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Pour l’amour du jazz et de Django Reinhardt

Roman sur l’amour, l’amour d’un fils pour son père musicien décédé dans un accident de voiture, l’amour d’un adolescent pour la musique et plus particulièrement le jazz, Fils de Django vous émouvra de la première à la dernière ligne.

Ce roman qui s’adresse aux 12 ans et plus nous fait passer du rire aux larmes tout en nous donnant des pistes pour découvrir les grands guitaristes du XXe siècle ou en nous apprenant davantage sur eux. Car Alexandre a le jazz dans les veines, comme le lui a bien fait comprendre le senhor Carneiro, son professeur de guitare classique, alors que l’adolescent s’est donné l’autorisation de modifier le rythme et d’ajouter quelques notes à une pièce de Bach. Il est donc temps pour lui d’aller au bout de ses rêves et de s’adresser à un professeur dont la spécialité est le jazz, comme le lui a recommandé le senhor Carneiro. Mais les leçons sont chères. Mais pas assez chères pour qu’Alexandre ne trouve pas une solution.

C’est ainsi que le jeune homme se fera embaucher par Les Soyouz, un orchestre prisé pour animer les bals populaires, les mariages et autres fêtes de rue, dont l’âge de ses musiciens costumés en cosmonautes tourne autour de 60 ans, afin de pouvoir s’offrir ses leçons du mercredi. Il faut parfois ne pas avoir peur de se couvrir de ridicule quand on veut à tout prix réussir. C’est ce que nous prouve Alexandre, qui rêve de jouer comme Django Reinhardt, l’idole de son père et le sien, sans savoir que Reinhardt a aussi un jour de sa vie accompagné un chanteur populaire.

D’une leçon à l’autre, d’un concert à l’autre, d’un dimanche à l’autre (jour de dégustation des plats invraisemblables concoctés par l’amoureux de sa mère), Alexandre prend de l’assurance, s’affirme et ose même improviser, pour le plus grand plaisir de ceux qui l’écoutent et des Soyouz. Ce qui donne lieu à de magnifiques moments de tendresse et de complicité et à autant de scènes des plus loufoques.

Fils de Django vous donnera envie de réécouter les classiques de Django ainsi que d’autres titres proposés par Yann Mens dans une discographie en fin de roman. Et c’est avec un grand sourire que vous quitterez Alexandre : vivre ses rêves est possible.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

Marine et Louisa

Et si, pour une fois, Marine dépassait l’évidence? Si elle allait au-delà des apparences? Si elle ne s’arrêtait pas au fait que Tante Louisa pique quand on l’embrasse? Si elle parvenait à faire fi de l’absence de bonbons chez elle?

C’est ce que Carl Norac dans raconte dans cet album joliment illustré par Claude K. Dubois.

Alors que Marine imaginait d’avance l’horreur de sa journée auprès de sa grand-tante, elle vit une expérience si exceptionnelle auprès de celle-ci qu’elle verra désormais la vieille dame avec de nouveaux yeux. Imprégnés d’une telle tendresse et d’un tel amour qu’il lui aurait été impossible de les imaginer avant que l’orage les réunisse tant elle avait une opinion toute faite sur Tante Louisa et sur les journées passées avec elle.

Un album porté par la poésie des images, qui livre un message que petits et grands devraient retenir : ne pas toujours se fier aux apparences.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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La tête dans le sac

Adèle est si timide qu’elle se sent incapable d’affronter le monde sans se dissimuler. La tête dans un sac. Ce n’est ainsi qu’elle peut passer inaperçue. Sans voir les autres : l’obsédé de l’heure qui a douze montres sur lui, l’homme qui a enfilé plusieurs chapeaux, celle qui porte l’univers sur son dos, celui dont la tête est encagée, ou l’endormie qui traîne sa douche avec elle.

Mais Adèle n’a de temps que pour son propre problème et pour voir à ce que les canards de plastique qui sortent de l’usine où elle travaille soient bien accordés. Elle ne remarque même pas que sa voisine porte ses vêtements devant-derrière par peur de ce qu’on dit derrière son dos. Pas plus qu’elle ne sait que Philémon marche sur ses mains pour ne pas se prendre la tête.

Mais, un jour, elle doit affronter le silence. Un silence si oppressant qu’Adèle pleure toutes les larmes de son corps, ce qui fait pousser des fleurs dans son sac et change le cours de sa vie.

