Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Le souvenir est plus fort que la mort

Une petite fille curieuse, un formidable grand-père et un cimetière qu’on visite pour rendre visite à ceux qui ne sont plus là physiquement, mais toujours dans nos cœurs et dans nos vies. Voilà un peu en quoi consiste Faustine et le souvenir, laquelle a décidé de comprendre ce qu’est la mort, même si ses parents la juge trop petite pour lui expliquer toute la portée de ce mot dont nul n’aime l’idée.

Pourtant, ce mot ne fait pas peur au grand-père de la petite. Pas plus que l’expliquer ou fréquenter le cimetière. Il va donc partager avec sa petite-fille sa propre vision de la mort. Mais aussi le sens du mot « souvenir » quand la mort a pris ceux qu’on aime. Puisque le souvenir est plus fort que la mort.

Parce qu’il faut un jour ou l’autre en parler, aussi bien le faire bien. Alors, pour l’heure où il faudra en parler, Faustine et le souvenir. Pour la sagesse, pour l’amour, pour le respect, pour la tendresse de ce petit livre.

Les clichés ont la vie dure

Le roman de Kéthévane Davrichéry est sûrement né d’une bonne intention. Il voulait sûrement parler d’amitié, des pères que leurs enfants ne connaissent pas, parce qu’ils sont un jour rentrés chez eux pour des raisons que nul ne sait ou que tous préfèrent taire. C’est le cas de Moussa qui rêve de partir pour l’Afrique retrouver son père qui l’a abandonné et qui confie son projet à Nino, sa meilleure amie depuis toujours, qu’il ne retrouve que pour les vacances d’été.

Mais hélas Un papa en exil verse dans le cliché. Un papa africain ne peut pas être rentré chez lui pour des raisons familiales. Ni par mal du pays. Il ne peut être qu’en prison. C’est tellement évident! Et si l’idée de départ de l’auteure était louable, je ne peux cautionner son choix. Ce n’est pas en usant de clichés qu’on viendra à bout de ceux-ci.

La plus sorcière des deux

Je n’ai pu m’empêcher à la lecture de Ma belle-mère est une sorcière de penser que, peut-être, il y a 20 ans de cela, j’ai moi aussi été aux yeux d’une petite fille de cinq ans, une sorcière. Pas que j’aie été aussi parfaite qu’Esther, la belle-mère imaginée par Isabelle Danel, mais il me semble avoir été plutôt réussie dans le genre « belle-mère sympa ».

Je ne savais pas faire des tresses françaises, mais jamais nous ne nous sommes ennuyées celle qui a fait partie de ma vie pendant neuf ans et moi. Comme c’est le cas d’Ariane et d’Esther, qui ont visiblement une belle complicité. Jusqu’à ce que la plus jeune des deux se rende compte que quelque chose est en train de changer. Son père a été ensorcelé, c’est certain. Et s’il l’a été, c’est que la belle Esther est une sorcière. Mais comment venir à bout d’une sorcière et de ses tours autrement que par la sorcellerie?

Ma belle-mère est une sorcière est un bijou du genre. Résultat : émotion et fous rires au rendez-vous!

L’histoire de Dom

Bien sûr que Dom n’est pas le grand frère idéal. Il serait plutôt du genre à montrer ce qu’il ne faut pas faire. Mais il n’est pas un si mauvais bougre. Même s’il lui arrive de casser des vitres de voiture. Même s’il ne se lève jamais avant midi. Même s’il a quitté l’école à quinze ans. Même s’il passe ses journées à traîner.

Dom n’est pas méchant. Il est juste un peu perdu sans qu’on sache pourquoi. Et peut-être qu’il ne connaît pas lui-même la raison de son mal-être, alors qu’il s’accroche aux chansons de Johnny Hallyday pour tenir le coup.

Non, Dom n’est pas responsable de tous les mauvais coups du quartier malgré ce qu’on dit à droite et à gauche et particulièrement dans l’immeuble où il habite. Après tout, il pense à réveiller son petit frère pour qu’il aille à l’école et il lui fait réviser ses leçons pour qu’il ne suive pas ses traces et fasse quelque chose de sa vie.

C’est ce que nous livre François Schoeser dans Les autres, ils disent, un roman destiné aux adolescents. Parce que, peut-être, n’est-il jamais trop tard pour retrouver sa fierté.

Un livre pour les grands-mères et leurs petits-enfants

Quel livre charmant que Pourquoi Mamie n’est pas gâteau de Sophie Chérer! Un livre que j’ai tant aimé que j’ai envie de le conseiller à toutes les grands-mères de mon entourage, et encore plus à celles qui n’ont pas les cheveux blancs, ni un tablier en permanence, mais un amour pour la vie tellement grands que leurs petits-enfants sont folles d’eux.

Elles n’ont pas besoin d’une Alfa Romeo jaune ou de faire preuve d’excentricité, comme celle de Mathilde, mais les grands-mères d’aujourd’hui n’ont pas besoin d’être tout droit sorties d’un autre siècle pour plaire à leurs petits-enfants. C’est un peu cela que nous raconte Sophie Chérer. Et aussi que les mamies peuvent mener des combats même si elles n’ont plus 20 ans. Si, si.

Un livre formidable, voilà ce qu’est Pourquoi Mamie n’est pas gâteau. Autant pour les grands-mères que pour leurs petits-enfants.

