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Le destin blanc de Miyuki

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Quels magnifiques dessins que ceux de Judith Gueyfier qui a réussi à rendre la délicatesse des coquelicots dans ce très bel album de Kochka intitulé Le destin blanc de Miyuki. Un grand album aux illustrations pleine page qui nous raconte dans un premier temps le destin de Jin, la mère de Miyuki, kidnappée à l’âge de quatre ans et élevée dans le secret de ses origines et dans un deuxième temps, celui de Miyuki elle-même, dont le nom signifie Silence de neige profonde, laquelle a dans le sang, dans les gènes et dans le cœur le passé qu’on a enlevé à sa mère.

Un conte où il est question d’amour et de pardon. Mais un conte auquel je ne peux adhérer et que je ne peux recommander à cause de son contenu. Je n’aime pas l’idée qu’on mette entre les mains des enfants l’histoire d’une petite fille kidnappée qui épouse un jour son ravisseur.

La promesse d’Akli

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L’écrivain Carl Norac et l’illustratrice Anne-Catherine De Boel ont fait du bon boulot. L’album Akli prince du désert est un bel album, plein de charme et de poésie, aux couleurs chaudes et à l’atmosphère envoûtante.

Akli n’est qu’un enfant aux yeux de sa mère, mais lui se trouve assez grand pour aller chercher son épée chez son oncle, dans la grande ville, bien qu’il lui faille pour cela traverser le désert. Pas seul, il va sans dire, mais en compagnie d’Azumar le chameau qui le sauve de bien des embûches et à qui il a promis une selle d’argent, tout en comptant bien ne pas tenir sa promesse quand il sera rentré muni de son arme. Mais son père est là qui veille. Akli tiendra sa promesse malgré lui. Un album qui ne raconte pas qu’une traversée périlleuse du désert, mais qui traite de l’amitié, de ses valeurs, et du respect qu’on lui doit.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».
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Une bien jolie rencontre

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Une si jolie rencontre, c’est ce que nous invitent à faire l’auteure Martine Laffon et l’illustratrice Fabienne Burckel dans ce très bel album destiné aux jeunes où deux sœurs, venues arroser les plantes de leur grand-mère absente, font une découverte des plus étonnantes quand l’une des deux décide d’ouvrir la porte de la vitrine aux trésors de leur aïeule.

Alice, qui n’était pas d’accord avec cette intrusion dans la vie personnelle de leur grand-mère, est piquée de curiosité quand Lou découvre, dissimulée derrière le portrait d’un homme qui leur est inconnu, une lettre. Visiblement, il s’agit là du premier amour de leur grand-mère.

Un très bel amour, sobre et plein de tendresse et aux illustrations que vous pourrez admirer durant des heures afin de découvrir le moindre détail. Oui, une bien jolie rencontre que celle avec ce livre.

À la recherche d’un tableau

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J’aimais cette idée d’un détective voyageant dans le temps afin de dénouer quelque énigme d’aujourd’hui. C’est pourquoi je me suis plongée dans Le trésor des SS, avec mon cœur d’adolescente, le roman étant destiné à cette tranche d’âge.

Phoenix, un agent du SENR, le Service des enquêtes non résolues, doit se rendre en Tchécoslovaquie en pleine Seconde guerre mondiale afin de vérifier l’authenticité d’un tableau qui est en circulation de nos jours et dont on ne peut affirmer qu’il ait vraiment existé ni donner quelque détail que ce soit sur celui-ci. Phoenix est pour l’occasion accompagné de Miss Jenie dont c’est la première mission. Camouflés l’un comme l’autre sous des identités faisant d’eux des spécialistes en matière d’art, ils se retrouvent dans un château protégé et à l’écart de tout, lequel est dirigé par un SS préférant les arts à la guerre.

Ce sera l’occasion pour les deux protagonistes de découvrir une magouille en plus de mettre la main sur le tableau recherché. Mais on ne peut pas changer le cours de l’Histoire. Ils devront donc s’en tenir à leur mission et à rien d’autre.

Il y avait là matière à roman, mais celui-ci aurait pu être plus concis, plus efficace. En effet, chacun des mots à propos desquels on trouve de l’information dans un glossaire à la toute fin du livre plutôt qu’en bas de page, ce qui est très agaçant pour tout lecteur, et encore plus un jeune lecteur, aurait pu être expliqué dans le corps même du texte. On aurait là aussi gagné en efficacité plutôt qu’en détails de peu d’intérêt.

Pendant quelques pages, je me suis ennuyée des « Alice » de ma jeunesse. Tiendraient-ils la route aujourd’hui? Le trésor des SS, quant à lui, ne me donne pas envie de suivre les aventures du SENR.

Malgré de formidables illustrations

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Autant les illustrations de Marie Desbons donnent envie qu’on y entre tant elles regorgent de détails, tant elles sont colorées, gaies et rigolotes, autant l’album L’école de mes rêves a peu d’intérêt. Les univers trop beaux, trop parfaits, calqués sur les rêves, ont toujours eu l’heur de m’agacer, surtout quand ils peuvent laisser croire qu’ils ne relèvent pas de la fiction mais de la réalité. Nonobstant le titre qui indique qu’il s’agit bien d’une école fictive qui n’a rien à voir avec le réel, nulle part nous est-il mentionné quand on tourne les pages que nous sommes bien dans un rêve.

Et cela m’a agacée, je le redis. Beaucoup agacée. Ou plutôt, énormément. Même si j’ai beaucoup aimé les illustrations de Marie Desbons. Vraiment beaucoup.

