Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
La mémoire de l’éléphant

Si vous avez dans votre entourage un jeune lecteur qui n’a de cesse de découvrir, qui aime les statistiques, qui ne dédaigne pas les histoires, tout en ayant un faible pour es éléphants, allez tout de suite à la librairie lui acheter La mémoire de l’éléphant de Sophie Strady, un album illustré avec beaucoup d’inventivité et le sens de l’histoire et le souci du détail par Jean-François Martin. Des heures de plaisir seront au rendez-vous. Car il aura, j’en suis presque certaine, un véritable coup de foudre pour Marcel l’éléphant, ex-musicien qui a fait le tour du monde à bord d’un paquebot. Excellent prétexte pour nous offrir notamment des planches sur les instruments de musique, les embarcations, les gratte-ciel, les vêtements, lesquelles s’intercalent au fil d’une journée dans la vie de Marcel qui nous est relatée.

Belle occasion aussi de nous fournir de nombreux renseignements sur les éléphants : ce qu’ils consomment au cours d’une journée (types d’aliments et poids total); le nombre de décibels d’un barrissement; les différences entre les éléphants d’Asie et ceux d’Afrique, etc. Le résultat est un album immense (pas éléphantesque, mais plus grand que les grands) à la fois ludique et intelligent. Parfait pour les curieux. Pas juste les petits curieux, les grands aussi. Il peut être utile de savoir pourquoi les éléphants s’arrosent eux-mêmes si souvent, à quoi leur servent leurs grandes oreilles, qu’ils ont des coudes et qu’il y a des gauchers parmi eux, et qu’on peut même savoir lesquels.

Je vous le dis : une mine de renseignements.

Terminus Odéon

Alex a disparu alors qu’il se rendait à sa leçon de violon. Lui est-il arrivé un accident? A-t-il été enlevé? A-t-il fait une fugue afin d’assister à un spectacle de son père chanteur qu’il n’a pas vu depuis des années ou pour une autre raison? La police enquête sans trouver de véritables pistes, ce qui est loin de satisfaire son professeur de violon qui est attaché à l’enfant. D’ailleurs, ceci pousse ce dernier à chercher de son côté un indice qui pourrait le mener à Alex. Or, ce qu’il trouve dans un premier temps ne résout en rien la toile qui semble s’être tissée autour de la disparition d’Alex, de l’étui de violon vide au personnage assez louche qui fréquente le quartier.

Tout semble indiquer qu’Alex est parti de son plein gré pour Paris. Mais pourquoi? Est-il parti seul? S’est-il laissé influencer par un ami ou par un adulte de son entourage? En promettant à la mère d’Alex de le retrouver, son professeur de violon n’avait sûrement aucune idée de ce à quoi il s’engageait ni à quelles embûches il se verrait confronté alors qu’il croyait atteindre son but.

Terminus Odéon devrait captiver tout adolescent aimant les romans d’aventure, car il n’y a ici aucun temps mort — ce serait plutôt le contraire tant tout défile à une vitesse grand V. De plus, l’auteur de La mémoire blanche connaît son métier et n’hésite pas à semer çà et là de fausses pistes, ce qui ajoute au plaisir de ce roman destiné aux jeunes, lequel vous fait voir du pays, de Charleroi à Paris, en passant par Bruxelles.

Comme quoi le violon peut mener à tout!

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

et pour le Challenge « Littérature belge »challenge.gif

Vous aimerez Aimée

Aimée vit dans un foyer. Malgré tout, elle n’est pas malheureuse de sa condition. Des éducateurs prennent soin d’elle et elle compte de nombreux frères et sœurs d’adoption dans la même situation avec qui partager son quotidien et à qui elle peut se confier. Mais le jour où son amie Clémence se jette dans les bras de sa maman qui a tout de la maman parfaite, Aimée craque et réalise à quel point une maman lui manque. À tel point qu’elle s’en invente une. Une maman découpée dans une feuille de papier qu’elle traîne partout avec elle. Une maman à qui elle peut parler, une maman qui la protège, une maman qui la comprend, une maman qui ne l’abandonnera pas dans le hall d’un immeuble, comme sa mère biologique.

Mais que faire le jour où quelqu’un voudra rencontrer cette maman inventée de toutes pièces? Faut-il avouer qu’on a menti ou ne rien dire de nos élucubrations? Comment s’en sortir sans ternir son image alors que tous les yeux sont braquées sur soi parce qu’un garçon semble intéressé par notre petite personne?

Avec beaucoup de finesse, de sagesse, de tendresse, d’humour, la tisseuse d’histoires qu’est Agnès de Lestrade signe avec L’invention des parents un livre des plus émouvants autour d’une héroïne à laquelle on ne peut que s’attacher et à qui on souhaite de toutes ses forces qu’elle ne perde pas ses amies parce qu’elle a menti. Après tout, Aimée voulait juste une maman à elle et être heureuse. Comme Clémence.

Faut-il pour cela qu’elle paie le gros prix parce que sa maman n’est vraie que dans sa tête et dans son cœur?

