Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Devant un mur

Il y a sûrement quelque chose que je n’ai pas saisi. Le but? À qui s’adresse le livre? Je ne sais pas. je sais juste que je n’ai pas du tout été touchée Le mur, un album signé Peter Sis, qui tente de raconter à des jeunes comment ça se passait avant la chute du mur, pour ceux qui vivaient dans les pays à l’est de celui-ci et ce que celle-ci a changé. Enfin, si j’ai bien compris.

Mais malgré les faits qu’il raconte, son amour pour le dessin, sa passion pour les Beatles et les anecdotes qui ont jalonné son parcours, je n’ai pas été émue. Le mur est resté là entre l’auteur et moi. Infranchissable. Lui d’un côté, moi de l’autre, incapable de comprendre le but et le moyen. Et pourtant, j’aurais voulu que ça se passe autrement.

Alabama Moon

C’est ce billet publié par Anne, l’instigatrice du Défi Premier Roman, qui m’a donné le goût de me plonger dans ce pavé jeunesse qu’est Alabama Moon, par lequel je n’avais pas été particulièrement tentée quand je l’ai vu à la bibliothèque.

La couverture (pas très invitante, avouons-le) n’a pas aidé à améliorer le quatrième de couverture, qui m’a laissée froide. C’est donc sur les conseils d’Anne que je me suis plongée dans ce premier roman de Watt Key que j’ai moi aussi dévoré en moins de deux tant je voulais savoir ce qui allait arriver au jeune héros d’Alabama Moon et à son rêve de partir pour l’Alaska malgré toutes les embûches auxquelles il doit faire face. C’était, il faut le dire, un gros défi pour cet enfant de dix ans, depuis peu orphelin, ayant toujours vécu dans le bois parce que ses parents ont voulu échapper aux règles de la société américaine, de laisser tout ce qu’il connaît derrière lui pour aller là, tout au nord, où son père rêvait d’aller.

Le résultat est un roman à la fois triste et souriant où le jeune héros se trouve confronté à des adultes qui ne peuvent admettre qu’il vive ainsi et se suffise à lui-même, si bien qu’il sera interné de force dans un pensionnat aux règles strictes. C’est là qu’il apprendra la force de l’amitié dans un monde souvent impitoyable qui n’épargne pas les plus faibles. C’est de là qu’il s’échappera vers une autre vie qui n’a rien à voir avec celle qu’il avait prévue…

Alabama Moon est un beau roman. Bien mené. Fort en émotions de toutes sortes. Un roman qui émeut. Un roman à offrir à tout bon lecteur de 12 ans de votre entourage. Il va adorer.

Titre pour le Défi Premier Roman

Le nuage de Clara

Il n’est pas évident d’aborder un sujet aussi grave que la dépression chez l’enfant dans un livre qui s’adresse aux jeunes et non pas aux spécialistes et aux parents. Mais Candice Hayat a su relever le défi en évidant le mot et en expliquant avec des mots simples ce qui se passe dans la tête, le cœur et le corps d’un enfant ce qui se passe. Pour cela, elle a imaginé un nuage gris qui accompagne chaque jour l’enfant. Un nuage qui l’empêche de sourie. Qui fait en sorte qu’elle ne s’émerveille plus. Qui nuit à son sommeil. Et qui traîne, là, au-dessus de sa tête, jour après jour, refusant de crever.

Enfermée dans son monde où les larmes ont pris toute la place, Clara n’arrive plus à prendre plaisir à la vie, à être heureuse des petites joies du quotidiens ni à trouver le soleil pourtant magnifique un tant soit peu invitant. Clara est ailleurs. Dans un lieu qui tient prisonnière sa tête et où tout est gris.

Mais heureusement il y a Monsieur Cumulus, le grand réparateur. Celui que visite Clara régulièrement pour comprendre ce qui se passe. Qui prend son temps. Qui ne la bouscule pas. Qui reste à l’extérieur mais qui écoute.

Un livre encore une fois difficile parce qu’il aborde un sujet qu’on préférerait ne pas aborder. Et pourtant, plus d’un enfant est confronté à la dépression et les parents n’ont pas toujours les mots pour aborder la chose avec lui et avec les enfants de son entourage. Un livre nécessaire. Un livre réussi.

