
Réunissez quelques personnes dans une pièce, des collègues de travail, les membres d’une même famille, des étudiants, peu importe le groupe. Il y aura toujours parmi eux, comme dans la toile de Jean Raoux, une personne plus frivole que les autres, un intellectuel, un sportif, quelques autres et surtout un Moi-je. Vous savez, celui qui dit toujours des trucs comme « Moi, à ta place, je… », « Moi, je crois que tu devrais… », « Moi, c’est encore pire ce qui m’est arrivé… », et avant d’interrompre une conversation parce qu’il ne sait pas placer une de ses anecdotes, le classique « Justement ça me fait penser que… » qui n’a absolument rien à voir avec le sujet en cours.
Sachez-le tout de suite, les Moi-je ne constituent pas une espèce en voie de disparition. Et tous les détours que vous prendrez pour qu’ils ne puissent pas intervenir seront tout simplement inutiles. Vous rentrez d’un pays où ils ne sont jamais allés? Qu’à cela ne tienne, ils ont sûrement un oncle qui y est allé. Vous avez loué tel film? C’était bien mieux en salle, vous avez tout raté. Of course. Vous aurez beau dire n’importe quoi, le Moi-je prendra toute la place et effacera toute trace de votre présence.
Et si jamais vous changez de groupe, ne vous bercez pas d’illusions. Il y a déjà un Moi-je qui vous a l’œil…
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