Chacun a un jardin à cultiver.
C’est ce que nous appendra Adèle dans cet album aux illustrations fabuleuses en totale harmonie avec cette histoire à la fois triste et pleine d’espoir qui nous révèle à quel point les différences sont importantes et nous poussent à aller au delà de ce à quoi nous nous restreignons parfois. Par simple peur. Un livre qui donne envie de découvrir tous les albums de Marjorie Pourchet.

De concert avec la nature

Faire connaissance avec le professeur Magnus Philodolphe Pépin, c’est en soi quelque chose, car l’homme a toujours plein d’idées. C’est ainsi qu’en écoutant les oiseaux, il aura envie de chanter et même d’inventer un instrument capable de reproduire chacun des chants de ses amis à plumes. Mais l’instrument est encombrant et notre homme n’est pas tout à fait content des résultats.

Le mélomane n’a qu’une solution : se faire chef d’orchestre et inviter les oiseaux à passer une audition pour faire partie de son orchestre. Réussira-t-il? C’est ce que vous dira cet album des plus ludiques aux illustrations qui ne sont pas sans rappeler les dessins des cabinets de curiosités.

De concert avec la nature : un bel album sur la musique, humoristique et bien documenté, qui devrait plaire aux petites mains… et aux grandes.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

Ma sœur vit sur la cheminée

Ma sœur vit sur la cheminée. Le titre est révélateur. On comprendra tout de suite qu’elle est dans une urne. Le reste, nous l’apprendrons au fil des pages. Que Rose est morte il y a cinq ans. Qu’elle avait une sœur jumelle. Qu’elle était au mauvais endroit au mauvais moment. Comme d’autres, ce jour-là, victimes d’un acte terroriste. Que ses parents ne se sont jamais remis de leur chagrin et qu’ils viennent de se séparer. Que la mère vit maintenant avec un autre homme, que le père a emmené ses enfants loin de Londres, croyant ainsi les éloigner du danger par ceux qui ont détruit la vie de sa famille.

Tout cela nous est raconté par Jamie. Il avait cinq ans au moment du drame et il se ne se rappelle presque pas sa sœur décédée. Comment pourrait-il avoir le même chagrin qu’a son père à la vue de l’une? Comment pourrait-il empêcher son père de boire? Comment pourrait-il faire en sorte que sa mère le visite alors qu’elle semble l’avoir oublié à jamais? C’est à tout cela que se voit confronté Jamie en même temps qu’au cas de conscience que soulève son amitié avec Sunya dont l’orientation religieuse est la même que celle de ceux qui ont revendiqué l’attentat et que Jamie a promis à son père de ne pas fréquenter. Mais quand on est tout seul, peut-on accepter d’être encore plus seul quand on s’attire l’ire et les moqueries des uns alors qu’une main se tend?

Jamie raconte, se questionne, s’inquiète, se demande souvent ce qu’il soit taire, comment il doit agir, s’il peut encore rêver et ce que ferait Superman (son héros) à sa place. Un roman qui n’est pas parfait, mais un des rares destinés aux jeunes qui soulèvent la question du racisme engendré par le terrorisme. Un roman dont le héros n’est pas sans rappeler le héros du film de Lasse Hallström, Ma vie de chien, qui se comparait au chien Laika alors que Jamie se compare à un poisson rouge.

Un livre dont on ne peut sortir tout à fait intact.

Titre pour le Défi Premier Roman

Un papa épatant!

Gabriel adore les bébés, en prendre soin, les cajoler, leur tirer des risettes, leur faire des guili-guili, pousser leur poussette. Tellement qu’il rêve du jour où il sera… une maman, car, à ses yeux, seules les mamans sont aptes et conditionnées à faire tout ça. Ah oui?

Pas si sûr que ça, lui apprendra son papa, en lui montrant à quel point un papa peut être aussi épatant qu’une maman. Ce qui donne lieu à un joli album, tout simple, mais révélateur, à offrir aussi bien aux enfants qu’aux papas et aux mamans. Les clichés ont beau avoir la vie dure, il arrive qu’on puisse les casser, nous prouve cet album des plus réussis signé Brigitte Marleau et illustré par le tandem Fil et Julie.

L’ours de la bibliothèque

Les rayons des bibliothèques nous offrent parfois des surprises au détour de l’un d’eux alors qu’on croyait chercher autre chose ou ne rien chercher. C’est ainsi que j’ai rencontré Otto, un sympathique ours qui adore s’échapper du livre où il habite et se promener plutôt que de rester sagement entre les pages. Il faut dire qu’il y a tant à faire hors de sa « maison ». Mais un jour, à l’occasion d’un déménagement, le livre dont il était le héros a été oublié sous une étagère.

