On ne décide pas d’écrire un roman, il survient. Il dévore. Il porte en soi le temps de sa course. Il entraîne. Il piaffe. (Yves Navarre)
*toile de Nicholas Hely Hutchison
On ne décide pas d’écrire un roman, il survient. Il dévore. Il porte en soi le temps de sa course. Il entraîne. Il piaffe. (Yves Navarre)
*toile de Nicholas Hely Hutchison
On se dit que tout arrive trop tard. Et puis, en réfléchissant, quand tout se réduit à l’état d’une image, on comprend que tout arrive toujours trop tôt. (Yves Navarre)
*toile de George Leslie Hunter
Chaque phrase, si elle est émue, pas seulement pensée ou voulue, l’émotion, un frisson, est une éternité en soi. (Yves Navarre)
*toile de Keith Holmes
C’est en cherchant la passoire à thé dans l’armoire que j’ai déplacé le pot qu’il m’a offert il y a plus d’un quart de siècle. Un objet qu’il avait déniché chez un antiquaire, comme bien d’autres qu’il offrait à l’un et à l’autre de ceux qui faisaient partie de son entourage durant son séjour montréalais.
Je n’avais pas pensé à lui depuis longtemps. Sa fin tragique, sa façon de se mettre en colère si on n’abondait pas en son sens, le fait que j’aie décidé de me retirer de son amitié étouffante, tout cela faisait que je ne pensais plus beaucoup à lui sinon qu’en cherchant un livre dans les rayons de la bibliothèque et en tombant sur l’un des siens.
Nous avons pourtant été complices alors que j’étais sa réviseure personnelle et que nous passions au moins trois soirées ensemble par semaine, autant pour travailler que pour goûter à la vie culturelle et gastronomique de Montréal. Je crois même qu’il n’était pas tout à fait malheureux cet automne-là. Je le vois assis dans mon salon à abreuver d’anecdotes les amis rassemblés pour fêter le passage aux années 1990. Comme il riait ce soir-là.
Et c’est ainsi que je veux penser à lui aujourd’hui, un quart de siècle plus tard, alors que j’ai choisi d’offrir ce dimanche à ses mots, afin de souligner l’œuvre de celui qui s’est éteint il y a 21 ans hier.
C’est donc un dimanche en compagnie d’Yves Navarre qui s’ouvre sur ces mots qui sont les siens :
En fait on écrit que pour se sentir libre. L’espace des pages n’a pas de frontières.
*toile d’Eliot Hodgkin
Une pensée
est sur la mienne
comme le ciel sur un lac
ma pensée
est dans une autre
comme un lac
dans la main des montagnes.
Werner Lambersy
(dans Piqué des vers! de Colette Nys-Mazure et Christian Libens)
*choix de la lectrice peinte par l’empereur Frédéric
La peur est peut-être la plus forte de toutes les émotions, car elle peut autant nous pousser de l’avant que nous retenir. C’est ce qui ressort de la troisième édition de Laissés pour contes, mettant en scène six textes ayant pour thème différentes formes de peur.
Dans un décor presque nu composé d’un voile en fond de scène et d’une chaise de plastique attachée à une lourde chaine accrochée au plafond, six personnages viennent à tour de rôle parler de leurs peurs en s’adressant aux spectateurs comme si ceux-ci étaient le miroir auquel on se confie parfois pour se donner du courage, se convaincre ou même, pour ne plus se croire seul.
De la peur de franchir la porte de la cave en passant par celle de sortir de chez soi, chacun y va de son histoire où il est aussi question de la peur de déplaire au père, de la peur de vieillir sans enfant, de celle de la maladie et aussi de celle de dévoiler une partie de soi tenue cachée depuis des années. Prenant le public à témoin, chacun des six personnages nous livre avec l’énergie du désespoir une part de lui qui est si grave, si poignante qu’elle devient parfois le prétexte à rire. Pour que le malaise passe.
Cela nous donne une série de tableaux où nous basculons continuellement entre le rire et les larmes. Pour venir à bout de cette peur qui noue le ventre, notamment cette peur d’être jugé et de rejeté plus forte que tout.
On sort de là secoué. Avec la certitude d’avoir assisté à un véritable tour de force tant chacun des six comédiens a réussi à nous convaincre de sa peur et de l’urgence d’en finir avec elle. Chapeau aux auteurs, aux comédiens et au metteur en scène Patrick Renaud.
En hiver, certaines fins d’après-midi offrent des ciels fabuleux devant lesquels on s’arrête bouche bée, en se réjouissant d’avoir sur soi ce qu’il faut pour les rendre immortels.
J’ai envoyé quelques cartes créées par Artichique Design, car j’aime beaucoup les collages artistiques, mais celle qu’a choisie pour moi Rosalinde est la première que je reçois. De quoi être aux petits oiseaux!!
La vie passe et rien n,est dit
toujours ces gestes de manchot
ces paroles aphasiques
ces mouvements figés
le bourgeon du poème
brûlé sous la neige
Chaque jour nous rêvons plus fort
d’ouvrir toutes les portes
et la seule réponse
reste l’indifférence des étoiles
et le silence de la maison
Jean-Luc Wauthier
(dans Piqué des vers! de Colette Nys-Mazure et Christian Libens)
*choix de la lectrice de Tatiana Gorshunova
Cette lithographie envoyée par Danièle a été l’occasion de découvrir l’artiste inuit Kenojuak Ashevak (1927-2013), notamment grâce à ce documentaire.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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