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Un dimanche avec Yann Martel 2

Mais si on est excessivement raisonnable, on risque de jeter tout l’univers par la fenêtre. (Yann Martel)

*toile de Jenny Nyström

Un dimanche avec Yann Martel 1

L’écrivain Yann Martel, dont le très beau roman Self est souvent oublié au profit de L’histoire de Pi qui connaît une carrière internationale depuis sa sortie et dont on a récemment tiré un film, fêtera ses 50 ans mardi. Belle occasion pour les lecteurs du jour, notamment celui de l’illustrateur Tadahiro Uesugi de s’installer au jardin en ce premier dimanche de l’été afin de découvrir quelques citations de Yann Martel. En commençant par celle-ci :

Chaque roman est une méthode pour questionner le monde.

Quelques vers d’Edward 2

l’amour est plus épaisseur qu’oublier
plus minceur que se rappeler
plus rarement qu’une vague est mouillée
plus fréquent que faillir

il est fieffé fou et lunairement
et moins il nonsera
que toute la mer qui seulement
est plus profonde que la mer

l’amour est moins toujours que gagner
moins jamais que vivant
moins plus grand que le moindre commencement
moins plus petit que pardonner

il est le plus sensé et solairement
et plus il ne peut mourir
que tout le ciel qui seulement
est plus haut que le ciel

Edward Estlin Cummings, Poèmes choisis

*choix de la lectrice de Mihály Munkácsy

Le club des philosophes amateurs

Il y a quelque chose de réussi dans Le club des philosophes amateurs, mais il y a aussi quelque chose de profondément raté, alors que le titre et le quatrième de couverture annonçaient d’une part un club qui n’existe pas, la seule philosophe es la directrice de la Revue d’esthétique appliquée, et une intrigue policière qui ne ne pourra que décevoir les lecteurs qui s’attendaient à trouver autre chose après 300 pages qui leur feront dire qu’ils ont été menés en bateau pour bien peu.

Si le roman avait été présenté comme un roman psychologique ou même un roman de mœurs puisqu’y est décrite avec un regard acéré la vie qu’on mène dans la très respectable ville d’Édimbourg, laquelle n’a rien à voir avec les scandales qu’on peut trouver à Glasgow et à Londres, j’aurais été beaucoup moins déçue. Car tout l’intérêt du livre se situe là, dans les détails concernant le qu’en-dira-t-on, dans les réflexions philosophiques de la narratrice, dans la vie de cette petite ville et non pas dans l’enquête que celle-ci mènera après avoir été témoin de la chute mortelle d’un jeune homme alors qu’elle était au concert.

Alexander McCall Smith a le sens des descriptions. C’est ce qui séduit ici. Mais pour ce qui en est de l’enquête policière, du moins pour ce qui en est du Club des philosophes amateurs, c’est nettement plus faible, ce qui nous incite à citer Shakespeare. En effet, « Beaucoup de bruit pour rien ».

Mais qui a envie d’un roman dont l’action se déroule en Écosse y trouvera son compte. Le roman d’Alexander McCall Smith donne envie à ses lecteurs de visiter Édimbourg.

L’univers fascinant d’Ekaterina

Dès que vous entrerez dans l’univers d’Ekaterina Panikanova, vous n’aurez plus le même regard sur les livres anciens à la typographie archaïque et à la mise en page désuète. Je n’en dis pas plus.

Ça y est

Ça y est. L’école est finie. Et elle, qui a regardé de loin les enfants toute la semaine tout en examinant chaque jour les détails de la toile de dimanche dernier, a enfin trouvé les mots. Ceux qui vont la faire vivre, ceux qui vont donner un prénom et une histoire à certains des écoliers attentifs ou non.

Et vous, où en êtes-vous?

*toile de Vincent Giarrano

Quelques vers d’Edward 1

puisse mon cœur être toujours ouvert aux petits
oiseaux qui sont les secrets du vivant
quoi qu’ils chantent vaut mieux que savoir
et si les hommes ne devaient les entendre les hommes sont vieux

puisse mon esprit flâner affamé
et sans crainte et assoiffé et souple
et même si c’est dimanche puissé-je avoir tort
car lorsqu’ils ont raison les hommes ne sont pas jeunes

et puisse moi-même ne rien faire inutilement
et t’aimer toi-même ainsi plus que vraiment
il n’y a jamais eu de tout à fait tel idiot qui puisse faillir
à tirer tout le ciel sur lui d’un unique sourire

Edward Estlin Cummings, Poèmes choisis

*choix de la lectrice d’Anne-Soline Sintes

Un défi réussi

C’est au moyen de phrases réduites à leur strict minimum qu’Olyvier Leroux-Picard a choisi de s’exprimer dans Fondations, qui vient de paraître aux éditions du passage, afin d’aller à l’essentiel tout en créant des images fortes et sensibles. L’exercice est pourtant périlleux et ceux qui en ont fait l’expérience n’ont pas toujours été à la hauteur de leur ambition. Mais le lauréat du prix Imaginaires collectifs de la Fondation Charles-Gagnon a réussi à éviter les pièges propres à un tel défi et nous livre avec son premier recueil plus qu’un exercice de style.

