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Juste pour vous voir sourire

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C’est un matin de lumière, un matin de lectrices heureuses. Un matin de douceur et de tendresse à partager. Un matin où j’installerais des toiles pour vos yeux et vos mots, en oubliant d’aller travailler. Juste pour que vous soyez heureux aussi. Baignés de douceur et de lumière, comme le sont les lectrices de Dan McCaw. Souriants. Comme moi.

C’est un matin où je n’ai pas envie de quitter de mon île. Un matin où je resterais avec vous, où je vous offrirais des toiles et des photos. Sans fin. Juste pour vous voir sourire. J’ai encore trois quarts d’heure pour faire tout ça. Bonheur.

Sans précipitation

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Je regarde le désordre de la cuisine. Je regarde les piles du salon. Il y a une espèce d’harmonie dans ces désordres complémentaires, dans cette vie bohême. En moi, une envie de ranger. En moi aussi, une envie de ne rien faire. De m’asseoir comme la lectrice de Brian Baker, la porte ouverte et de laisser le temps couler sans précipitation…

J’adore les dimanches

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Je relis les mots nés de votre imagination. Je les relis une dernière fois. Toujours avec émotion. Parce que c’est un tel cadeau que vous me faites de vous laisser séduire par une toile, de partager ce qu’elle vous livre.

Je relis les textes de cet En vos mots de dimanche dernier que je validerai dans peu, la tête penchée, comme celle de la lectrice de Claerwen James. Je suis heureuse. Vraiment. Heureuse de ce projet fou. De ce qu’il a donné. Heureuse de la toile du jour qu’il me tarde d’accrocher. J’adore les dimanches.

Dans mon monde

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J’ai vraiment trop peu écrit cette semaine. Trop peu. Alors qu’il y a atant de toiles à raconter, tant d’histoires qui se précipitent au bout de ma plume. Mais j’ai passé tellement de temps à rêver, à me laisser bercer par les mots des autres que la semaine a filé. Et il me semble ce soir être en manque. En manque de ce plaisir si fort que l’écriture me procure et à nul autre comparable.

Il fait pourtant si chaud qu’on a peine à bouger. J’ai noué mes cheveux sur ma tête dans un savant désordre, c’est-à-dire avec quelques mèches qui tombent d’un faux chignon. Mais nul ne les voit que mon lion en peluche qui est habitué à mes excentricités.

Il ne dit rien. Il me voit sortir mes plumes et m’installer. Il sait que pour les prochaines heures je suis entrée dans la toile de Nancy Chaboun. Inatteignable. Dans mon monde.

La vie est douce

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Il y a toujours un peu de moi dans la toile du samedi matin. Toujours un peu de moi dans celle qui lit ou qui écrit en buvant son café. Et sûrement beaucoup de moi dans la liseuse de Susan E. Roden dans la lumière incertaine de ce samedi avant-midi alors que le soleil valse avec les nuages, ne sachant trop s’il doit leur laisser la place ou les pousser ailleurs.

Le café est bon, les croissants aussi.

Je saurai toujours me réjouir des petites choses anodines, je suis ainsi. Tant pis si ça dérange certains, tant mieux si ça convient à d’autres.

Je vois le petit morceau de soleil faisant son chemin là où d’autres voient du gris. Et comme la vie est douce ainsi.

Les toiles où je me glisse

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Toutes les toiles pourraient porter le titre À la recherche de soi.

Recherche de moi en elles, recherche d’elles en moi. Flairjoy a tout à fait raison. Je ne fais que ça, tenter de parler de moi à travers elles, tenter de percer leurs secrets qui sont souvent les miens. Et souvent je reste au bord de celles-ci, incapable d’y entrer ou alors je m’y installe si bien que je ne veux plus les quitter.

Oui, décidément, dans sa grande sagesse, Flairjoy a su deviner quelque chose de Lali. Quelque chose qui se cache aussi dans la toile de Jean Pierre Muller. Quelque chose qui est dans ce flou, dans cette clarté et cette distorsion combinés. Dans cette lectrice dont on devine les contours. Dans cette lectrice qui se livre un peu. Dans les couleurs des émotions. Dans cette espèce de mosaïque où tout de moi s’entremêle. Où je me glisse, intruse et chez moi en même temps. Comme dans chacune des toiles.

