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La chanson de Ferré

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Livres qui attendent que je les touche, que je les caresse. Livres posés là, sur la table, au milieu des draps, sur le sofa. Livres, partout en attente de mes mains, de mes yeux. Et moi qui vais de l’un à l’autre, insatiable. Parce qu’il y en a tant et que me viennent en tête les paroles de la chanson d’une Ferré.

*sur une toile de Jorge Bayo

Youpi, c’est vendredi!

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Est-ce vraiment la lectrice peinte par un artiste du XIXe siècle qui a dit tout haut : Youpi, c’est vendredi! ou est-ce moi? Peu importe que ce soit l’une ou l’autre, youpi, c’est vendredi! Et dans quelques heures, je pourrai tout comme elle retrouver mes livres et mes toiles…

Là où le bonheur s’est posé pour l’éternité

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Envie d’être ailleurs. Dans une autre lumière. Là où on peut ouvrir les fenêtre et marcher pieds nus. Là où le vent est caresse. Là où, quand il pleut, les gouttes d’eau sont chaudes et douces. Là où on dirait que le bonheur s’est posé pour l’éternité.

Et descendre le store. Ce soir, pas question que je sois ailleurs que dans cette toile de Didier Lourenço.

Parce que tant de livres nous attendent

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Accepter de ne pas finir un livre, alors qu’on ne le faisait pas avant. Estimer que les deux premiers chapitres ont suffi pour qu’on n’étire pas davantage sa lecture. Et rendre le livre à sa pile, parce que d’autres attendent.

Accepter que les livres soient comme des musiques qui nous déplaisent dès les premières lignes autant que les secondes ont cet effet dès les premiers accords. Faire la moue comme on la fait face à un plat mal assaisonné. Ne plus traiter les livres autrement, parce qu’ils sont des livres, et accepter qu’ils puissent ne pas être à la hauteur de nos attentes. Et les refermer sans bruit.

Parce que la vie est courte et que tant de livres nous attendent.

*sur une toile de Donna Marsh

Une dernière fois

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Je les regarderai une dernière fois avant de franchir la porte. Triste de les quitter. Heureuse de les savoir à m’attendre. Rêvant du jour où je n’aurai pas à partir, où je pourrai toute la journée les regarder, les toucher, les parcourir.

Je leur ferai un signe de la main, comme on en fait à des êtres humains. Et je tournerai la clé dans la serrure.

*sur une toile de Joan Massana

Je lui dirais que la vie est plus forte que tout

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Pour Édith Gorren, en son pays du sud-ouest
et à tous ceux dans sa situation, suite aux tempêtes

Un livre serait posé sur le bord de la fenêtre. Les chevalets attendraient que l’artiste ait moins mal face à « ses » arbres foudroyés, écrasés et blessés.
Il y aurait quelques larmes sur les cils de celle qui a quitté Bruxelles pour ce morceau de Gironde devenu son pays d’adoption où elle vieillira.

Il y aurait son silence.
Malgré l’envie de crier, il arrive si souvent d’être muet face à la douleur.

Et puis, il y aurait mes mots qui glisseraient dans la pièce. Mes mots qui lui raconteraient une tempête de verglas tellement importante qu’on l’a appelée la crise du verglas. Je lui parlerais des pylônes qui ont plié sous le poids de la glace, des pannes d’électricité qui ont duré des jours, des militaires qui frappent à chacune des maisons de la ville pour s’assurer que personne n’est laissé dans le froid tandis qu’on installe des abris de fortune.

Et je lui parlerais surtout de ce qui a suivi. D’arbres cassé en deux, de branches qui ont cédé sous le poids de la glace, de sentiers encombrés de branches, d’arbustes et d’arbres déracinés. Je lui raconterais combien j’ai pleuré devant tous ces arbres fauchés par la violence de la nature.

Et puis, je lui dirais que trois ans plus tard, il ne restait pratiquement pas trace de cette tempête, malgré un nombre incalculable d’arbres décimés alors. Je lui dirais que les arbres ont grandi, qu’ils se sont étalés, que de nouveaux ont poussé.

Et puis, je lui dirais que la vie est plus forte que tout. Même si parfois on a peine à y croire.

*toile de Petya Deneva

À l’autre bout du monde

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À l’autre bout du monde, un homme et une femme ont pris la route dans la tempête. Leur fille se bat pour sa vie. Leur petit-fils se bat aussi pour la sienne qui va commencer cette nuit.

Puisse dans quelques heures nous arriver cette nouvelle que tout va bien. Et que le regard de Chantal est aussi attendri et heureux que celui que nous posons sur ces fleurs pleines de vie photographiées par Armando.

Possible ou pas?

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J’aurais parfois aimé avoir une amie avec qui partager mes livres. Avec qui j’aurais lu le même livre en même temps. Qui aurait ri en même temps que moi. Qui aurait pleuré aux mêmes passages. Et qui aurait tout compris sans que je doive lui résumer le livre ou lui expliquer certains passages.

Mais au fait, est-ce possible une telle complicité ailleurs que dans mon imagination?

*sur une toile de Fritz von Uhde

Une photo pour vous tous

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Afin de partager avec vous un peu de mon regard à moi sur les choses et sur la vie.

Un jour viendra…

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Un jour viendra où je serai une vieille dame à la manière de celle de l’illustratrice Mary Engelbreit. Pas plus raisonnable qu’aujourd’hui, bien entendu. Mais avec la liberté de vivre à l’heure que je désire, sans horaire.

Bien entendu que mon lion en peluche sera là pour veiller sur moi : on a signé un pacte pour la vie nous deux. Et bien entendu que j’aimerai toujours le chocolat. Et regarder par la fenêtre. Et bien entendu que j’écrirai encore. Et qu’il faudra bien que je me décide à enseigner à Fred le lion les rudiments du ménage!