Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
David n’a peur de rien ou presque…

david_salon_funeraire.jpg

David n’a peur de rien, Enfin, de presque rien. Ni monstre ni sorcière ne le terrifie. Ni même un vampire. Mais un mort dans un salon funéraire? Là, c’est du sérieux, avouons-le. Surtout, quand il s’agit de sa grand-mère. On ne sait jamais, elle pourrait se réveiller le temps d’embrasser son petit-fils une dernière fois… Mais comment échapper à cette visite?

David ne s’en sortira pas. Il devra suivre son père afin de rendre un dernier hommage à sa grand-mère. Malgré sa peur. L’horrible peur qui s’est nouée dans sa ventre. Mais ne serait-ce pas sa cousine là-bas à lui faire des signes? À deux, le courage vient aux peureux, c’est bien connu.

Un roman pour les six à huit ans qui aborde un sujet nulle part ailleurs exploité. Avec la finesse et l’humour qu’on connaît à François Gravel. Un livre qui devrait faire partie de toute bibliothèque, qu’elle soit municipale, scolaire ou personnelle.

Ah! Léa!

david-et-lea.jpg

David n’a peur de rien, ni des sorciers, ni des monstres, ni des vampires, ni des voleurs. De rien. Enfin, de presque rien, car le voici terrorisé à la simple idée d’adresser la parole à Léa, la nouvelle fille dans sa classe, pour laquelle il devient preux chevalier la sauvant d’un incendie dans les rêves qu’il fait nuit après nuit. Mais du rêve à la réalité, il reste toujours un pas à franchir que David ne semble pas encore prêt à Franchir. À moins que ça ne soit Léa qui le fasse?

L’histoire racontée par François Gravel, qui écrit pour les plus petits comme pour les grands et l’ado qu’il est resté, a-t-il souvent dit en entrevue, est toute simple et en même temps empreinte de poésie. David est attachant. Il est d’ailleurs le héros de d’autres romans pour les 7-9 ans. Il y a donc de fortes chances que j’ouvre une autre de ses aventures très bientôt. Entre-temps, que vous ayez 7 ans ou 77 ans, découvrez David et Léa. Sourires garantis.

Il faut plus qu’une bonne idée pour faire un bon livre

vie-comptee.jpg

Il faut plus qu’une bonne idée pour faire un bon livre. C’est ce qu’on comprend à la lecture de La vie comptée de Raoul Lecompte de Gilles Tibo, qui nous promettait une rencontre avec un personnage inusité, lequel calcule tout, tout, tout.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Raoul Lecompte, dès ses premières heures de vie se met à compter sur ses doigts au milieu de ses « areu ». Et il n’aura de cesse toute sa vie de compter, de ne faire que ça, tant et si bien que ça lui attirera des ennuis tout au long de sa vie. Il y avait là une idée, j’en conviens.

Mais comment notre héros peut-il avoir vécu une merveilleuse traversée de sept heures quatre minutes précisément, à la page 45 et à la page suivante un atterrissage retardé de six heures vingt minutes? La traversée, autant que je sache, dure du décollage à l’atterrissage. Alors que la deuxième moitié de sa vie commence à la page 89, comment peut-il avoir dès la page 71 une petite-nièce? Une petite nièce, je n’aurais pas levé le sourcil, mais si on l’affuble d’un trait d’union, voilà que je ne suis plus!

Il faut plus qu’une idée pour faire un bon livre. Il faut qu’un éditeur fasse son travail d’éditeur. Il faut que le lecteur ne se lasse pas avant la fin. Or, Raoul Lecompte, qui comptait tout, mais vraiment tout, aurait fini par compter mes bâillements.

