sa tante l’a volontairement choisie, qu’elle a préféré ne prendre auprès d’elle que la plus jeune de ses deux nièces?

Il a fallu plus de 200 pages à l’auteure pour nous donner la réponse. Trop, sûrement. Du moins est-ce mon avis en constatant qu’on a nolisé un transatlantique pour traverser un ruisseau…

Alexandre et les magouilles

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Si j’étais encore libraire, voilà un livre que, sans hésitation, je conseillerais à tout jeune lecteur qui aime les romans d’aventure. J’y ai pris un plaisir fou dès les premières lignes. Il faut dire que Guillaume Guéraud sait nous accrocher et que, de plus, il ne nous lâche pas avant la dernière ligne. Peut-être parce qu’il a un jour voulu être journaliste et qu’il a le sens de la une? Va savoir.

Toujours est-il que ce roman déniché par hasard à la Grande bibliothèque (classé dans les romans destinés aux adultes) qui raconte les aventures d’Alexandre au sein de la feuille de chou locale alors qu’il y effectue un stage d’une semaine parce que la conseillère en orientation trouvait que son idée de devenir éboueur manquait de panache et qu’il a vaguement suggéré que le journalisme l’intéresserait peut-être se révèle un petit bijou.

Alors que notre héros apprend qu’une somme colossale a été détournée de la caisse d’un foyer pour handicapés, il découvre aussi les auteurs du méfaits. Mais… Justement, il ne faut pas en parler. Quand le maire, sa femme, le commissaire et le directeur du journal sont impliqués dans une magouille, il faut étouffer les choses… Mais c’est sans compter sur un père qui n’aime pas les journalistes et qui se révélera à la hauteur de la situation, acceptant même d’appeler à la rescousse son ex-femme et mère du gamin, une avocate qui saura faire exactement ce qu’il faut faire quand père et fils auront trouvé des preuves accablantes.

Un roman qui se dévore, un roman au rythme alerte qui met en scène des personnages attachants ou détestables, un roman qui se révèle un excellent roman d’aventures tout en égratignant au passage ceux qui ont le pouvoir. Ce qui n’est pas pour me déplaire.

La fée des bonbons

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Un album qui allait me permettre de faire la connaissance de la fée des bonbons, voilà une perspective qui d’avance me ravissait. C’est donc en plein état d’enfantude (je sais que le mot n’existe pas, mais je sais aussi que vous avez deviné ce qu’il signifie) que je me suis plongée dans cet album signé Anique Poitras et illustré par Marie Lafrance. C’est dans ce même état que j’ai parcouru les aventures de sire Lancelot-Félix, le jeune héros de l’histoire à qui la mère interdit les bonbons pour les remplacer par des crudités malgré toutes les ruses qu’il emploie (des mots d’amour sucrés notamment) pour qu’elle autorise quelques écarts. Mais rien n’y fait. Mais du jour où il entre en rêve dans l’univers de la fée des bonbons où tout n’est que sucreries, sa vie se voit transformée. Il peut nuit après nuit respirer l’odeur de la vanille, se délecter des nuages faits de barbe à papa et oublier les brocolis.

Mais par une nuit différente des autres, alors qu’il s’apprêtait à entrer dans le royaume de la fée, il est poursuivi par une adulte qui s’avérera être sa mère devenue une grande petite fille avide de chocolat. Nuit après nuit c’est donc ensemble qu’ils s’envoleront vers le pays de la fée des bonbons afin de se régaler… Mais justement, c’est là que j’ai décroché. On ne mange des bonbons qu’en rêve, jamais dans la vie ici-bas. Ne peut-on pas manger de temps en temps un jujube plutôt que de croquer une carotte? La vie quotidienne ne pourrait-elle pas avoir quelques douceurs elle aussi? C’est donc désappointée que j’ai fermé l’album qui m’avait plu jusque là.

L’ange qui a vendu ses ailes

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C’est un album plein de poésie que propose Carl Norac avec Dolcetti un ange à Paris (illustré par Neil Desmet), qui raconte l’histoire d’un ange pauvre qui vend ses ailes, sa seule richesse, en échange d’un sac de pièces. Mais qu’est un ange ainsi démuni? À quoi lui sert l’existence s’il ne peut voler, s’il n’a plus ses ailes pour le réchauffer, si les draps ne sont pas aussi douillets que celles-ci?