Otto, après quelque temps, ayant compris que personne ne viendrait le chercher et s’ennuyant dans une grande maison vide, décide de prendre la route. Mais peu importe où il va, il ne sent nulle part bien. Jusqu’à ce qu’il franchisse la porte de la bibliothèque municipale et fasse la connaissance d’une multitude de personnages habitant les livres.

Vous tomberez sous le charme dès la première page. Et c’est avec un grand sourire que vous refermerez l’album. Tout a maintenant une explication. Les objets qui ne semblent plus à leur place ont sûrement été déplacés par des personnages pendant votre absence. Et dire que vous n’y aviez jamais pensé!

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2

Le joueur de triangle

Je crois que ça s’appelle un coup de foudre, un énorme coup de foudre. Je ne vois pas d’autre mot pour exprimer ce que j’ai ressenti à la lecture du très album de Gérard Moncomble illustré par Barroux, Les trois notes d’Hyppolite Isocèle, mettant en scène un joueur de triangle qui n’a que trois notes de triangle à jouer et qui s’ennuie tant quand elles ont été jouées qu’il finit par s’endormir. Au fond, même si elles arrivent toujours quand elles doivent arriver, même si elles sont toujours claires, qui les entend? C’est ce que se demande Hyppolite à l’issue d’un concert où il est rentré chez lui triste, parce que « ses ting-ting-ting ne font pas assez de bruit ».

Il n’y a qu’une solution : changer d’instrument. Contrebasse, trombone, harpe, scie musicale, cornemuse et grosse caisse, Hyppolite les essaiera tous et ne trouvera en eux aucune satisfaction, que des désagréments. Ne lui reste plus, vraisemblablement, qu’à abandonner la musique. C’est alors qu’on sonne à sa porte. Tout l’orchestre est là qui le demande. Impossible de jouer sans triangle. Les trois notes sont un point de repère essentiel, aussi importants qu la rosée sur les fleurs.

Les trois notes d’Hyppolite n’est pas qu’un album dédié à la musique, c’est aussi un album sur le rôle de chacun, sur l’importance de de ce rôle, même s’il nous apparaît parfois minime. Un album sensible et émouvant qui est loin d’être dépourvu d’humour, et aux illustrations si belles qu’on aurait presque envie de découper l’album pour les coller au mur. Mais bon, on ne le fait pas. Un livre, ça se transporte et se prête beaucoup mieux que des affiches.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

Les bisous sauvages

Le bonheur, c’est parfois des livres exceptionnels qui nous plaisent de la première à la dernière page. Des histoires toutes douces où l’amour prend toute la place. Des héroïnes pleines d’imagination dont vous vous éprenez tout de suite. Des illustrations belles comme des poèmes.

Le bonheur, c’est parfois l’addition de tout ça. Le bonheur, c’est en ce jour un album de Virginie Jamin intitulé Les bisous sauvages, lequel raconte l’histoire de Lucille qui aime tellement sa maman qu’elle voudrait lui offrir un cadeau à la mesure de son amour. Pourquoi pas une tarte aux bisous sauvages préparée notamment avec amour et humour sur un air de Mozart?

Car le bonheur, c’est d’avoir une maman à couvrir de bisous.

Quand l’amour court

Il sont rares ceux qui s’aiment pour toujours, ceux dont l’amour ne tarit jamais. C’est ce que découvre Paola dont les parents se sont aimés si fort qu’ils ont voulu sa naissance, qui se sont aimés tellement en peu de temps qu’il n’y en a pas eu assez pour qu’il dure. On peut ne plus s’aimer d’amour sans pour cela détester, sans en vouloir à l’autre. On peut s’aimer brièvement, quoi. C’est ce qu’on appelle « l’amour court ».

Le temps d’un album, Thierry Lenain nous parle d’amour, de cet amour court qui va faire des parents de Paola des gens qui se séparent, pour être en mesure d’aimer à nouveau, alors qu’ils ne cesseront jamais de l’aimer, elle. Le temps d’un album il sera aussi question de ciseaux et de roses. Et de comment on accepte le cours des choses.

Quand’amour court est un album d’une grande sensibilité au texte émouvant. Un album destiné aux jeunes, mais que nombre de parents dans la situation de ceux de Paola devraient lire. Pour trouver les mots. Pour aider leur enfant et s’aider aussi. Car ce n’est jamais de gaieté de cœur qu’on admet qu’a sonné l’heure des adieux et où chacun doit maintenant faire sa route sans l’autre.

Thierry Lenain a su trouver les mots justes et Barroux illustrer avec poésie et imagination ce qui n’est pas dit. Ou qu’on n’arrive pas à dire.