On peut sentir d’avance que l’émotion nous gagnera quand on ouvre un recueil de poèmes. Du moins, la lectrice peinte par Hans Thoma le pressentait, elle qui attendait son tour d’ouvrir l’anthologie d’Alain Bosquet. Elle ne savait juste pas à quel point elle serait touchée. Par ce poème, particulièrement.
Quel poème
Quel poème
M’abritera, me connaîtra par cœur,
Saura mon âge et ma frêle césure,
Et mon destin, le mètre de mes stances,
Ma chute enfin dans un vers éclatant?
Ah! qu’il m’écrive un peu mieux que moi-même
Et qu’il m’offre – oh! non, pas l’évasion,
Mais la maison faite d’imaginaire,
Vaste, si vaste, où loger l’Inconnu.
Il me peindrait à sa guise en langage,
En clair-obscur, en soleil, en étoile,
ou figuré, lettrisé, tout en rimes,
En assonance, en dissonance, ou même
Sans foi ni loi, avec des mots qui s’aiment,
Mots irisés confondant leurs lumières
Et permettant l’infini des lectures
À tous ceux-là qui me caresseraient.











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