La vie bercée

Il est question de l’enfance, mais aussi de l’âge adulte, de toutes ces étapes qu’on traverse pour aller de la naissance au grand âge, des questions qui nous assaillent, des rêves qui nous étreignent, des doutes qui nous troublent, des espoirs qui nous animent, de ceux qui nous quittent, de ce qu’on a été, de ce qu’on a mis de côté, de toute cette vie bercée qui fait de nous ce que nous sommes.

Il est question de tout ça et de tout le reste. Tout ce qui se trame entre les lignes dans ce que la poète Hélène Dorion ne révèle pas, dans les marges des illustrations de Janice Nadeau.

Il est question de la vie. Mais il est surtout question d’amour.

L’album a reçu le Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal en 2007. Avec raison. C’est un des plus beaux et des plus poétiques de tous les albums jeunesse que j’ai eu entre les mains.

Qui veut bien écouter Sarah?

Sarah a quelque chose à raconter qui lui tient à cœur, quand elle rentre de l’école. Mais personne n’a de temps pour elle, ou alors tout le monde est si occupé à ce moment précis qu’elle ne peut partager avec quiconque ce qu’elle vient de vivre de si important. Et elle est triste, tellement triste. Si triste qu’elle finit par s’endormir, à bout de larmes, sur un banc, où une vieille dame pleine de sagesse prendra le temps de l’écouter et de la ramener chez elle. En lui apprenant une chose qu’elle retiendra toute sa vie. Il y a parfois des moments dans l’existence qui ne sont pas le bon moment. Il suffit juste d’attendre, de s’armer de patience. Le bon moment finit toujours par arriver. Pour Sarah comme pour chacun d’entre nous.

Qui veut bien écouter Sarah? livre un message positif qui ne pourra que réjouir l’enfant qui saisira ainsi le sens et la portée de la patience. À mettre entre toutes les mains.

Un grand-père tombé du ciel

C’est par Un grand-père tombé du ciel que tout a commencé pour Yaël Hassan. C’est en effet ce roman, son premier, et le succès qu’il n’a cessé de connaître depuis, accumulant les réimpressions, qui ont décidé de l’avenir de celle qui a dû abandonner une carrière dans le tourisme après un accident qui l’a immobilisée pendant de longs mois.

Ce grand-père dont il est question tombe presque littéralement du ciel. C’est en effet des États-Unis qu’arrive Alex Katz après des années de silence. Pour un long séjour, semble-t-il. Mais le vieil homme est bourru. Il en a gros sur le cœur et il n’a pas encore vraiment pardonné à sa fille d’avoir quitté sa famille pour un Français. Mais qu’à cela ne tienne, Leah est bien décidé à conquérir ce grand-père dont sa mère ne lui a jamais parlé, même s’il est difficile à vivre.

Chacun des deux va donc apprendre à vivre avec l’autre. Même s’il faut pour la petite passer outre le fait qu’elle est sans cesse rabrouée par ce vieil homme dont elle voudrait tant se faire aimer. Même s’il faut pour cet homme blessé plus d’une fois dans sa vie admettre qu’il peut parler de ce qu’il a vécu. De cette autre Leah qu’il a tant aimée. D’une guerre qui la lui a enlevée. De l’océan qu’il a franchi pour laisser au-delà de celle-ci le souvenir des êtres qu’il a perdus.

Leah et Alex avaient besoin l’un de l’autre. Ils ne le savaient peut-être pas avant de se connaître. Et c’est ce qui est tellement émouvant dans ce roman si juste et empreint de tendresse.

Yaël Hassan avait su m’émouvoir par d’autres livres qu’elle a publiés par la suite. Je suis heureuse d’avoir enfin lu son premier roman.

Titre pour le Défi Premier Roman

Mon rayon de soleil

Quelle tendre et douce histoire que celle de Luca qui n’a d’yeux que pour sa maman!

Le garçon voudrait tant être le seul rayon de soleil de sa maman, mais celle-ci doit partager son temps entre son papa et lui. Ce qui l’attriste beaucoup. La maman de Luca est si belle. Et ses bras sont si accueillants…

Mais viendra un jour où Luca retrouvera son sourire même si sa maman ne peut se consacrer entièrement à lui. Il suffira pour cela d’une rencontre mémorable qui lui fera comprendre que même si sa maman est unique, il y a au moins une personne tout aussi unique qu’elle et que cette dernière peut lui donner envie de voler…

Raconté avec beaucoup de finesse et de poésie par Marie-Francine Hébert et superbement illustré par Steve Adams, Mon rayon de soleil est un livre à offrir à tout enfant qui aime les coccinelles et qui rêve de voir son premier arc-en-ciel.

Roucoule la poule

Certains livres sont si jolis que dès qu’on les a terminés, on les ouvre à nouveau. C’est le cas de Roucoule est amoureuse, un très bel album écrit par Karine Laurent dont chacune des illustrations de Stéphanie Alastra est un ravissement.

Même le plus endurci parmi tous ceux qui n’aiment pas les poules tombera sous le charme de Roucoule la poule, une poulette des plus mignonnes avec ses rondeurs et ses yeux de velours. Or, tout irait bien si elle était autre qu’une poule pour séduire le beau pigeon voyageur qui visite régulièrement le poulailler où vivent des poulettes toutes plus affriolantes les unes que les autres, vêtues des tenues que Roucoule coud à leur intention. Mais comment se démarquer de celles-ci? Comment se faire remarquer de Volafond le pigeon?

Un costume de tourterelle fera-t-il l’affaire? Peut-être, mais pour combien de temps?

Roucoule est amoureuse, un bel album sur les différences. Gai, drôle et poétique.