Je vous laisse découvrir la fin. Je dirai simplement que vous verserez peut-être une larme. Ou deux. Que voulez-vous, Agnès de Lestrade sait y faire.

Un livre dont on sort avec un sourire grand comme ça

Imaginez une famille de cinq garçons dont les deux aînés sont toujours prêts à faire des bêtises. Imaginez maintenant que ces deux-là devront passer tous les après-midi de l’été à la bibliothèque pour éviter qu’ils n’inventent de nouveaux jeux dangereux et rendent leurs parents fous. C’est ce que ces derniers ont trouvé de mieux pour calmer les deux lurons, sachant qu’ils n’ont aucun intérêt pour les livres et faisant fi du fait que la bibliothécaire, surnommée Patador, possède un fusil à patates dont elle n’hésite pas à se servir à la moindre incartade. Autrement dit, pas question pour William et Martin de franchir la ligne encadrant le territoire qui leur a été désigné, maintenant que les voilà « enfermés » à la bibliothèque tous les après-midi.

Mais comme il est tentant de passer outre… ou du moins d’essayer. Et bien entendu, les deux frères braveront les interdits. Mais quel sera le prix à payer pour avoir désobéi au règlement? C’est ce que nous raconte, entre autres, Panique à la bibliothèque, qui ravira les jeunes lecteurs de 8 ans et plus et les plus grands quand ceux-ci découvriront que la fréquentation obligatoire de la bibliothèque a porté fruit. En effet, plutôt d’attendre que l’après-midi passe en se braquant à la simple idée d’ouvrir un livre, ce que William et Martin ont commencé par faire, pourquoi ne pas tenter le coup afin de découvrir ce qu’un livre peut bien cacher de si intéressant?

La chute en étonnera plus d’un, notamment les héros eux-mêmes qui, jamais, au grand jamais, n’auraient pu imaginer qu’un jour ils aimeraient les livres. Un livre dont on sort avec un sourire grand comme ça. Si, si, je vous l’assure.

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2

Bizarres, vous avez dit bizarres?

C’est bien utile les lèvres. C’est même la chose qui est le plus utile dès nos premières heures puisque sans elles impossible de téter le sein et le biberon. Et puis, pour chanter, pour siffler, pour parler, pour faire la moue. Pour s’exprimer, quoi.

Et puis, bien évidemment, pour embrasser… Sur la joue, sur le front. Et sur les lèvres. Mais ça doit être bizarre, non, se dit l’héroïne de Bizarres, les bisous! alors qu’elle manifeste à la fois goût, peur, curiosité et bien autre chose pour ce fameux baiser de lèvres à lèvres dont elle voudrait bien vivre la grande première pour en être débarrassée’ Car, quand ce sera fait, elle n’y pensera plus et pourra enfin savoir si c’est vraiment bizarre.

Mais il n’y a pas le feu, lui dit son père. Chaque chose vient à qui sait patienter. Même les choses bizarres?

À vous de le découvrir grâce à cet album signé Jacques Godbout, illustré par Pierre Pratt, qui m’a beaucoup amusée. Car il fut un jour où moi aussi je trouvais bizarres les baisers. J’ai bien changé depuis.

Prends garde à toi

Ou je suis passée à côté de quelque chose, ou je n’ai rien compris, mais j’ai trouvé l’héroïne de Fanny Chiarello si désagréable qu’il m’a été impossible de m’attacher à elle et que j’ai eu envie que tous les malheurs de la terre lui tombent sur la tête pour qu’elle soit remise à sa place.

Car, voyez-vous, Louise est mieux que tout le monde. Et elle le dit tout haut. Nul ne peut lui arriver à la cheville : elle est si érudite, elle. Bien au-dessus des filles de son âge. Elle est LA meilleure. Du moins l’était-elle jusqu’à l’arrivée de Manon qui a réponse à tout elle aussi, mais qui n’éprouve pas le besoin de se pavaner comme Louise.

Or, cette année, on monte Carmen de Bizet à l’école, et les deux filles devront s’affronter pour obtenir le rôle de Carmen. Jusqu’où ira Louise, prête à tout pour avoir l’attention et recevoir les lauriers de la gloire?

C’est ce que nous révèle Prends garde à toi, un roman destiné aux adolescents qui m’a laissée plutôt perplexe. Car, à mon avis, le lecteur a besoin de s’attacher ou de s’identifier au personnage principal pour que sa lecture soit agréable. Mais comment put-on s’attacher à une peste comme Louise? Je ne sais pas. Je n’ai pas réussi à le faire pas plus que je n’ai réussi à croire aux personnages qui l’entourent : ses deux amies qui la vénèrent, ses parents qui l’ont mise sur un piédestal, le beau gars dont elle veut obtenir l’attention, la famille de Manon, etc.

