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Le masque

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Quel masque couvre parfois notre regard? Quel visage présentons-nous à autrui? Y a-t-il des jours où on voudrait se voiler les yeux? Questions qui surgissent quand nos yeux parlent trop et ceux des autres pas assez. Questions qui surviennent quand quelqu’un semble lire en nous et que nous ne percevons pas ce que cache certains yeux fuyants.

Et tant pis si je suis un livre ouvert, je laisse les masques aux autres.

*sur une toile de Carrie Ann Baade

Morceau de bonheur

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Peu à peu, la lumière gagnera la pièce. Une pièce minuscule, qui n’a rien à voir avec le décor peint par John Hubbard Rich. Où il n’y a pas ce meuble dont je rêve, et que j’aurai peut-être un jour, mais la table ronde autour de laquelle nous nous attablions autrefois et qui est devenue ma table de travail. Une table où tout s’empile. Livres du moment, notes de la semaine, des enveloppes, des stylos. Des magazines. Et quelque part, les clés que je chercherai lundi au moment de partir.

Oui, peu à peu la lumière prendra toute la place. Et je serai là à ma table. À écrire. À réduire des photos. À chasser de nouvelles toiles. À me promener ailleurs. À rêver. Et cette pièce sera ce qu’elle est jour après jour : un morceau de bonheur.

Pose près de la fenêtre

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Il ne me faudra pas partir plus tôt, ni affronter le froid, ni descendre les marches du métro, ni aller jusqu’au centre-ville et pas plus marcher encore dans le froid. Je ne devais pas aller au bureau aujourd’hui, mais dans une tour à étages pour une formation. Or, celle-ci est reportée au mois de mars et j’ai décidé de prendre quelques heures de récupération dans ma banque. Je n’aurai donc pas à quitter ma fenêtre et la pose de la lectrice d’Arseny Semionov. Bonheur!

Bien sûr qu’elle rêve

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Bien sûr qu’elle rêve. Les mots font toujours rêver. Ils nous emportent sur des plages de souvenirs qui se réveillent et nous révèlent une part de nous-même qu’on croit parfois oubliée. Bien sûr qu’elle rêve. Les mots sont là pour nous emmener ailleurs et nous faire vivre. Bien sûr qu’elle rêve. Bien sûr que je lui ressemble.

*sur une toile de Patrick Gibbs

À la mesure de nos rêves

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Quand on sait d’avance qu’il va faire très froid, que les journées à venir seront probablement les plus froides de l’hiver, qu’on a peine à voir dehors tant la vitre est givrée, on se met à rêver de printemps, de vert à la place du blanc. Et on se laisse bercer par les couleurs de l’artiste Richard Meyer qui a peint un décor à la mesure de nos rêves tandis qu’on attend patiemment le premier bol de café de la journée.

Ah!

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Ah! comme je resterais là avec mes mots, mes cahiers et mes livres ce matin. Ah! comme je serais bien à regarder la neige dehors plutôt que d’aller au bureau. Ah! comme me semble doux le décor peint par l’artiste Anzil et qui me donne envie de ne pas bouger… Il y a des matins où il serait bon d’avoir un clone, vous ne trouvez pas?

Enfin chez soi!

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Il n’y a presque pas de bonheur plus grand que celui d’être enfin chez soi, après avoir traversé une tempête de neige qui sévit encore et qui durera toute la nuit. En effet, je peux, telle la lectrice peinte par C. Michael Dudash la regarder désormais par la fenêtre. Et ça, c’est véritablement un bonheur. Auquel s’ajoutent le livre en cours de lecture et le café qui sera bientôt prêt. Oui, bonheur. Gagné durement. On ne rentre pas chez soi en criant ciseaux quand tout est à ce point enneigé!

Ce soir, je rêve

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Ce soir, je rêve. Ce soir, je suis entrée dans le tableau peint par l’artiste d’origine cubaine Lupe Lawrence et je n’en sortirai pas. J’entends la mer et j’ai ouvert le livre qui était là.

On y parle d’ailleurs, de voyages au long cours et de marins téméraires. On y parle de pays à découvrir, on y parle de couleurs et de musiques. Et je rêve. Je ne sais pas le titre du livre. Le sel semble l’avoir effacé. Je ne sais pas le nom de l’auteur. Le vent a emporté son nom.

Ce soir, je rêve. Le livre qui était là m’emmène sur des mers agitées. Et un oiseau au loin semble crier mon prénom.

Livres immobiles

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Les livres ne bougeront pas. Ils resteront là, dans le décor peint par Marilyn Webberley. Ils attendront que je rentre. J’ai déjà hâte.

Que chaque jour de 2009 soit un cadeau!

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Que chaque jour de 2009 soit un cadeau et puissent vos yeux ne jamais cesser de voir ainsi chaque journée qui s’offre à vous. Tel est mon souhait, amis lecteurs du pays de Lali, où que vous soyez, en train de fêter, de dormir ou de guetter le jour à venir, alors que l’horloge grand-père de mon enfance sonne les douze coups de minuit chez mes parents.

Oui, que chaque jour soit un cadeau, même si certains jours vous trouvez l’emballage un peu froissé ou le ruban mal assorti, même si parfois la boîte vous semble vite ou trop lourde à porter, même si certains matins vous direz « La vie n’est pas un cadeau » ou « La vie ne fait pas de cadeaux ».

Oui, que chaque soleil qui se lève soit un cadeau. Que chaque café du matin soit un cadeau. Que chaque rire d’enfant soit un cadeau. Que chaque regard attendri soit un cadeau. Que chaque Je t’aime entendu ou prononcé soit un cadeau.

C’est là ce que je vous souhaite. C’est là ce que je me souhaite.