Le hasard lui fera rencontrer au hasard de ses errances le nouveau propriétaire de ses ailes et c’est à ce moment qu’il comprend enfin que c’est ce qui nous est propre qui constitue notre différence et contribue à notre bonheur. Un message à retenir.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Le lieutenant souriant

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Avec Le lieutenant souriant, le Liégeois Bernard Gheur (dont le père, armateur fluvial est né au Canada, pour l’anecdote) nous livre un beau roman destiné aux adolescents dans lequel certains adultes qui ont eu la chance de vivre une amitié à l’épreuve de tout se reconnaîtront. Parce que s’il raconte une enquête qui dure nombre d’années afin que soit révélé ce qui a bien pu arriver au père de l’un d’eux, celui que le narrateur a appelé « le lieutenant souriant » à cause de la seule et unique photo sur laquelle il apparaît, ce roman porte aussi et probablement davantage sur l’amitié, la complicité, le respect du secret, la solidarité.

À partir d’un enfant qui vit dans le souvenir d’un père résistant fusillé aux alentours de Spa et à qui il est interdit de poser la moindre question, Bernard Gheur a écrit une très belle histoire sur l’enfance avec ses rires et son insouciance. Parce qu’on ne peut pas vivre que de tristesse.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Clémentine, une princesse pas comme les autres

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La princesse Clémentine ne pense qu’à s’amuser et à jouer des tours. C’est d’ailleurs pour cette raison que son meilleur ami est Cabriole, le fou du roi. Mais l’heure n’est pas à la rigolade et afin d’éduquer leur petite chérie, le roi et la reine ont décidé d’envoyer la princesse récalcitrante qui a horreur des princes charmants à l’École des Princesses afin qu’elle apprenne les bonnes manières. Mais les radis, le thé, la couture, très peu pour Clémentine que Cabriole a suivie et qui lui sert en douce des gâteaux, s’étant fait embaucher à la cuisine.

Et maintenant, comment s’évader du donjon où elle a été enfermée en guise de punition pour tous les coups pendables à son actif? Cabriole s’en chargera.

On peut se conduire en prince sans avoir du sang bleu, telle est la morale de ce conte loufoque, fantaisiste, où princes et princesses en prennent pour leur rhume. J’ai adoré, vous l’aurez compris.

Un album pour grandir

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Salam est petit, tellement petit que les uns et autres croient qu’il ne deviendra jamais grand et que le vent finira par l’emporter. Un jour qu’il est fatigué d’être la risée de tous, il décide de partir en emportant avec lui un sac dans lequel il compte bien mettre tout ce qu’il ramassera lui permettant de grandir.

Ce sont donc plume, pierre, neige et autres petites choses qui finiront par remplir son sac de plus en plus gros, de plus en plus lourd. Objets qui lui permettront de grandir. Car le secret pour grandir existe bel et bien. Et Salam a su le trouver. À chacun des enfants qui liront cet album signé Carl Norac et offrant page après page des illustrations qui font rêver qu’on doit à Carll Cneut de trouver son propre secret pour grandir à son tour.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Au rendez-vous de l’inimaginaire

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Pierre Coran n’en est pas à ses premiers écrits pour la jeunesse. Voilà plus de quarante ans que les jeunes lecteurs connaissent celui qui a été instituteur, directeur d’école et professeur d’histoire, tout en écrivant plus de soixante titres. En 1989, il recevait d’ailleurs à Paris le premier Grand prix de poésie pour la jeunesse.

Avec Inimaginaire, Pierre Coran propose 97 poèmes où humour et jeu de mots sont au rendez-vous. Comme le prouve cet extrait :

L’ogre

J’ai mangé le calendrier,
Croqué le pendule,
La règle à calcul,
Bu le sablier.

Dorénavant,
Bon an mal an,
J’ai
tout
mon
temps.

Ou celui-ci :

Le pagivore

Il eut soudain grand faim de livres,
En avala cent trente-trois

Dont un traité de savoir-vivre,
Mi à l’envers, mi à l’endroit.

Il épargna la poésie,
Dévora l’encyclopédie

Et juste à l’heure du dessert,
Mi à l’endroit, mi à l’envers,

Croqua la bibliothécaire.

Certains poèmes m’ont plus plu que d’autres, il va s’en dire. Néanmoins, ce recueil plein de malice est une réussite et devrait plaire aux enseignants puisqu’il est suivi de toute une série d’exercices à faire à partir des poèmes proposés qui sont tous faciles à retenir.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Surtout, ne rien faire

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Dans Surtout, ne rien faire, publié en 1994, Philippe Delerm s’intéresse aux petites joies de la vie et les analyse avec finesse, tendresse et subtilité. Qu’il nous raconte le bonheur d’examiner sa collection de billes, de faire un canard avec son grand-père, du déballage d’un CD, du difficile choix de parfum d’une glace ou de dormir dans le jardin, c’est chaque fois un moment unique et incomparable qu’il nous livre, redonnant aux grands le goût de l’enfance et ouvrant aux jeunes à qui il s’adresse un monde où il fait bon s’arrêter.

Surtout, ne rien faire, c’est laisser chaque minute qui nous est donnée devenir un moment de bonheur. À mettre en pratique sans tarder.