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Ce soir, une lampe éclaire le bureau

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Il faudrait changer l’interrupteur du bureau. Je vis dans le noir depuis des semaines. Mais je me suis habituée à cette noirceur dès la nuit tombée. Elle m’est devenue si familière que j’ai fait d’elle ma complice des soirées d’écriture et de lecture.

Mais ce soir, j’ai dérogé à mes habitudes. Je suis allée chercher la lampe portative que j’ai récemment achetée pour lire tranquille au salon, et l’ai apportée ici. Pour donner au lieu une lumière qui ressemble à celle de la table de la lectrice de Carmen Gomez Junyent. Et le décor n’est plus pareil. Plus chaleureux. Moins vide. Parce que j’ai recommencé à empiler des livres sur le secrétaire où s’installait chaque soir Armando pour trier ses photos du jour. Pour me rappeler que je suis à nouveau seule. Qu’il me faut apprivoiser cet état après des jours et des jours à trois. Des journées et des soirées inoubliables.

Ce soir, une lampe éclaire le bureau. Les CD déplacés du salon au bureau sont restés dans une pile. Je n’ai rien déplacé. Dans quelques jours, je les prendrai un par un. Pas tout de suite. J’aime encore trop la présence, les traces du passage.

Ce soir, une lampe éclaire le bureau, les livres. J’ai fait du café comme tous les soirs. J’ai failli faire deux bols, j’en avais pris l’habitude.

Premier matin du premier jour

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Premier matin du premier jour. J’ai envie de faire comme la lectrice de Boris Mikhailovich Lavrenko et de remplir la table. Peut-être pour taire le vide. Peut-être pour m’appropier les lieux à nouveau. Sûrement pour les deux. Enfin, je crois. Je ne sais pas.

Premier matin du premier jour. Où plus rien ne sera pareil. Où je sais seulement que je suis heureuse, malgré les kilomètres qui nous séparent. Malgré les vacances qui se terminent.

Premier matin du premier jour. Je sais que je serai toujours heureuse.

Je rêverai de Bruxelles

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Dans quelques jours, j’entrerai dans le tableau de Stephan Giannini. Il n’y aura plus de déjeuners à trois. Plus de projets autour du café du matin. Plus rien de ce qui donne aux jours un parfum d’éternité.

Il y aura à nouveau un seul bol de café, des toiles à raconter. J’aurai sûrement la tête dans les nuages devant un texte à traduire. Le cœur qui bat plus fort en passant devant ces endroits où nous nous sommes arrêtés.

Et je rêverai de Bruxelles.

Les mains d’une lectrice

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Les vacances continuent.

Armando prépare son matériel de photographe.
Matin après matin. Comme un rituel.
Sous mon regard complice.
Parce que peut-être, au détour d’un coin de rue, un lecteur ou une lectrice l’attend peut-être.

Les toiles peuvent attendre quand l’amitié est là, au quotidien.

Trésors inestimables

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J’aime traîner dans les librairies d’occasion, à la recherche de livres d’art, de romans prêtés que j’aimerais relire et qui ne sont jamais revenus à leur destinataire, à l’instar de la lectrice d’Elaine G. Coffee.

Il aime flâner au pays des disques à la recherche de trésors que lui seul semble connaître. Et quand il met enfin la main sur ce qu’il n’espérait plus, sur ce qu’il attendait, malgré tout, il en oublie presque de respirer et ses yeux se mouillent d’émotion. Tenir l’objet convoité depuis des millions d’années contre son cœur constitue pour lui la plus grande des joies. C’est arrivé hier. Plus d’une fois. La pêche a été miraculeuse. Même s’il fallait pour ça lancer la ligne il y a quinze ans, attendre et la sortir de l’eau dans une autre ville.

Ces trésors sont inestimables. Et pourtant, Armando les a partagés avec moi.

Avoir trouvé ces pièces de collection, les avoir caressées, semble lui suffire. Parce qu’il sait que je prendrai soin des raretés de Peyrac dont je ne savais rien avant qu’il ne me les montre, qu’il ne me les offre pour que je sois la gardienne d’une partie de la collection la plus complète de l’artiste, une collection érigée à même l’amour qui n’attend rien en retour. Sauf peut-être le bonheur du partage.

