Admin:
Archives:
juillet 2026
D L M M J V S
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  
Un jour où ma vie ressemble à une toile

antipova-eugenia-3.jpg

Et peut-être que la vie ressemble à une toile d’Eugenia Antipova, avec une pile de livres sur une table, le ciel qui s’est gavé de lumière, le vent qui est enfin tombé après avoir hurlé presque toute la journée d’hier, la cuisine qui sent le café et des oiseaux dont je ne connais pas le temps qui se racontent des histoires sur le bord de la fenêtre du bureau, tandis que des écureuils, plus bas, cherchent sans trouver où ils ont pu dissimuler les provisions d’il y a quelque temps.

Oui, au fond, peut-être bien que la vie ressemble à cette toile.

Celles dont je suis issue

macleod-este.jpg

Si toutes les femmes du jour m’ont apporté quelque chose, m’ont inspirée, m’ont révélé des parts de moi, ont éveillé mes goûts, ma curiosité, ma sensibilité, elles n’ont fait qu’être là, sur mon chemin, un chemin que je n’aurais peut-être pas vu ni suivi s’il n’y avait eu avant elles deux femmes.

L’une musicienne, mélomane, qui était à la tête du secrétariat composé d’une quinzaine de femmes de la plus importante étude de notaires de l’époque, qui fréquentait musiciens et poètes; elle, la militante pour le droit de vote des femmes et qui n’aurait jamais toléré que sa fille ne puisse pas faire les mêmes études de son fils; elle qui a vécu tant de changements entre 1891 et 1968; elle dont je porte à l’annulaire gauche la bague que mon grand-père lui a offerte il y a un peu moins d’un siècle; Marthe, ma grand-mère.

L’autre, sa fille, aussi musicienne et qui dessinait encore quand j’étais enfant, pharmacienne; elle, qui m’emmenait au musée et au théâtre, à la bibliothèque et dans les librairies; elle qui aimait (et qui aime toujours) la musique, si bien qu’il y aura toujours dans ma mémoire les airs que j’écoutais en faisant mes devoirs; elle, présente et aimante au quotidien; Michelle, ma mère.

*toile d’Este MacLeod

Sans me lasser

applebee-frank-woodberry.gif

Je peux passer des heures à fureter sur la toile. Tellement d’heures que j’oublie les aiguilles des horloges, parce que je m’attarde ici et là, parce que je vais de lien en lien à la recherche de textes qui me parleront, à la chasse de toiles ou de sculptures qui se raconteront ou à partir desquelles je prendrai des chemins insoupçonnés question de les faire vivre. Oui, je puis, telle la lectrice de Frank Woodberry Applebee, aller de site en site, comme elle va de page en page. Sans se – me – lasser.

Certaine d’une seule chose

holmes-keith-1.jpg

On pense avoir tout prévu. Le livre en cours, un livre d’avance, une tasse de café, le fauteuil, un éclairage feutré et un peu de musique. Tout pour que débutent en douceur les vacances. C’était sans compter la fatigue accumulée et l’aménagement trop douillet. Si bien que gagnée par le tout, je me suis réveillée des heures plus tard, le livre au sol, la tasse quasi pleine. Nous étions au beau milieu de la nuit. Certaine d’une seule chose : j’étais en vacances.

*sur une toile de Keith Holmes

Peut-être…

anikeev-mikhail-korneevich.gif

Peut-être fallait-il que je retrouve le pays de Lali, le silence, les livres, pour que tout doucement la vie reprenne ses couleurs… Peut-être aussi est-ce un signe qu’il est temps que je prenne quelques jours de congé… Peut-être est-il temps que j’entre dans la toile de Mikhail Korneevich Anikeev… Oui, peut-être. Voire même, sûrement.

Vous comprenez?

connolly-emma.jpg

Tu es sûre que la traduction de to focus, ce n’est pas le verbe focuser?
Tu as changé particulier pour spécifique, tu trouves pas que t’exagères?
Moi, je n’aurais pas traduit ça comme ça!

Non, le verbe focuser n’existe pas. C’est un de ces affreux anglicismes qui truffent une telle quantité de documents venus de partout que les gens ont fini par croire que ce verbe existe vraiment. Non, spécifique et particulier ne sont pas des synonymes. Non, ils ne sont pas interchangeables. Non, non. Et non, je n’exagère pas.

Bien sûr qu’il n’aurait pas traduit ça comme ça, il n’est pas traducteur. D’ailleurs, est-ce que je lui dis comment faire de la comptabilité sous prétexte que je sais compter, alors que vraisemblablement, il pourrait mieux traduire que tout traducteur? Je n’oserais pas, pas plus que je ne dirais au chef que ça manque de coriandre, parce que je sais cuisiner. Pas plus que je ne prendrais le volant d’un autobus, même si je conduis depuis 30 ans. Comment se fait-il donc que tout le monde sache traduire, dites-moi?

Voilà pourquoi certains jours, dès la fin de l’avant-midi, je ne rêve que de rentrer, d’ouvrir un livre et de ne parler à personne. Vous comprenez?

*toile d’Emma Connolly

Début de semaine

roberts-ian.jpg

La semaine commence tout juste et pourtant j’ai déjà hâte à jeudi, 17 heures, aux longues journées de congé qui vont m’attendre jusqu’au lundi 16 mars. Des journées à écrire, à lire, à me laisser bercer par la musique, à me promener si le temps s’y prête, à rêver… Oui, la semaine n’en est qu’à ses débuts et j’attends déjà impatiemment le moment où j’entrerai dans la toile de l’artiste canadien Ian Roberts.

Les dates clés

oretsky-barry-1.jpg

Il y a toujours dans la vie des dates clés, inévitables, auxquelles on revient toujours. Des dates qui ponctuent le rythme régulier de nos jours parce qu’elles ont modifié le cours de notre existence pour un certain nombre de raisons. Des dates incontournables. Qui, chaque fois qu’elles reviennent, nous confirment qu’un jour il y a des années on a choisi de vivre plutôt que de mourir à petit feu. Et qui font que la pluie qui fouette la fenêtre, malgré la violence de certains orages, sera toujours douce. Tellement douce.

*sur une toile de Barry Oretsky

Bonheur d’un vendredi à la maison

moeller-stan-3.jpg

Bonheur d’un bol de café chaud. Bonheur aussi d’un peu de confiture aux poires et à la vanille sur une tranche de pain. Et bonheur de regarder la pile de livres rapportés de la bibliothèque hier soir, avec une gourmandise non feinte.

Bonheur d’un vendredi à la maison.

*toile de Stan Moeller

Tu penses trop!

prinz-rivka.jpg

Tu penses trop.
Y as-tu réfléchi?
Arrête de penser à ça.
As-tu pesé le pour et le contre?
Tu es certaine de ça?
Tu te mets à off des fois?
Comment peux-tu croire ça?
Tu penses trop, je te l’ai déjà dit.

Ça vous rappelle quelque chose? C’est qu’à vous, comme à la lectrice de l’artiste Rivka Prinz, on pose aussi ces questions. Où on vous dit que vous pensez trop.

Il suffit d’ouvrir un livre pour cesser d’entendre tout ça…