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Quelques vers d’Edward 1

puisse mon cœur être toujours ouvert aux petits
oiseaux qui sont les secrets du vivant
quoi qu’ils chantent vaut mieux que savoir
et si les hommes ne devaient les entendre les hommes sont vieux

puisse mon esprit flâner affamé
et sans crainte et assoiffé et souple
et même si c’est dimanche puissé-je avoir tort
car lorsqu’ils ont raison les hommes ne sont pas jeunes

et puisse moi-même ne rien faire inutilement
et t’aimer toi-même ainsi plus que vraiment
il n’y a jamais eu de tout à fait tel idiot qui puisse faillir
à tirer tout le ciel sur lui d’un unique sourire

Edward Estlin Cummings, Poèmes choisis

*choix de la lectrice d’Anne-Soline Sintes

Un défi réussi

C’est au moyen de phrases réduites à leur strict minimum qu’Olyvier Leroux-Picard a choisi de s’exprimer dans Fondations, qui vient de paraître aux éditions du passage, afin d’aller à l’essentiel tout en créant des images fortes et sensibles. L’exercice est pourtant périlleux et ceux qui en ont fait l’expérience n’ont pas toujours été à la hauteur de leur ambition. Mais le lauréat du prix Imaginaires collectifs de la Fondation Charles-Gagnon a réussi à éviter les pièges propres à un tel défi et nous livre avec son premier recueil plus qu’un exercice de style.

Le chemin tourmenté qui sert à établir ses fondations est parfois semé d’écueils, d’autres fois moins aride, mais toujours troublant :
s’apparenter :
pouvoir
de lier par
les larmes tes larmes
sur mon visage

Usant de mots comme d’autres usent des pinceaux les plus fins, il trace grâce à ceux-ci des paysages, des portraits, des gestes et des scènes qui prennent forme sous nos yeux et se déploient sans artifices ou abus d’adjectifs :
de la pointe qui m’échine
à l’accueil qui m’apaise
l’ampleur
sanctionne ma voix

chaque mise en forme
de ce qui m’anime
devient mise au monde

inachevable

C’est dans cette naissance ou ce qui tient lieu de naissance – au sens figuré comme au sens propre – que le poète interroge sa condition d’être humain dans un monde en perpétuel mouvement où il est si facile de perdre pied ou de laisser l’eau se troubler. D’où les doutes, les questions, les chemins de tourment(e)s qui jalonnent le parcours de celui qui pose ici un regard sur la vie et sur comment elle se construit :
l’incessante marche
d’angoisse
m’échine et m’accueille

dans ses bras d’ampleur
je vis à perte
de vue

Sur l’horizon se posent étage après étage les vers de cette nouvelle voix qu’est celle d’Olyvier Leroux-Picard qui, sans strass et effets de style inutiles, propose une vision personnelle de la rencontre avec l’Autre, sans le définir autrement que par un appel qui engage celui qui choisit d’y répondre, poète comme lecteur.

Texte publié dans

Ce que mots vous inspirent 952

Je voudrais faire les paroles et la musique en même temps. Mais c’est un rêve comme celui qu’on ferait d’une île enchantée au moment où la mer va nous avaler à tout jamais. (George Sand)

*toile signée Hans Bayens

Mon premier swap

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Les habitués du pays de Lali ont souvent vu au cours des deux dernières années le logo du Challenge Des notes et des mots. J’ai en effet publié 88 billets dans le cadre de ce défi, lequel a été l’occasion de belles découvertes musicales ou livresques.

Anne, l’instigatrice de ce challenge stimulant, a eu l’idée de le clôturer par un swap. Mon premier swap! Et un swap pour quelqu’un qui connaît la musique! Il a été un plaisir de gâter Lucie. Vraiment. Et de préparer le tout petit à petit pendant plus de deux mois, détail qui ajoute au plaisir.

C’est donc aujourd’hui, en ce jour de la Fête de la musique, que je vous dévoile ce que cachait le sac cadeau concocté par Lucie qui me connaît bien puisque nous avons depuis presque deux ans franchi les frontières du virtuel, ayant fait connaissance sur Babelio et échangé ensemble d’un blog à l’autre avant un premier souper sur une terrasse qui a duré des heures que nous n’avons pas vu passer…

Depuis, nombre de rendez-vous culturels nous ont réunies en plus de sorties amicales et d’heures consacrées à La Recrue du mois, webzine dont Lucie est la rédactrice en chef et auquel je collabore depuis novembre 2011.

Mais revenons à nos moutons. Ou plutôt aux paquets que contenait le sac…

De magnifiques paquets emballés avec soin et originalité par une petite fée proche de Lucie, comme le prouvent ces photos. J’ai même eu du mal à me décider à les ouvrir tant c’était joli. Mais en prenant mon temps, j’ai réussi à ne pas abîmer les papiers.

Voici donc ce qui se cachait sous ces emballages musicaux :

La passion selon Uhran d’Hervé Mastron, lauréat du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, dont l’univers romanesque est essentiellement musical, et que j’ai hâte de découvrir.
Le cœur, c’est fatal, un recueil de nouvelles de Micheline Morisset que je me promettais de lire, d’autant plus que je la lis depuis ses débuts alors qu’elle publiait dans XYZ. La revue de la nouvelle.
Les violons du roi de Jean Diwo, un roman qui n’a pas besoin d’être présenté et que je voulais lire depuis longtemps.
Concerts royaux, le tout récent album du claveciniste québécois Luc Beauséjour que j’aime beaucoup, ce que sait Lucie, consacré à Couperin.
– Des cartes postales de l’illustratrice Rébecca Dautremer que j’adore; des boucles d’oreilles très, très à mon goût, originales et avec ce vert que j’aime tant; du chocolat au caramel à la fleur de sel et des croquants aux noisettes.

Merci à Lucie! Je suis comblée! Que d’heures de plaisir m’attendent!
Merci à Anne! Ce challenge n’est que bonheur! Et en plus il se poursuit pour une autre année!