Les vers de Sophia 35
Il a suffi de deux vers, des deux vers d’un court poème de Sophia de Mello Breyner pour que la lectrice de Peter Wilhelm Ilsted soit émue à jamais.
À travers ton cœur passa un bateau
Qui ne cesse sans toi de suivre son chemin
Il a suffi de deux vers, des deux vers d’un court poème de Sophia de Mello Breyner pour que la lectrice de Peter Wilhelm Ilsted soit émue à jamais.
À travers ton cœur passa un bateau
Qui ne cesse sans toi de suivre son chemin
Elle venait de ce pays des rêves où on croit que rien ne peut s’altérer. Où on a la conviction que les sentiments sont immuables, où rien ne peut faire en sorte de les étioler et où les nuages noirs ne font que passer. Elle venait de ce pays qui n’existe pas. Elle n’était qu’un mirage, quelques couleurs sur une toile, un regard qu’on finira bien par oublier.
Car les déesses ne savent être mortelles qu’avec une maladresse telle qu’elle leur coûtera leur vie sur terre.
*sur une toile de Rick Melton
J’ignore si les mercredis au Portugal d’Armando ont le même effet sur vous que sur moi, mais si c’est le cas et que ses promenades dans des lieux qu’il affectionne ont piqué votre curiosité, je crois que j’ai mis la main sur un livre qui va vous permettre de tenir le coup de mercredi en mercredi. Ça s’appelle L’art de vivre au Portugal et ce livre n’est ni plus ni moins qu’un bijou.
Ce n’est pas un guide touristique, mais c’en est un. Ce n’est pas un album de photos, mais c’en est un. Ce n’est pas une suite d’extraits littéraires savoureux, mais c’est aussi ça. Un voyage de l’intérieur qui passe par le cœur. Et qui fait rêver.
Est-il heureux? Est-il heureux maintenant qu’il est devenu quelqu’un, qu’il a un grand bureau dans cette université où il enseigne? Est-il heureux celui qui voulait tant avoir un titre et qu’on le considère? Je me le demande parfois. Même si je sais que je ne saurai jamais. Parce que je n’attends plus cet appel qui devait venir le lendemain pour fixer le jour et le lieu de mon souper d’anniversaire. Il y a de cela plus plus de quinze ans.
Et pourtant, tandis qu’il se préparait à devenir celui qu’il est peut-être devenu, et que nous nous perdions de vue de plus en plus, je savais que tout cela devait arriver. Il avait laissé l’insouciance de ses vingt ans dans une armoire alors que je portais toujours mes jupes paysannes. Et pas de doute que je préférais un sandwich aux tomates fait maison à ces lieux où il fallait être vu en train de manger du caviar.
Est-il heureux? A-t-il enfin trouvé ce qu’il cherchait et des amis avec qui s’afficher? Surtout pas ceux d’avant qui ne savent pas briller en société. Surtout pas. Ils pourraient raconter des traces d’un passé qu’il a dû s’appliquer à effacer. Et que même moi j’ai presque oublié. Presque.
*sur une toile de Martin Arthur Shee
C’était un de ces après-midi d’automne si doux qu’on se croit en plein été des Indiens, alors que la saison n’est pas encore venue. C’était un après-midi d’octobre où tout le monde est dehors, se disant que c’est peut-être la dernière journée douce avant la froidure de l’hiver qui bientôt s’installera. Un après-midi qui avait tout de celui peint par l’artiste Karen Cooper. Un après-midi qui ne se raconte pas, mais dont on se souviendra toujours avec émotion.
Une promenade dans les rues de Saint-Brieuc, ça vous va? Il suffit de suivre Chantal, c’est elle la guide et en plus, elle prend les photos.
Je savais que l’idée de déposer des couleurs au pays de Lali allait aussi séduire notre amie Lilas qui voudrait par la suite nous séduire…