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Ses rêves semblent si doux

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Je caresse un livre. Je chante une chanson que je croyais oubliée. Je caresse un livre et je regarde le ciel. Il fait nuit ici et là-bas. Je caresse un livre et je rêve. J’enfilerais bien la robe verte de la lectrice d’Albert Reuss. Ses rêves semblent si doux.

Je l’ai dit, je le redirai

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Je m’habillerais bien en vieille dame sympathique, chapeau sur la tête, comme celle peinte par l’artiste belge Anna Boch, si j’avais un jardin comme le sien. Je l’ai dit, je le redirai : rêver ne coûte rien…

Le café a meilleur goût

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Il y a encore peu de temps, je ressemblais à la lectrice de Terence Almond. Il y avait sur la table un grand bol de café au lait et je tenais un livre entre mes mains. Mais le pays de Lali me faisait de l’œil. Il y a encore tant de toiles à raconter, tant d’histoires qui me brûlent les doigts que je n’ai pas su m’arrêter bien longtemps. Si bien que le livre est resté sur la table et que le bol est désormais à côté du clavier, le temps que je puisse me promener dans ma galerie, que je puisse préparer des billets, que je puisse savourer les commentaires des uns et des autres avec bonheur.

Et vous savez quoi? Le café a meilleur goût maintenant que je le bois ici… Reste à savoir ce qu’il va bien pouvoir m’inspirer!

Comme il serait doux…

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Comme il serait doux de pouvoir s’allonger ainsi à même l’herbe toute l’année durant. Car c’est, entre autres, une des choses s’avérant difficile que celle de ne plus pouvoir le faire à mesure que nous allons doucement vers novembre. Le sol sera de plus en plus froid, de plus en plus humide, et même si on s’allonge sur une épaisse couverture, il n’y aura pas cette douceur qu’octobre nous procure encore.

Et c’est alors que je me mets à rêver à des endroits plus au sud où je pourrais être la lectrice de Will Hicok Low tout l’hiver. Rêver est encore ce que je sais le mieux faire.

Là où il y a des piles de livres partout

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Bien évidemment que je vis dans lieu où il y a des piles de livres partout. Dans le bureau, au salon, dans la chambre. Bien évidemment. Je voudrais vivre autrement que je ne saurais pas. Bien vite, il faudrait que je fasse des piles si jamais il me venait l’envie de tout ranger. Car il y a quelque chose de rassurant dans les piles. Un avenir. Des projets. Des idées.

Et pire, j’aime les regarder. Il y a quelque chose de terriblement vivant dans ces livres en équilibre dont on tire celui du dessous pour retrouver une phrase. Tout peut basculer, mais tout tient bon. Un peu, comme dans la vie. On croit qu’on va tomber. Parfois. Et puis non. La vie et le bonheur sont plus forts que la tristesse ou les griffures au cœur.

*sur une toile d’Anne-Catherine Phillips

Des roses pour Armando

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Si jamais Armando se lève en pleine nuit et qu’il voit son bleu dysfonctionnel, qu’il respire le parfum des roses photographiées tout à l’heure et qu’il sache que j’ai communiqué avec son hébergeur. Et surtout, qu’il ne touche à rien. Il ne peut rien faire pour le moment et surtout il ne doit rien tenter. Il faut laisser le problème entre les mains de ceux qui pourront le régler. Les roses sont pour lui, je crois qu’il risque d’en avoir besoin…

Faut-il vraiment?

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Faut-il lui dire que les livres ne ressemblent pas à la réalité? Faut-il lui dire que ces histoires inventées sont des échappatoires pour échapper à la tristesse de la vie? Faut-il lui dire qu’elle ne trouvera pas de réponses mais encore plus de questions en lisant? Faut-il vraiment?

*sur une toile de Ludovico Marchetti

Une formidable histoire

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Cette peinture vous dit quelque chose, mais vous ne pensez pas l’avoir vue avant? Vous n’avez peut-être pas tort. Vous avez vu la photo qui a inspiré l’artiste Linda McCoy ici même.
This painting looks familiar to you, but you are sure you you haven’t seen it before? You may be right. You have seen here the photograph that inspired the artist Linda McCoy.

Cette toile est née d’une amitié qui se tisse à distance entre Cincinnati et Montréal, de blog à blog, où l’une inspire l’autre depuis un moment.
This painting takes its origin in a friendship built between Montreal and Cincinnati, from a blog to another blog, where their authors inspire each other since a while.

L’histoire est ici. Autant celle qui nous a réunies toutes les deux que celle de cette toile. Prenez le temps de laisser un message à l‘artiste. Même en français. Je lui ferai la traduction.

The story can be read here. The one that got us reunited in the first place as well as the one of the painting. Take time to leave a message to the artist. Even in French. I’ll translate your comments so she can read them.

Le reste est à venir. Un café. Dans une ville ou une autre. Un long après-midi pour faire connaissance. Je vous raconterai.
The rest is yet to come. A coffee, somewhere. An afternoon to chat and spend time together. You will hear about it.

Merci Linda, tu ne peux imaginer à quel point je suis heureuse!
Thanks Linda, you cannot imagine how happy I am!

Ma nostalgie

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On dit parfois de moi que je suis trop nostalgique quand je m’installe dans le monde heureux des souvenirs impérissables. Peut-être bien. Mais si ces traces me permettent d’avancer, me rappellent à quel point j’ai été vivante et me tiennent toujours en vie, pourquoi ne devrais-je pas parfois me laisser emporter par la nostalgie? Pourquoi devrais-je taire des couleurs, des fleurs et des gestes de tendresse qui affluent à ma mémoire en raison d’une date, d’un lieu, d’une chanson ou d’un livre?

La nostalgie n’est pas si triste qu’on croit, qu’on veut nous le faire croire. Pas la mienne. Elle donne au ciel des couleurs quand il est fade. Elle donne au matin du jour dont on ne sait rien l’envie de me faire de nouveaux souvenirs à mettre dans ma boîte à nostalgie. Elle donne au café le goût d’un autre pris ailleurs autrefois. Elle donne aux plis des draps les traces de celui qui y a dormi avec moi. Elle donne à mes yeux de la lumière plus vive que tous les soleils réunis.

Non, ma nostalgie n’est pas triste. Elle est vivante. Elle est goût de vivre. Intensément.

*sur une toile de Jason Waskey

Ce sera un matin de lumière

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Ce sera un matin de lumière, un matin de fleurs et de feuilles colorées. Ce sera un matin de douceur. Parce que j’ai choisi qu’il en soit ainsi et pas autrement. Parce qu’on peut choisir de ne pas se laisser atteindre par les maux des autres certains jours, au risque de ne plus pouvoir marcher parce qu’on a tout pris sur ses épaules. Les maux de ceux qui vous donnent les leurs et qui ne partagent pas les vôtres. Ce que j’ai fait trop longtemps.

Ce sera un matin de lumière. Un véritable matin de lumière. Avec ceux qui partagent avec moi autant leurs maux que les miens, autant leur bonheur de vivre que le mien.

*sur une toile de LaShun Beal