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Les fées à l’école

Les fées existent-elles? Peuvent-elles vraiment vivre dans une école destinée aux jeunes filles et donner des signes de leur présence? Peuvent-elles même être vues par celles qui croient en leur existence et qui ont fabriqué des portes à leur intention qu’elles ont ensuite semées dans toute l’école afin que les fées puissent se déplacer facilement?

C’est ce que propose Isabelle Larouche dans Les fées à l’école, roman jeunesse qui trouve sa source dans l’histoire des fées de Cottingley, qui a fait le tour du monde au début du XXe siècle.

L’auteure, qui a longtemps enseigné à la Miss Edgar’s and Miss Cramp’s School, fondée en 1909, que j’ai eu l’occasion de visiter il y quelques années lorsque je suis allée parler d’écriture à des jeunes filles de 6e année, a donc transposé dans un roman l’expérience qu’elle a vécue avec ses élèves.

Connaissant le lieu, j’avoue que c’est un endroit parfait pour une telle expérience. J’avoue aussi que j’ai pris plaisir à cette histoire (que j’aurais aimée plus longue) qui met en scène des filles qui viennent de partout dans le monde ou dont les parents viennent d’ailleurs, ce qui est aussi l’occasion pour chacune de donner son opinion sur les fées et sur leur existence, selon ce qu’on dit d’elles dans d’autres pays, notamment au Mexique, en Norvège et au Portugal.

Les fées existent-elles? J’ai envie de le croire. Encore plus maintenant que j’ai lu Les fées à l’école. Je laisse d’ailleurs toujours une fenêtre ouverte. Même en hiver. Je ne voudrais pas que l’une d’elles meure de froid.

Halte aux livres!

Basile déteste les livres. Pas un peu, mais beaucoup. Vraiment beaucoup. Mais nul n’est au courant, puisqu’il ne l’a jamais dit. Si bien qu’à la moindre occasion on lui offre des livres et qu’il a une bibliothèque bien remplie dans sa chambre. Ce qui donne l’idée à sa maman décide de l’emmener au salon du livre afin qu’il rencontre son écrivaine préférée. Quelle punition pour celui qui n’en peut plus des histoires impossibles qu’on trouve dans les livres, entre autres ceux de cette écrivaine que sa mère affectionne tant!

Basile aime démonter et remonter le moindre objet de la maison. C’est là son dada. Mais pas la lecture! Au secours! a-t-ile envie de crier quand on lui offre un nouveau livre. Mais voilà, il s’est tu et le voilà dans les allées du salon du livre, épuisé et souffrant à cause d’une ampoule à un pied. C’est celle-ci qui va déclencher le drame et permettre à Basile de crier haut et fort sa haine pour les livres. Au grand étonnement de tous et au désarroi total de sa mère qui n’aurait jamais pu imaginer une seule seconde que son rejeton puisse ne pas aimer lire alors qu’il est issu de parents qui adorent la lecture.

Les enfants ne sont pas des copies conformes de leurs géniteurs et il n’y a pas de mal à ne pas aimer lire. Mais les parents de Basile ont peut-être oublié une chose importante que l’histoire nous révélera. Il n’est pas tout d’offrir des livres aux enfants, il faut les lire avec eux et leur apprendre à les aimer.

Halte aux livres! est un album à la fois et humoristique et éducatif qui devrait plaire tant aux parents qu’aux enfants. Un album qui pourrait même réussir son pari : donner aux enfants le goût de lire…

Matachamoua

Aborder la différence n’est jamais facile. Encore plus, peut-être, quand il s’agit de montrer celle d’un enfant touché par une erreur génétique. C’est le cas de Bélem, un ourson qui naît non pas avec 54 taches comme tous les ours de sa famille, mais 53. Cette tache qui lui manque lui rend la vie un peu plus difficile à certains égards et complique le quotidien de son entourage qui se doit de redoubler d’attention. Mais quels beaux moments de tendresse pour faire le poids et bien plus!

Matachamoua, un album écrit par Céline Sorin et illustré par Célia Chauffrey réussit à dire les choses en les dédramatisant. Avec fantaisie et tellement de douceur et d’amour.

Un livre que devrait posséder toute bonne bibliothèque scolaire.