La petite rapporteuse de mots

lapetiterapporteuse1.jpg

Jamais le nom de la maladie de la grand-mère d’Élise n’est prononcé. Pas une seule fois. À quoi servirait un mot savant alors qu’il est question d’amour et de mots qui s’envolent? Car voilà, ce qui arrive à la grand-mère d’Élise : elle oublie. Ce qu’elle allait dire. Ce qu’elle devait acheter. Ce qu’elle a mangé. Et parfois même le prénom d’Élise qu’elle remplace par le nom de sa propre sœur qui a 70 ans. Ce qui attriste beaucoup Élise qui voudrait bien guérir sa grand-mère et lui rendre tous les mots qu’elle égare.

À force de les utiliser, les mots finiraient-ils par s’user eux aussi? Comme un vieux sofa? Une robe trop portée? C’est la question que se pose Élise alors qu’avec son grand filet elle tente de rattraper les mots qui se sont égarés pour les ramener à sa grand-mère. Alors qu’elle les saisit au vol avant qu’ils ne sortent de la pièce.

C’est cette très belle histoire, pour laquelle l’auteure Danielle Simard et l’illustratrice Geneviève Côté ont reçu le Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal en 2008, qui nous est racontée dans La petite rapporteuse de mots. Un album tout en finesse qui parle d’amour plutôt que de maladie et qui pourra servir à tout parent de point de départ quand viendra l’heure d’aborder ce sujet grave sans pour autant en faire un drame.

Un album de toute beauté.

Mandarine et Kiwi, pour titiller les papilles

madarine-pain.jpg

Alors que nous étions adolescentes, que nous habitions à quelques rues l’une de l’autre, que nous rentrions souvent par le même autobus du collège où nous faisions nos études secondaires, pas plus Laïla Héloua que moi n’imaginions que l’une comme l’autre écririons un jour des livres pour la jeunesse. Enfin, je crois.

Et pourtant. J’ai publié deux romans pour les jeunes en 1997. Et pourtant, elle en a publié en cinq ans. C’est d’ailleurs au moyen du premier album de sa série Mandarine et Kiwi, destinée aux lecteurs débutants, joliment illustrée par Nathalie Lapierre et publiée chez Bayard Canada dans la collection Le raton laveur, que j’ai fait la connaissance des ses personnages qui reviennent de livre en livre.

Le pain de grand-père est une histoire qui se lit facilement tout en permettant aux enfants d’apprendre comment se fait le pain alors qu’ils sont en visite chez leur grand-père boulanger. Une recette de pain nous est donnée en fin de livre ainsi qu’un aperçu de la farine, du grain à l’assiette, ce qui ajoute à l’album qui est déjà une réussite.

L’auteure, qui a étudié en communication et en linguistique, a eu la piqûre pour la gastronomie lors d’un de ses mandats à titre d’organisatrice d’événements. Pas étonnant, donc, que ses héros se familiarisent avec un mets différent dans chacun des albums. D’ailleurs, pour bien vous piquer à mon tour, je vous confie un secret : il y en a sur les crêpes au sirop d’érable.

Le silence peut être une voix

js1.jpg

Quel bel album que celui que nous propose Pierre Coran avec Julie Silence, lequel raconte avec tendresse l’histoire de Julie, qui n’entend pas les oiseaux chanter, mais peut percevoir la vibration de ses doigts sur son tambour, qui ne peut parler avec la voix mais qui peut s’exprimer avec les mains.

js2.jpg

Avec justesse, Pierre Coran parle de la difficulté de communiquer mais aussi de la façon de contrer les différences au nom de l’amitié. Une amitié qui unira petit à petit Dorian et Julie. Tant et si bien que « pour eux, pour eux seuls, le silence devient une voix que personne n’entend, même pas les oiseaux ».

js3.jpg

Oui, un très bel album que celui-ci et dont il faut souligner les illustrations de Mélanie Florian, qui le rend encore plus beau.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

challenge.gif

Vous avez des questions? Ce livre a les réponses!

questions-qui-questionnent.gif

Comment a-t-on construit des châteaux sans grues? C’est quoi une année-lumière? Comment un os cassé se répare-t-il? C’est quoi pousser à bout ses parents? Qui fête Noël en été? C’est quoi rien? Quand les étoiles sont-elles bleues? Ce sont là quelques-unes des 200 questions réunies dans Le grand livre des questions qui questionnent, publié aux éditions de la Martinière. Un guide où on ne s’éternise pas en explications inutiles : quatre courts paragraphes suffisent pour répondre à une question.