Le collectionneur d’instants

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Les images de l’artiste Quint Buchholz ont fait le tour du monde. Vous les connaissez. Vous avez vu ici certaines de ses toiles. Ailleurs, des illustrations tirées de ses livres. Mais vous n’avez retenu que ses personnages, ses lecteurs, ses plages, pas son nom. Ou alors, quand il vous arrive de croiser un de ses tableaux, son nom vous vient en tête, un peu déformé. Ça complique un peu la vie, ces deux H de suite.

Mais quand vous aurez parcouru Le collectionneur d’instants, son magnifique album destiné aux jeunes, vous ferez tout pour ne plus oublier le nom de Quint Buchholz. Au moins le temps de le faire connaître à tous ceux de votre entourage qui ont des enfants ou des petits-enfants qui aiment les livres, et de plus les beaux livres.

Car Le collectionneur d’instants, qui relate l’amitié entre un enfant qui joue du violon et un peintre qui collectionne les instants en les peignant, est à la fois un des albums les plus beaux physiquement que j’ai eu le bonheur de lire, avec ses magnifiques planches, et des plus sensibles, grâce à cette histoire de bonheur qu’on ne trouve que dans les petits détails du quotidien.

Un livre à offrir. Et même à s’offrir, si les enfants de notre entourage ont passé l’âge. Un jour, ils auront à leur tour des enfants.

Le songe de Constantin

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Ça commence par une toile. Celle de Piero Della Francesca. Une toile qui s’appelle Le songe de Constantin, laquelle inspire l’illustratrice Nathalie Novi. Celle-ci demande alors à Jo Hoestlandt, qui a à son actif plus de 100 livres destinés aux jeunes, de raconter ce qu’elle a imaginé à partir du personnage du page qui veille le roi endormi, lequel va quitter son poste de guet et entraîner Constantin, le rêveur, dans son sillage.

Cela donne lieu à un très bel album tout en douceur où les couleurs chaleureuses enveloppent les personnages tout en tissant une histoire où beauté, rêve et amour sont les éléments clés. Oui, un très bel album qui plaira beaucoup aux enfants qui aiment les papillons. Mais chut, je n’en dis pas plus.

Monsieur Pan

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Monsieur Pan m’a tout de suite plu, avec sa peur en continu, ses angoisses à propos de tout et de rien, qui l’empêchaient de rêver et parfois même de dormir, tant celles-ci prenaient toute la place dans sa vie. À peine pouvait-il respirer sans s’inquiéter. Ainsi, dès qu’il eut toussé trois fois, il décréta qu’il était à l’article de la mort. Il n’alla donc pas au chevet de sa sœur qui se mourait.

Mais Monsieur Pan ne mourut pas. Il fut même assez en forme pour aller aux funérailles de sa sœur. Il ramena d’ailleurs de son voyage les trois orphelins qu’elle avait laissés derrière elle. Et soudain, il n’eut plus peur. Comme ça, du jour au lendemain.

Et c’est là que Kressmann Taylor m’a laissée en chemin. Je ne suis pas parvenue à la suivre dans le changement instantané de son héros. J’avais imaginé tout autre scénario. Je l’avais imaginé toujours prisonnier de ses angoisses et son neveu et sa nièce le guérissant petit à petit. Ce qui me paraît plus logique. Ce qui paraîtrait aussi plus logique tant à un parent lecteur qu’à un enfant. Mais l’auteure a décidé autrement. Tant pis. Je ne pourrai pas recommander cet album, malgré quelques illustrations assez réussies signées princesse Camcam.

Mais où se cache la reine des bisous?

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Vous connaissez une maman occupée qui a de jeunes enfants? Offrez-lui La reine des bisous de Kristien Aertssen ou alors offrez-le à ses enfants : ce livre est absolument irrésistible.

Une fillette que sa mère n’a pas le temps d’embrasser part à la recherche de la reine des bisous et rencontre en cours de route des tas de reines (la reine des gâteaux, la reine des chats, la reine des jouets, la reine des fleurs, la reine de la nuit), mais pas celle qu’elle cherche. La reine des bisous existe-t-elle vraiment? Son identité vous sera dévoilée à la toute fin de cet album auquel je ne ferai qu’un reproche : les illustrations sont plutôt quelconques pour un si beau conte…

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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J’aurais tant voulu recommander ce livre, mais…

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J’avais tellement aimé Femme vacante et L’écharde du silence de Frédérique Martin que je m’attendais à quelque chose d’extraordinaire quand j’ai ouvert Zéro, le monde, son roman destiné aux adolescents. Oui, la barre était haute. Et si l’histoire que Frédérique Martin relate ici se tient, elle a, pour la Québécoise que je suis, un grave défaut. Le roman est absolument et totalement français et pas du tout universel.

À vrai dire, l’ancienne libraire que je suis ne pourrait conseiller ce livre — que j’ai tout de même aimé, parce que l’auteure a le sens du rythme et des personnages — à qui vit chez nous. La langue utilisée ici, autant dans la narration que dans les dialogues, n’est pas exportable. Les jeunes d’ici ne s’y retrouvaient pas et buteraient sur des mots qui semblent évident à un ado de l’Hexagone. Des mots comme pétoche et glandu; des expressions comme avoir la haine et jouer les marioles ne font pas partie du vocabulaire de la jeunesse québécoise.

Du coup, alors que je m’attachais à Dominic et à son univers, que je le voyais craquer pour une fille de sa classe et que je suivais ses aventures, mon intérêt s’émoussait à cause de la langue. Dommage. J’aurais tant voulu aimer et recommander ce livre.