Le chemin tourmenté qui sert à établir ses fondations est parfois semé d’écueils, d’autres fois moins aride, mais toujours troublant :
s’apparenter :
pouvoir
de lier par
les larmes tes larmes
sur mon visage

Usant de mots comme d’autres usent des pinceaux les plus fins, il trace grâce à ceux-ci des paysages, des portraits, des gestes et des scènes qui prennent forme sous nos yeux et se déploient sans artifices ou abus d’adjectifs :
de la pointe qui m’échine
à l’accueil qui m’apaise
l’ampleur
sanctionne ma voix

chaque mise en forme
de ce qui m’anime
devient mise au monde

inachevable

C’est dans cette naissance ou ce qui tient lieu de naissance – au sens figuré comme au sens propre – que le poète interroge sa condition d’être humain dans un monde en perpétuel mouvement où il est si facile de perdre pied ou de laisser l’eau se troubler. D’où les doutes, les questions, les chemins de tourment(e)s qui jalonnent le parcours de celui qui pose ici un regard sur la vie et sur comment elle se construit :
l’incessante marche
d’angoisse
m’échine et m’accueille

dans ses bras d’ampleur
je vis à perte
de vue

Sur l’horizon se posent étage après étage les vers de cette nouvelle voix qu’est celle d’Olyvier Leroux-Picard qui, sans strass et effets de style inutiles, propose une vision personnelle de la rencontre avec l’Autre, sans le définir autrement que par un appel qui engage celui qui choisit d’y répondre, poète comme lecteur.

Texte publié dans

Ce que mots vous inspirent 952

Je voudrais faire les paroles et la musique en même temps. Mais c’est un rêve comme celui qu’on ferait d’une île enchantée au moment où la mer va nous avaler à tout jamais. (George Sand)

*toile signée Hans Bayens

Mon premier swap

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Les habitués du pays de Lali ont souvent vu au cours des deux dernières années le logo du Challenge Des notes et des mots. J’ai en effet publié 88 billets dans le cadre de ce défi, lequel a été l’occasion de belles découvertes musicales ou livresques.

Anne, l’instigatrice de ce challenge stimulant, a eu l’idée de le clôturer par un swap. Mon premier swap! Et un swap pour quelqu’un qui connaît la musique! Il a été un plaisir de gâter Lucie. Vraiment. Et de préparer le tout petit à petit pendant plus de deux mois, détail qui ajoute au plaisir.

C’est donc aujourd’hui, en ce jour de la Fête de la musique, que je vous dévoile ce que cachait le sac cadeau concocté par Lucie qui me connaît bien puisque nous avons depuis presque deux ans franchi les frontières du virtuel, ayant fait connaissance sur Babelio et échangé ensemble d’un blog à l’autre avant un premier souper sur une terrasse qui a duré des heures que nous n’avons pas vu passer…

Depuis, nombre de rendez-vous culturels nous ont réunies en plus de sorties amicales et d’heures consacrées à La Recrue du mois, webzine dont Lucie est la rédactrice en chef et auquel je collabore depuis novembre 2011.

Mais revenons à nos moutons. Ou plutôt aux paquets que contenait le sac…

De magnifiques paquets emballés avec soin et originalité par une petite fée proche de Lucie, comme le prouvent ces photos. J’ai même eu du mal à me décider à les ouvrir tant c’était joli. Mais en prenant mon temps, j’ai réussi à ne pas abîmer les papiers.

Voici donc ce qui se cachait sous ces emballages musicaux :

La passion selon Uhran d’Hervé Mastron, lauréat du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, dont l’univers romanesque est essentiellement musical, et que j’ai hâte de découvrir.
Le cœur, c’est fatal, un recueil de nouvelles de Micheline Morisset que je me promettais de lire, d’autant plus que je la lis depuis ses débuts alors qu’elle publiait dans XYZ. La revue de la nouvelle.
Les violons du roi de Jean Diwo, un roman qui n’a pas besoin d’être présenté et que je voulais lire depuis longtemps.
Concerts royaux, le tout récent album du claveciniste québécois Luc Beauséjour que j’aime beaucoup, ce que sait Lucie, consacré à Couperin.
– Des cartes postales de l’illustratrice Rébecca Dautremer que j’adore; des boucles d’oreilles très, très à mon goût, originales et avec ce vert que j’aime tant; du chocolat au caramel à la fleur de sel et des croquants aux noisettes.

Merci à Lucie! Je suis comblée! Que d’heures de plaisir m’attendent!
Merci à Anne! Ce challenge n’est que bonheur! Et en plus il se poursuit pour une autre année!