Destiné aux huit ans et plus, ce livre est à la fois ludique et sérieux, et cet heureux mélange permettra sûrement aux enfants de retenir l’information qui leur est donnée page après page. On se demande par contre pourquoi, après avoir apporté un tel soin un contenu écrit, l’éditeur ait à ce point négligé l’aspect visuel. En effet, les enfants d’aujourd’hui qui sont habitués à des albums illustrés avec finesse et goût risquent d’avoir l’impression que les illustrations de ce guide sont tout droit sorties des livres de la génération précédente… Dommage, car il s’agit là d’un livre bien documenté qui répond à nombre de colles!

Il faut désobéir

desobeir.jpg

Un violon dans la nuit, dont je vous ai parlé il y a quelque temps, fait partie d’une trilogie dont Il faut désobéir est le dernier tome. Écrit par Didier Daeninckx et illustré par Pef, cet album raconte à Alexandra comment son grand-père a été sauvé des camps grâce à l’humanité d’un homme. Cet homme qu’il va retrouver des années plus tard et à qui il doit la vie.

Si l’histoire est bien racontée et illustrée avec justesse, les vignettes explicatives laissent à désirer : photos sans grand intérêt, notes presque simplistes. Il faudra donc que lecteur adulte y mette un peu du sien pour étoffer le contexte plutôt que lire uniquement ces vignettes. Pour le reste, l’album est une belle réussite et met en scène des personnages attachants.

Entre deux saisons de bonheur

dische.gif

En 1938, alors que Berlin n’est plus ce qu’elle était, Peter est envoyé par son père chez son grand-père. Or, ce n’est pas l’endroit au monde qu’il préfère, le vieux docteur Nagel étant un homme strict, rigide, sévère et sans tendresse, tellement différent de son père, fantasque, irresponsable, avec qui la vie était si belle et amusante.

Mais comme son père lui écrit chaque semaine, la vie passe. Les années, les jours de Noël. Et ainsi, l’enfant ne se sent pas abandonné, même s’il vit loin de son père adoré, de son seul lien affectif, sa mère étant décédée il y a bien longtemps. Jusqu’à ce jour où il apprendra une terrible vérité qui lui fera aimer son grand-père bien plus aimant et tendre qu’il ne l’avait imaginé.

Un très beau roman que celui d’Irene Dische, née à New York de parents austro-hongrois qui publie depuis plus de vingt ans des livres autant pour les adultes que les enfants, en anglais comme en allemand. Un roman sur les apparences, mais aussi sur l’amour qu’on a parfois du mal à exprimer.

Étoile du soir, espoir

grande-peur.jpg

« … il n’est jamais trop tôt pour poser, se poser, les vraies questions, les interrogations premières qui maintiennent le cœur en éveil, et empêchent de prendre son parti de l’injustifiable », affirme Claude Roy dans la préface de La grande peur sous les étoiles, un album écrit par Jo Hoelstandt et illustré avec sobriété par Johanna Kang.

Et de cet album qui relate l’histoire d’une amitié brisée par la guerre entre deux petites filles, dont l’une était juive et disparaît au cours d’une rafle, on retient la peur. Mais on retient aussi ce bonheur qu’Hélène et Lydia avaient d’aller à l’école ensemble, de jouer, de se chamailler et de se réconcilier. Toutes ces choses qui n’existent plus et qui font qu’il faut du temps pour ne plus détester les étoiles. Toutes ces choses dont Hélène, la narratrice, se souvient à l’heure de la vieillesse où elle attend toujours, malgré tout, un signe de son amie disparue. Car étoile du soir, espoir.