Très Vieux Monsieur

Au début, tout va bien pour Très Vieux Monsieur. Il apprécie chacune des minutes que la vie lui apporte, est entouré de gens qu’il aime et qui l’aiment, comme Très Vieille Dame et Toute Petite Fille, et sait s’amuser et faire rire son entourage.

Mais vient le jour où Très Vieux Monsieur ne reconnaît plus Très Vieille Dame ni Toute Petite Fille. Puis le jour où il oublie de plus en plus de choses essentielles. Où la tristesse s’empare de lui. Mais au nom de tout ce qu’il a été, de tout ce qu’il a apporté à autrui, de l’amour qu’il a donné aux siens, Très Vieux Monsieur demeure bien entouré. L’amour ne s’éteint pas pour un détail, si énorme soit-il.

Belle leçon de vie que ce livre sur l’Alzheimer destiné aux petits. Beau témoignage d’amour et de tendresse pour les familles qui voient un de les leurs tout doucement perdre les pédales et la raison. Très Vieux Monsieur est, vous l’aurez compris, un album bouleversant, mais pas triste. Et même plein d’humour. Notamment cette scène où Très Vieux Monsieur à qui Très Vieille Dame lui explique qu’ils sont mariés depuis plus de cinquante ans lui dit : « Ça m’étonnerait bien que je me sois marié avec une aussi vieille fiancée. »

Que fait la Lune la nuit?

C’est la question que pose Anne Herbauts dans ce très bel album pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre. Car, si la Lune dort le jour (c’est bien connu), elle est drôlement occupée la nuit! Même qu’elle n’arrête pas une minute tant elle doit veiller à tout. Il faut bien que quelqu’un se charge de faire le silence si les gens veulent dormir. Il faut aussi quelqu’un pour dessiner des étoiles dans le ciel et déposer la rosée. Et même pour chasser les cauchemars.

Mais la Lune est là. Inépuisable. Fidèle. Plus longtemps les saisons où elle a plus de boulot. Infatigable.

Mais la Lune est là. Qui veille sur nous.

Et Anne Herbauts à qui on doit texte et illustrations sait nous parler d’elle avec tant de poésie que je vous suggère sans hésitation ce livre si vous avez un rêveur ou un futur astronaute dans votre entourage. Ni l’un ni l’autre ne regardera plus la Lune de la même façon.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Rendez-vous n’importe où

C’est grâce à Isabelle que j’ai vu pour la première fois le nom de Thomas Scotto. Et revu. Souvent. C’est un de ses auteurs préférés. Je me promets donc de lire cet auteur depuis longtemps. Mais il y a tant d’auteurs que je veux lire et tellement d’heures occupées à autre chose pendant la semaine… C’est une chose à laquelle dévoreurs et dévoreuses de livres dont je fais partie ne peuvent échapper.

Ceci dit, j’ai enfin lu un livre de Thomas Scotto. Un très beau livre de Thomas Scotto, pour tout vous dire. Rendez-vous n’importe où. Lequel raconte un échange épistolaire s’étalant sur une semaine entre une mam’zelle et un monsieur qui ont choisi de se donner rendez-vous, ce qui donne lieu à des jeux de mots, à des images poétiques, à des élans de douceur et de tendresse, à des mises en scène se prêtant aux écarts de la météorologie, et à beaucoup d’imagination, autant de la part de l’auteur que de l’illustratrice Ingrid Monchy et que de quiconque, qu’il soit grand ou petit, en savourera les mots et les images.

Celui ou celle à qui vous l’offrirez va vous couvrir de bisous. C’est sûr.

Thomas, prince professionnel

Quel conte formidable que celui concocté par Valérie Fontaine et illustré par Fil. Je suis encore sous le charme de Thomas, prince professionnel à qui tout roi peut faire confiance puisqu’il ne séduit jamais les princesses qu’il sauve de tous les périls. De plus, comme Thomas connaît tous les trucs des princesses qui ne rêvent que d’être sauvées, celui-ci accepte de signer un contrat garantissant qu’il ne tentera jamais d’épouser une de celles qu’il délivrera des griffes d’un dragon ou de toute autre situation dans laquelle elle se trouvera.

Mais… Car il y a toujours un mais, même dans les histoires de princesses, Thomas n’a pas pensé à tout…

Oui, je le répète, un conte formidable, autant pour les filles que les garçons. Prenez le titre en note. Le père Noël se chargera du reste.