Et pourtant, j’avais hâte de lire un roman jeunesse autour de l’opéra. Dommage que Prends garde à toi n’ait pas su me captiver.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

Une demi-réussite

Malgré un belle idée, une écriture claire et sans fioritures inutiles, Maryse Lamigeon ne réussit guère à nous émouvoir avec Nue, le temps d’un pose, qui relate les 18 ans de la narratrice alors qu’elle avait quitté Montpellier pour Strasbourg dans un seul et unique but : devenir peintre.

Ce n’est pas que l’auteur ne sache pas raconter ni qu’elle ne sache camper des personnages ou décrire des lieux, mais il y a là une accumulation de clichés qui finissent par lasser, sinon agacer. Et pourtant, toute la partie où elle apprend à vaincre sa pudeur, à s’abandonner, à se laisse regarder nue et même examiner au profit de l’art est très réussie. Vraiment.

Mais quand elle tombe amoureuse d’un sculpteur à la beauté dévastatrice qui a choisi de faire d’elle sa muse, j’ai eu un peu de mal à suivre. Même si l’auteure sait exprimer la naissance et la violence des sentiments. Ou plutôt j’ai tout de suite su que ça allait mal finir.

C’est donc mitigée que j’ai fermé Nue, le temps d’une pose. Avec l’impression d’avoir lu, d’une part, un très beau roman sur la naissance d’une artiste auquel s’est greffé un roman d’amour sans intérêt. Autrement dit, une demi-réussite.

Tchao Papy

Pas question de placer son grand-père sous prétexte qu’il commence à perdre de plus en plus la mémoire. Pas question de l’enfermer dans une maison où il perdra sa liberté. Pas question de faire de lui un vieux alors qu’il a le cœur encore jeune. Vraiment pas. Ça ne se passera pas comme ça, se dit Léo.

Alors, quand Hippolyte, son grand-père, lui propose de prendre le large, Léo accepte sans conditions de suivre l’homme de soixante-dix-neuf ans pour une destination inconnue afin de lui permettre d’échapper à sa famille un peu trop conventionnelle à leur goût. Et tant pis si ce n’est pas raisonnable.

Et tant pis aussi si la fin est « arrangée avec le gars des vues ». Il y a tant d’amour et de complicité dans ce roman pour ados qu’on peut bien pardonner à l’auteure, dont c’est le premier roman, une fin rose bonbon. Car elle pose un regard touchant sur le lien indéfectible qui unit un grand-père à son petit-fils en même temps qu’un portrait juste de cette maladie qui vous fait oublier des détails essentiels et parfois mettre votre propre vie en péril.

Tchao Papy marque une belle entrée en littérature de la part de Laeticia Brauge-Baron. On ne peut que lui souhaiter une longue, une très longue carrière afin qu’elle puisse continuer à nous raconter avec autant de tendresse et d’humour les grands et petits moments de la vie de personnages attachants.

Titre pour le Défi Premier Roman

Ernest et Célestine, musiciens des rues

Quand j’étais libraire, je me faisais une joie de mettre sur les rayons un album mettant en vedette Ernest et Célestine, héros imaginés par l’illustratrice et auteure jeunesse Gabrielle Vincent. J’ai toujours trouvé à ceux-ci beaucoup de charme et de douceur.

L’album Ernest et Célestine, musiciens des rues nous raconte une histoire toute simple, comme c’est chaque fois le cas d’entrée de jeu. Cette fois-ci, c’est le toit de la maison qui va avoir besoin d’être réparé avant l’hiver. Mais ça coûte cher et il faut trouver l’argent pour être en mesure d’effectuer cette dépense. C’est alors que Célestine a l’idée de sortir du grenier le violon d’Ernest et qu’elle réussit à le convaincre de se jouer dans les rues. Mais le résultat est loin d’être concluant malgré le talent de l’ourson.

Mais ce n’est pas ça qui va arrêter Célestine. C’est ainsi qu’elle décide d’apporter sa contribution toute personnelle à l’entreprise et de chanter, accompagnée par Ernest. C’est le succès!

Si l’album ne s’écarte pas des adages qui laissent entendre qu’il vaut toujours mieux s’allier quand on vise le succès, il n’en demeure pas moins que cet album est agréable à lire et qu’il constitue en soi un beau message sur l’amitié.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

et pour le Challenge « Littérature belge » challenge.gif

Une histoire d’amour et d’océan

Qui aime les illustrations en demi-teintes et les histoires empreintes de poésie tombera sous le charme de La mer si grande, un album écrit par Martin Waddell et illustré par Jennifer Eachus, qui relate une histoire douce, tendre et complice. Une histoire de pleine lune et d’océan, une histoire d’amour entre une mère et sa fille. Celle d’une nuit où tout est permis. Où, au nom du bonheur, on va jouer dans les vagues et inscrire ses pas sur le sable. Où le plaisir est plus fort que toutes les règles inutiles. Où on se donne le droit de patauger et de s’éclabousser même si on n’est pas en maillot de bain. Une nuit qui deviendra un moment inoubliable.

Un livre si beau qu’il donne envie de franchir certains interdits pour créer des souvenirs.

Ces souvenirs-là sont les plus précieux.