Un dimanche matin comme le mien

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Sunday morning. Dimanche matin. L’artiste Ellen Dreibelbis ne pouvait trouver meilleur titre pour décrire ce moment intime entre la lectrice et les pages qu’elle tourne, le café qui a ce goût que seul celui du dimanche possède et ce rai de lumière qui va jusqu’à elle. Cette toile dans laquelle je n’ai pas besoin de chercher à entrer, parce que j’y suis déjà.

D’une boulimie à l’autre

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Ces toiles que j’accumule, que je classe et qui m’inspirent auraient-elles remplacé la passion que j’avais pour les cartes postales ? Suis-je tout simplement passée d’une boulimie à une autre malgré ces cartes que je ramasse toujours, mais avec moins d’intensité, et qui sont elles aussi rangées dans une vingtaine de classeurs ?

Les tableaux ont toujours suscité en moi des images, des mots, des poèmes. Les cartes postales attisaient mes rêves de partir. Elles le font encore. Une carte postale d’Écosse expédiée par ma filleule et une des gorges du Tarn envoyée par Myriam en sont la preuve. Je me suis mise à voyager dans ma tête.

Or, les tableaux me font eux aussi vagabonder ici et là. Mais ils font davantage. Ils me font écrire, ce que les cartes postales n’avaient pas réussi à faire. Et c’est peut-être pourquoi ils ont pris dans de place, pourquoi je puis passer des heures pour trouver ne serait-ce qu’une seule toile qui ne fasse pas déjà partie de ma galerie.

La lectrice de Vickie Bailey Ebbers semble elle aussi perdue au pays des toiles. Ira-t-elle jusqu’à écrire ce que l’une d’elles lui souffle à l’oreille ?

La pause

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Et puis, à un moment donné, elle retire ses lunettes et arrête d’écrire, cesse d’ouvrir des dictionnaires ou des encyclopédies, éteint même l’ordinateur derrière elle. Toutes ces choses que je n’arrive pas à faire. Enfin, jamais vraiment. Même s’il m’arrive de rester là, prostrée, à rêver. À imaginer des histoires, à inventer.

L’ordinateur est ouvert en permanence, si d’aventure je voulais écrire, les dictionnaires traînent partout, et il doit bien y avoir six ou sept paires de lunettes éparpillées entre la chambre et le bureau.

Je ne suis pas de celles qui savent s’arrêter et mettre leur esprit en veilleuse. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais je n’y arrive pas. Il y a toujours quelque idée qui traîne dans ma tête, quelque rime à noter, quelque mot dont il me faut chercher tous les sens.

Au fond, la lectrice de Mark Fleming est peut-être en tous points pareille à moi. Et c’est à une des rares pauses de son esprit que nous avons droit ici.

Dans cinq minutes, elle aura à nouveau les lunettes sur le nez et un livre sera ouvert devant elle.

Autour de moi

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Ma sœur fait pousser des fleurs, ma collègue Marie-Eve sillonne les pistes cyclables, ma mère invente des recettes de confitures. Certains de mes amis croquent tout ce qui les séduit et laissent des traces ici. D’autres dessinent quelques rimes sur papier bleu. La plupart lisent. Certains étalent des couleurs sur des toiles. D’autres encore scrutent le ciel. Certains nagent dans des lacs. Quelques-uns collectionne les musiques.

J’aime qu’autour de moi il y ait ces gens passionnés par la vie et par quelque chose en particulier, ou par tout ce qui vibre et gravite et fait bouger le cœur.

J’aime que dans nos différences nous nous ressemblions par nos passions et notre goût pour les choses simples.

J’aime ce café glacé que je viens de prendre en rêvant devant des toiles, alors que quelque part dans un café, la lectrice de Robin Cheers en boit peut-être un elle aussi en laissant quelques mots sur une page.