Le journal de Wieke Van Os

Je me suis laissée avoir par le quatrième de couverture. Je l’avoue. Mais comment aurait-il pu en être autrement alors que Wieke, l’héroïne du roman de Claude Raucy, est en train de visiter la maison d’Anne Frank à Amsterdam quand s’ouvre le roman? Surtout qu’elle y trouve un mystérieux message qui la pousse à porter secours à un garçon qui se dit prisonnier d’une maison de la Prinsengracht…

Oui, c’était assez pour que je me laisse tenter. Mais le livre est loin d’être à la hauteur de mes attentes. Bien loin. J’ai même l’impression d’avoir été flouée tant j’ai été déçue par cette histoire qui nous révèle qu’il s’agit d’une supercherie. Beaucoup de bruit pour rien, aurait dit Shakespeare avec raison.

Le journal de Wieke Van Os est un livre de très peu d’intérêt, malgré un volet informatif signé Manon Douesnard très bien fait à la toute fin du livre. Vraiment peu. Et pourtant, il aurait pu en être autrement…

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Célestine

Autant j’ai été prise par l’histoire inventée par Danielle Marcotte, laquelle n’a rien a envier aux frères Grimm, autant j’ai eu du mal avec les illustrations de François Thisdale. Je ne saurais tout à fait dire pourquoi. Mais dès la première illustration, j’ai éprouvé un malaise. Il y avait quelque chose de trop réaliste, trop proche de la photo travaillée pour en faire une illustration pour que je sois séduite.

Et pourtant, Célestine raconte une histoire comme je les aime. Avec des fées. Dont certaines sont même méchantes. Et parce que la maman de Célestine ne croyait pas aux fées, celle-ci n’a pas cru bon de les inviter pour célébrer la naissance de sa fille. Ce fut là grave erreur. Une fée se vengea. Le jour de ses 16 ans, Célestine apprit qu’on lui avait jeté un sort. Elle était une jeune fille cinq jours sur sept. Les deux autres, elle se transformait en harfang.

Elle choisit donc de s’isoler. De tenter de conjurer le sort en s’éloignant. Mais rien n’y fit. Dès que le samedi arrivait, ses ailes poussaient et son visage se couvrait de duvet.

Un jour, elle saura ce qu’il faut faire pour se libérer de ce terrible sort dont elle ne doit parler à quiconque, pas même à celui qui s’est arrêté quelque temps chez elle, au beau milieu de la forêt, et qui ne semble plus désirer partir.

Je ne vous livrerai pas la suite. Je vous dirai juste que ça finit bien. Comme dans les contes de mon enfance. Et que ça m’a plu. Beaucoup plu. Parce que Danielle Marcotte sait raconter des histoires et que la poésie porte celle-ci, malgré des illustrations avec laquelle j’ai encore du mal, après ma troisième lecture.

La rose bleue

La princesse Li Na a de magnifiques yeux bleus. Elle a lu tous les livres, elle sait monter à cheval et manier les armes. Elle n’a donc que faire d’un mari pour la protéger. Mais son père vieillit et il voudrait tant que sa fille se marie et ait des enfants. C’est sans compter sur l’entêtement de celle-ci et pour son amour de la liberté.

Pourtant, elle se pliera à la demande de son père. Mais à une condition. Celui qu’elle épousera devra lui apporter une rose aussi bleue que le bleu de ses yeux. Pas une rose qu’on a trempée dans l’encre, ni une rose taillée dans le plus des saphirs et pas non plus un vase qui ait sa forme.

Trouver une telle fleur est chose impossible. Elle le sait bien. La princesse Li Na a volontairement fait le choix d’un défi irréalisable pour ne rien changer à sa condition. Mais un jour, son chemin croisa celui d’un raconteur d’histoires. Elle sut tout de suite qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.

Mais Li Na a une entente avec son père. Seul celui qui lui apportera une rose aussi bleue que le bleu de ses yeux pourra l’épouser… Mais, et nous l’apprendrons une fois de plus, l’amour peut vaincre tous les obstacles. Il suffit pour cela de croire très fort en une phrase de Saint-Exupéry que je tairai pour ne pas gâcher votre plaisir.

La rose bleue, un très beau conte. Un très, très beau conte.