L’imagination n’est pas, comme le suggère l’étymologie, la faculté de former des images de la réalité; elle est la faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui chantent la réalité. (Gaston Bachelard)
*toile de Morteza Katouzian
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L’imagination n’est pas, comme le suggère l’étymologie, la faculté de former des images de la réalité; elle est la faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui chantent la réalité. (Gaston Bachelard)
*toile de Morteza Katouzian
L’abandonnée
Ah! si vous étiez mort! de mon âme meurtrie
Je ferais une tombe où, retraite chérie,
Mes larmes couleraient lentement, sans remords,
Que votre image en moi resterait radieuse!
Que sous le soleil mon âme aurait été joyeuse!
Ah! si vous étiez mort!
Je ferais de mon cœur l’urne mélancolique
Abritant du passé la suave relique,
Comme ces coffrets d’or qui gardent les parfums,
Je ferais de mon âme une ardente chapelle
Où toujours brillerait la dernière étincelle
De nos espoirs défunts,
Ah! si vous étiez mort, votre éternel silence,
Moins âpre qu’en ce jour, aurait votre éloquence,
Car ce ne serai plus le cruel abandon,
Je dirais : « Il est mort, mais il sait bien m’entendre,
Et peut-être, en mourant, n’a-t-il pu se défendre
De murmurer : Pardon! »
Mais vous n’êtes pas mort! ô douleur sans mesure!
Regret qui fait jaillir le sang de ma blessure!
Je ne puis m’empêcher, moi, de me souvenir,
Même quand vous restez devant mes larmes vraies,
Sec et froid, sans donner à mes profondes plaies
L’aumône d’un soupir!…
Ingrat! vous vivez donc quand tout me dit vengeance!
Mais je n’écoute pas! À défaut d’espérance,
Le passé par instants revient, me berce encor…
Illusion, folie, ou vain rêve de femme!…
Je vous aimerai tant, si vous n’étiez qu’une âme.
Ah! que n’êtes-vous mort!
Virginie Sampeur
(dans Terre de femmes de Bruno Doucey)
*choix de la lectrice de Bruce Bingham
On ne peut jamais tourner une page de sa vie sans que s’y accroche une certaine nostalgie. (Ève Bélisle)
*toile de Giuseppe De Nittis
C’est un très beau recueil que la lectrice du peintre belge Gustave De Jongue a ouvert ce soir. Un recueil qui m’a séduite dès sa préface signée Bruno Doucey, lequel a réuni dans Terre de femmes. 150 ans de poésie en Haïti des textes marquants de cette poésie trop peu connue, voire même presque inconnue. Un recueil qu’elle a eu envie de faire connaître aux lectrices du soir, sitôt qu’elle a pris connaissance de ces vers de Marie-Thérèse Colimon :
Ce qui restera
Lorsque l’on aura joint mes mains sur ma poitrine
Et que le cher foyer qui protégea mes yeux
Retentira soudain, ô ma maison câline,
D’affreux sanglots d’effroi, de plus sombres adieux
À quoi me servira d’avoir lu tant de livres,
À quoi me servira d’avoir aimé les fleurs,
Si tu ne sens ton cœur plein d’échos lourds et ivres
Et d’avoir lu mes vers, tes yeux baignés de pleurs?
L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. (Delphine de Vigan)
*dessin d’Henri de Toulouse-Lautrec
combien de vies écrites sur la paume de ma main
chaque mot un sillon
un morceau de terre labourée en bonne calligraphie
un seul trait
sans temps
simultané
avec les mains ces mains
j’enfonce les doigts dans tes pas
je serre les histoires quotidiennes
je griffe ton salut sur le seuil
et j’offre la trace d’un souvenir
que je garde attrapé comme une tempête
dans le poing
Monica Mansour, Poèmes
*choix de la lectrice de Pierre Cornu
Afin de piquer la curiosité de la lectrice peinte par Emilie Lindenbergh, je l’invite à parcourir ce billet de Jean-Paul Lessard qui, j’en suis convaincue, lui donnera envie de lire sans attendre les 27 nouvelles du recueil de Claire Martin (qui a fêté ses 98 ans il y a quelques semaines), Avec ou sans amour.
Au lecteur peint par Elizabeth Peyton, j’ai envie d’offrir quelques extraits du Fou de l’île de Félix Leclerc dont la lecture a marqué mon adolescence.
C’est le superbe roman de Louise Dupré, La memoria, que j’ai envie de faire lire à la lectrice peinte par Barbara Mascini, ainsi que cet entretien avec l’auteure que signe Francine Bordeleau.
Au lecteur peint par l’artiste britannique John MacAulay, j’ai envie de suggérer la lecture de Bonheur fou de François Gravel, dont Robert Viau parle avec enthousiasme dans ce long compte rendu.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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