Lire ou faire le ménage ?

liremenage

Je sais que je devrais ranger. Un peu. Parce que je n’ai pas fini et que j’attends de la visite demain. Je le sais. Comme je sais aussi que je dormirai peu parce que je suis fébrile.

J’adore les aéroports, j’adore aller y chercher des gens que j’aime, j’adore ces moments où ils entrent dans mon quotidien. Où il n’y a plus 6000 km entre nous. Où le café n’est pas virtuel. Où les bisous sonnent quand on les posent sur les joues. Plus que 16 heures avant tout ça.

Je sais que je devrais ranger. Je sais que je vais le faire. Tantôt. Encore une page. Encore une toile. Encore un café…

Avec pour complices le soleil et le vent

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Elle n’a pas pris la peine de fermer son peignoir. Nul besoin. Elle ne dérange personne. Et le petit vent peut se glisser sur sa peau encore humide.

Il fait bon les matins caressants. Surtout quand on est en vacances. Surtout quand JE suis en vacances et que je puis prendre mon temps comme le fait la lectrice de Paddy Campbell. Dans un peignoir, une robe ou en tenue d’Ève. Avec pour complices le soleil et le vent.

L’incurable rêveuse

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Quelques fleurs qui s’allument… Vous. Si nombreux à avoir envoyé des messages, des courriels, des cartes que je ne vous nommerai pas. Vous vous reconnaîtrez.

Vous illuminez ce jour d’anniversaire pluvieux.

Vous êtes chacun d’entre vous un cadeau de la vie, à votre manière. Indispensables à mon sourire. Même si certains messages ont mis un peu d’eau dans mes yeux. Pas des larmes. Mais une telle émotion qu’elle chavire le cœur.

Je ne vieillis pas en ce 16 août. Je ne deviens pas plus sage, non plus. Je reste une incurable rêveuse…

MERCI d’être là, pas loin.

Les écrivains et leurs personnages

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J’ai longtemps interviewé des écrivains. De 1984 à 1995, en fait. Une des choses qui les fascinait était cette propension naturelle des gens à les confondre avec les héros de leurs livres, alors que la plupart du temps, fiction et réel étaient deux mondes parallèles. Je dis bien la plupart du temps, puisqu’il y avait des exceptions il va sans dire.

En fait, la différence est mince entre imaginer le héros modelé de toutes pièces comme étant l’auteur lui-même et tous ces comédiens qu’on interpelle par un prénom qui n’est pas le leur mais celui du personnage qu’ils interprètent.

Pourtant, les écrivains sont très rarement les propres personnages de leurs livres. La majorité de ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer me l’ont souvent dit. Avec ce besoin vital de se dissocier de leurs héros. Préférant mettre l’accent sur l’anecdote qui avait été l’élément déclencheur avant même que de trouver le personnage, dans bien des cas. D’autres me disaient que les personnages étaient ceux de leur propre vie mais déformés, vus à la loupe ou parfois même composés d’un mélange de gens.

Comme j’ai aimé être aux premières loges pour entendre ces confidences. Comme j’ai aimé leur façon de me livrer quelque secret d’écriture. Comme j’ai appris d’eux.

Si bien que je suis en mesure, aujourd’hui, alors que je m’installe pour écrire, comme le fait l’écrivaine d’Otto Neudert Sr, de m’inspirer de leurs leçons. De laisser les personnages se raconter sans tout décider d’avance de leurs gestes et de leurs pensées. En me détachant d’eux pour mieux les laisser vivre sans m’interposer.

Oui, parfois, il m’arrive de me glisser dans un texte de fiction inspiré par une toile. Parfois. Mais en général, il ne s’agit pas de moi. Mais de ce que les personnages me chuchotent à l’oreille.

Ma seule crainte est qu’ils se taisent un jour.

Les bancs sur ma route

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Plus que quelques heures et je pourrai faire autre chose que regarder avec envie les bancs sur mon chemin. Plus que quelques heures et je pourrai les essayer tous, si l’envie m’en prend. Celui de la lectrice de Dimitris Voyiazoglou, comme les autres. Tous ceux sur ma route. Sans me préoccuper des minutes qui s’égrènent. Sans penser au temps qui nous pousse dans le dos. Sans rien de cela. Je serai en vacances.