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Un paradis 5

Le lecteur qui a levé les yeux de son livre
perçoit le ciel qui est l’océan vrai,
L’étendue immense de bleu qui enserre

Toute la terre, au bout de quoi on tomberait
Hors de tout, si on trouvait ce bout.
Un énorme nuage blanc figure

La crête d.écume d’une vague, elle se brise
Et s’effiloche tandis que passent deux goélands
Dans l’espace concave où le bleu va et vient.

Avant qu’il ait retrouvé le fil de la phrase
Qu’il avait laissée,ce lecteur aura scandé
L’iambe suprême d’un après-midi d’été.

Robert Melançon, Le paradis des apparences

*choix de la lectrice d’Alfred Stevens

Les mains qui dansent

Quel bel album que Les mains qui dansent! Avec tendresse et douceur, Régine Joséphine s’est glissée dans la peau du narrateur, un jeune garçon dont la sœur a perdu la voix le jour où il est né. Et pourtant, Ezra avait la plus belle voix du désert et savait même parler au vent. C’est qu’Ezra est triste, si triste qu’elle ne peut plus chanter. Et le silence s’est emparé du sable et du désert.

Illustré par Sandrine Kao, l’album est à la fois un livre qui porte sur l’amour qui unit un frère et une sœur et sur la surdité, puisque le jeune narrateur ne peut entendre la voix de sa sœur. Mais il peut la sentir, nous le découvrirons en même temps que lui alors que ses mains danseront sur le tambour.

Les mains qui dansent, un album pour apprivoiser le silence et mettre fin à l’isolement.

Le rosier de Lisette

Voilà plus d’un an que Lisette vit à Sept-Îles. Elle ne peut donc pas voir à quel point le rosier qu’elle chérissait tant a pris de l’ampleur et de la beauté malgré le peu d’intérêt à son égard de la part de celui qui a emménagé là où elle a vécu près de quinze ans. Peu importe le nom de ce dernier.

Ce rosier est pour tout le monde et pour longtemps le rosier de Lisette.

Ce que mots vous inspirent 951

Tous nos malheurs proviennent de ce que les hommes ne savent pas ce qu’ils sont, et ne s’accordent pas sur ce qu’ils veulent être. (Vercors)

*toile de Takahiro Hara

Un paradis 4

Par-dessus les corniches et les cheminées,
Le printemps déploie un ciel strié
De nuages que tout le prisme éclabousse.

On vient de passer l’équinoxe,on va
Dans la rue élargie vers les jours étales
Du solstice, vers le soleil des écoliers.

Une flaque laissée par mars recueille
L’espace vert et rose que l’aurore repeint
Chaque jour de plus en plus tôt.

Pour un peu on verrait dans ce miroir,
Entre les voitures qu’embue la rosée,
Des îles, des dômes d’or, des fleurs.

Robert Melançon, Le paradis des apparences

*choix de la lectrice de Georges Pacouil

Le violon d’Yvon

Quentin Blake n’a plus besoin d’être présenté. Ses illustrations ont fait le tour du monde, notamment celles qu’il a réalisées pour les livres de Roald Dahl en plus de celles de ses propres livres. Le violon d’Yvon raconte l’histoire d’un violoniste dont la musique déclenche des réactions fantaisistes partout où il passe. Les gâteaux poussent dans les arbres et les poissons se mettent à voler. Tout est hors de l’ordinaire.

Ce n’est donc pas le texte qui prime ici, vous l’aurez compris, puisqu’il n’est qu’accessoire afin de présenter des images colorées, amusantes et ludiques qui plairont aux petits comme aux grands. Ce qui nous fait dire que la musique a parfois le pouvoir de changer les choses et de rendre belle la vie. Tout simplement.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg

Il fait bleu à Lisbonne

Et la photo prise par Armando la semaine dernière est là pour nous le rappeler!

Le lecteur de la station de métro

Rien, semble-t-il, n’aurait pu le détourner de son livre…

Ce que mots vous inspirent 950

Lire un bon livre, ça redonne envie de vivre, ça vous donne envie de partir, à la recherche du temps perdu. (Pierre Perret)

*toile de Mikhail Larionov

Un paradis 3

Un trait tiré à la règle entre deux champs de bleu
Suffit à faire un paysage marin, minimaliste
Mais paysage tout de même si le contemplateur,

Qu’on perçoit de dos comme dans Friedrich,
Y met un peu de bonne volonté. Manquait le mouvement
Des vagues, au bas, toujours au bas, frangées d’écume,

Qu’on vient d’ajouter. Du coup, arrivent le bruit
Du ressac, l’air froid, salin, parfumé de varech,
Le vent qui souffle du large, l’embrouillamini

De la lumière dans le prisme mobile des houles,
Et cette pâleur du ciel, qui n’est pas si bleu que ça
À travers le filtre de l’air vaporisé d’embruns.

Robert Melançon, Le paradis des apparences

*choix de la lectrice de Thomas William Roberts