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Livre ouvert sur la chaise

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Livre ouvert sur la chaise dont il reste une quarantaine de pages à lire. Envie de l’étirer, de ne pas le terminer trop vite tandis que les légumes et le poisson cuisent, tandis que le froid fait crisser sous les pas, tandis que tranquillement je prends goût aux vacances.

Mots qui racontent des vies, des rêves, si loin des miens. Écriture foisonnante et pleine d’images. Bonheur de savoir que je les retrouverai tout à l’heure.

*sur une toile d’Antonio Biancalani

La différence

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Je suis entrée dans le tableau de Roger Alexandre hier et je n’en suis guère sortie. Depuis le temps que j’attendais ces heures juste à moi, dans cette solitude que je chéris et qu’on me reproche parfois, trop souvent même. Comme si c’était là une tare. Et pourtant, ne me viendrait jamais à l’idée de relever ses nombreuses sorties à l’un ou à l’autre, pas plus que son amour pour la vie sociale. Pourquoi donc devrait-on sans cesse souligner le fait que je préfère m’isoler des fêtes et des réunions de toute sorte? Est-ce donc si dérangeant la différence?

Ils m’attendaient

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J’ai laissé le pays de Lali vivre sans moi quelques heures. Il y avait si longtemps que je lorgnais ma pile que je l’ai déposée dans mon lit. Puis, j’ai lu un chapitre d’un roman, une nouvelle d’un recueil, quelques poèmes d’une anthologie, et le temps a coulé tout doucement.

Il a arrêté de neiger. J’ai caressé les livres des prochaines semaines, compagnons de mes heures à venir. J’étais heureuse. Et je me suis endormie. Au réveil, les livres n’avaient pas bougé. Ils m’attendaient.

*toile de Steven P. Goodman

J’ai rêvé d’une minuscule maison

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J’ai rêvé d’une minuscule maison sur la plage. Une maison pleine de livres où par une fenêtre entre le soleil et où de l’autre on peut regarder les nuages. Pour musique, il y avait la mer et quelques battements d’ailes et cris de goélands.

J’ai rêvé d’une minuscule maison sur la plage et je suis sortie de la maison avec des livres sur la tête pour aller écouter les vagues de près. J’étais dans une toile d’Emma Bray et personne n’a osé me dire qu’il neigeait ailleurs que dans mon rêve.

Le verbe faire

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Doit-on absolument FAIRE quelque chose de ses vacances? Est-ce une absolue nécessité de faire un programme et de s’y tenir? C’est à se le demander sérieusement. Surtout que quand on me demande ce que je vais FAIRE de mes vacances, je n’ai nulle réponse à donner. Lire est-il faire quelque chose? Écrire est-il faire quelque chose? Prendre des photos est-il faire quelque chose? Regarder le ciel changer de bleu ou de gris est-il faire quelque chose? Si oui, je ferai quelque chose de mes vacances. Sinon, tant pis. Je lirai, j’écrirai et je regarderai le ciel. Sans me sentir coupable de ne rien FAIRE de mes vacances.

*sur une toile de Samuel Gareginyan

Et si la vie est ailleurs…

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Le bonheur est là, dans cette pile qui m’attend et que je caresse tendrement. Dans le fait que je me suis enfermée jusqu’à lundi matin avec elle. Avec de quoi me faire des pâtes, du café et du thé. Et si la vie est ailleurs, je ne veux pas le savoir. Celle que j’ai me suffit.

*sur une toile de Daniel Luna

Un recueil au titre séduisant

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Certains livres sont aussi beaux que des fleurs qui doucement se fanent, mais qui resteront toujours belles, parce qu’offertes avec amour, qui resteront à jamais vivantes et qui évoqueront à jamais ce jour où elles ont été mises dans le vase. Un de ces livres, dont vous avez pu lire un extrait il y a plus d’un an déjà et que vous pouvez relire ici est Traces, le recueil de Marcelle Roy auquel je reviens régulièrement depuis un quart de siècle. Un recueil dont le titre m’avait séduite bien avant que les mots n’agissent sur moi. Et pour quelques jours, je le prêterai aux lectrices du soir afin qu’elles le découvrent et partagent avec vous quelques poèmes. Puisse ce nouveau recueil vous plaire.

*toile de Sarah Franklin Jayne

Dans six jours…

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La lampe est allumée. Le livre est ouvert. Le café est servi. Et la lectrice qui va s’asseoir à la table n’aura pas à sortir affronter le froid. Dans six jours, je prendrai sa place…

*sur une toile de Catherine Pastis Radwanski

Piles qui stimulent l’appétit

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Je lorgne la pile rapportée de la bibliothèque du coin de l’œil. Dans huit jours et huit heures, les vacances. Je lorgne la pile et elle est aussi appétissante que la pomme et les piles de bouquins peintes par l’artiste Nance Danforth.

Peu importe où je la trouverai

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Vais-je croiser la lectrice de Maria Jose Taboas Cabral quelque part? Sera-t-elle en train de lire en surveillant l’arrivée du prochain wagon du métro? À la station Berri-UQAM à attendre quelqu’un dans cet espèce de rond-point où tout le monde se donne rendez-vous? Assise quelque part dans la bibliothèque? Peu importe où je la trouverai, je sais que je chercherai à savoir ce qu’elle est en train de lire.