Le parapluie

D’aucuns pourraient imaginer qu’un livre sans texte n’offre aucun intérêt. Et pourtant, l’album intitulé Le parapluie que signent Dieter et Ingrid Schubert est un peur ravissement et offre une infinité de possibilités tant pour le parent lecteur que pour l’enfant. Celui-ci peut inventer sa propre histoire et suivre l’ours et son parapluie dans leur course autour du monde en ne tenant pas compte de la logique et en suivant le fil de son imagination.

Ce n’est donc jamais tout à fait la même histoire. Ce ne sont probablement pas non plus les mêmes mots, voire même le même ordre si jamais quelqu’un décidait de le parcourir de la fin au début ou alors d’inventer une histoire en ouvrant le livre au hasard.

D’aucuns, donc, peuvent continuer à penser ce qu’ils veulent des livres sans texte. Ou alors, ils peuvent ouvrir Le parapluie et constater qu’ils se trompent grandement…

L’ours qui aimait les histoires

Quel beau livre que L’ours qui aimait les histoires, lequel raconte l’amitié entre un ours et une liseuse que celui-ci rejoint chaque jour pour l’entendre lire des histoires. Pas parce qu’il comprend ce qu’elle lit, mais parce qu’il se laisse bercer par le son de son voix, parce qu’aime ses modulations quand elle tente de donner un ton à la joie, à la peur, au mystère ou à la plénitude du bonheur.

Cela dure le temps des vacances. À la rentrée, la lectrice est partie. L’ours peut hiberner. Elle lui a laissé des livres pour passer l’hiver et le tenir au chaud.

Un livre émouvant, tendre, magnifiquement illustré, qui plaira tant aux grands qu’aux petits. Entre autres pour cette idée que la voix, quand on ne connaît pas encore les mots, est à même de porter toutes les histoires qu’on lit aux enfants et de toucher ces derniers. Un beau message pour un album qui fait rêver.

Une suite des plus réussies

J’avais adoré Comment (bien) rater ses vacances il y a quelques mois. Je m’attendais donc à quelque chose d’aussi percutant de la part d’Anne Percin qui a choisi de poursuivre les aventures de Maxime dans Comment (bien) gérer sa love story. Et c’est bel et bien le cas, même si l’effet de surprise est passé, et si le contact est établi. La suite des aventures rocambolesques de notre héros est presque aussi prenante que celles du premier tome, lequel est davantage axé sur les liens qu’entretient Max avec sa famille que celui-ci où il est davantage question de son passage à la majorité.

En effet, en cet automne de bac blanc, après un été mouvementé, Max va avoir 18 ans, joue de la guitare, rêve de faire Sciences Po et est amoureux de Natacha qui, après de longues discussions en ligne, s’est révélée à son goût hors du monde virtuel. C’est l’heure pour l’un et l’autre de sortir de la bulle dans laquelle ils se sont engouffrés, l’heure de faire connaissance avec les familles et les amis. Et ce n’est pas du tout évident. Et ça se passe à peu près bien jusqu’à ce qu’un accroc majeur (que je ne vous raconterai évidemment pas) ne vienne perturber cette histoire d’amour. Je sais, l’auteur dit « love story », mais chez nous on dit « histoire d’amour ». Et ce n’est là qu’une des expressions tout droit sorties de l’anglais qu’on trouve dans le roman d’Anne Percin, celles-ci bien plus nombreuses que dans le premier. Hélas.

J’avoue. Cela me dérange toujours un peu (et même beaucoup) de constater que le glissement progressif du français vers une langue qui est entrecoupée de mots anglais de plus en plus nombreux est devenu monnaie courante. Surtout dans la littérature destinée aux adolescents. Mais bon. C’est un choix de l’édition française dont l’édition québécoise se démarque encore. Mais pour combien de temps?

Ceci dit, Comment (bien) gérer sa love story est un roman passionnant, humain, léger et sérieux à la fois, qui se termine sur un point d’interrogation qui pourrait bien laisser présager une suite. Ce qui ne me déplairait pas.

Les bateaux de papier

Tous les rêveurs que je connais, les petits comme les grands, au sens propre comme au figuré, les jeunes comme les moins jeunes, prendront un plaisir fou à naviguer entre les pages de ce magnifique album publié chez Gautier-Languereau, Les bateaux de papier. Écrit par Anne Kalicky et illustré par Vanessa Hié, celui-ci nous raconte l’histoire d’Ottone, un jeune garçon qui fabrique des bateaux de papier qu’il met en scène et fait voguer dans sa tête et dans l’espace de sa chambre bien loin de l’océan. Jusqu’à ce qu’un été ses parents l’emmènent voir la mer et qu’il fasse la rencontre d’un vieux pêcheur et de son petit-fils qui l’initieront à la navigation et à la pêche.

C’est donc sur un bateau de pêche rouge, qui ressemble beaucoup à celui en papier qu’il a fabriqué, que le jeune garçon entrera dans un univers qu’il ne connaissait qu’en rêve et dans un monde qui l’étonnera.

Un superbe album qui porte sur l’amitié tout en nous faisant rêver de bateaux et de vagues. Un album qui, de plus, nous rappelle que les rêves peuvent parfois se réaliser. Je vous ai dit que je partais demain voir la mer?

Un conte cubain

Parce que l’album de Zoé Valdès est plein de fantaisie et parce que ses personnages font à la fois face à un terrible péril et au défi de sauver les leurs, tout jeune lecteur qui ouvrira Luna dans la plantation de café se sentira d’emblée attiré par les illustrations de Ramon Unzeata, qui allient réalisme et imagination. Conquis, l’enfant sera dès lors happé par cette aventure qui met en scène deux enfants et un moineau qui se battent au nom de la liberté.

Quiconque connaît — ne serait-ce qu’un peu — ce que vivent au quotidien les Cubains, même si on tente de nous faire croire que la situation s’est améliorée, verra dans ce conte destiné aux enfants une analogie entre ce à quoi doivent faire face quotidiennement les Cubains et le temps d’un album les personnages de cette histoire imaginée par Zoé Valdés. Il ne peut en être autrement, puisqu’il est question ici de liberté, d’emprisonnement, de répression, de droit de parole refusé.

Mais Voleurs de Souvenirs et Gommeurs de Sensations n’auront pas le dernier mot. Luna et Samuel ne sont pas seuls. Des milliers de lecteurs sont là pour leur prêter main-forte.

Un très bel album qui porte un message de ralliement et d’espoir.

La dame des livres

Tout le monde semble s’accorder à dire que La dame des livres est un très bel hommage aux bibliothécaires itinérants. Et à ça je ne peux m’opposer, puisque Cal, le héros de cet album destiné aux jeunes, finit par prendre goût à la lecture, alors qu’au départ cela ne l’intéresse pas, pas plus que les études, tout ça grâce à l’arrivée de la dame des livres dans sa vie.

Ce qui m’a par contre agacée est la langue utilisée, calquée sur un anglais parlé, laquelle ne ressemble à rien et encore moins à une langue française qui s’entend, ce qui donne au livre quelque chose qui sonne si faux que nul enfant ne pourra se reconnaître dans cette façon de dire les choses. Du moins, nul enfant de chez nous.

Fallait-il vraiment pour rendre ce livre accessible le traduire d’une langue qui ressemble à du slang à cause de certaines contractions de mots en une langue aussi caricaturale? Je ne le crois pas. Je ne peux donc pas, en toute logique, vous encourager à lire La dame des livres. Vous risquez d’être victime d’un agacement semblable au mien.

Hanna et son père

C’est par hasard, au cours du ménage du grenier, qu’Hanna a mis la main sur l’adresse de son père. En effet, elle a trouvé une enveloppe vide adressée à sa mère indiquant l’adresse de l’expéditeur. Un homme dont elle connaît le nom, mais qu’elle ne connaît pas. Hanna n’a jamais vu son père et ne pensait presque plus à lui alors qu’enfant elle lui inventait des vies pour lui donner une réalité. Elle en avait même fait un pilote d’avion afin d’expliquer son absence. Ou un grand trompettiste pour les mêmes raisons.

Le fait de trouver son adresse la pousse à agir, à lui écrire à Izmir, en demandant l’aide d’une amie turque pour traduire la lettre. Ce geste la met dans une situation d’attente avec laquelle elle a du mal à composer. Mais elle n’a pas le choix. Elle a écrit et la lettre a quitté l’Allemagne…

Le jour où j’ai cherché mon père parle de solidarité et d’amitié. Il traite aussi du sort des Kurdes, de la Turquie, des liens parents-enfants, de ce moment où on n’est pas encore un grand mais où on a franchi une étape qui vous éloigne de l’enfance. Bien sûr que tout finit bien. Et puis, une fois de temps en temps, des histoires qui finissent bien, ça fait du bien, non?

Le seul élément qui me laisse tout de même perplexe, car le roman n’est pas vieux (il date de 2005) est l’absence d’ordinateurs et d’Internet. N’est-ce pas, de nos jours, une des meilleures façons de retrouver les gens?