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Les expressions du dimanche 3

Attendre 107 ans
Attendre tellement longtemps que l’on commence à penser que ça n’arrivera jamais!
Dans la vraie vie…
Il ne reste que la Belle au bois dormant pour avoir cette patience!

Anne-Claire Lévêque, 140 expressions bizarres passées au peigne fin

*toile d’Anton Ebert

Les expressions du dimanche 2

C’est du gâteau!
Zéro problème! Ce que tu dois accomplir est vraiment très facile.
Dans la vraie vie…
On en redemande tous les jours (ou presque)!

Anne-Claire Lévêque, 140 expressions bizarres passées au peigne fin

*illustration de Jimmy Liao

Les expressions du dimanche 1

Parce que la lecture de 140 expressions bizarres passées au peigne fin d’Anne-Claire Lévêque ainsi que les illustrations signées Jacques Azzam qui donnent le ton à ce titre destiné aux jeunes m’a beaucoup plu, j’ai eu envie d’offrir en ce dimanche des extraits à quelques lecteurs débutants afin que nous puissions tous profiter de la leçon.

Pour les lecteurs de Bob Byerley, cette expression incontournable de la langue française :

Avoir des yeux derrière la tête
Non, il ne n’agit pas d’une malformation, ni d’un tour de magie, mais plutôt d’une personne qui devine ce qui se passe dans son dos, sans voir…
Dans la vraie vie…
Une qualité vraiment des utile pour réussir dans certains métiers (instituteur ou espion)!

Obstinément 3

tu cherches du regard au loin
une voix proche qui s’est tue
tu voudrais saisir ce qui fut
dans l’air à portée ce matin

encore et qui n’a pas de nom
ce n’était rien qu’un peu de vent
peut-être ou le sens des saisons
qui passent quand restent les bancs

Martin Labrosse, L’obscur obstinément

*choix de la lectrice de l’artiste canadienne Marion Long

Montréal kitsch

Qui n’a pas grandi ou vécu assez longtemps à Montréal ne sera peut-être pas en mesure d’apprécier la « célébration de véritables trésors à préserver à tout prix » que propose le journaliste Sébastien Diaz avec Montréal kitsch, véritable tournée de ces lieux qui n’ont subi aucune transformation depuis les années 1950, 1960 et 1970. Du très inscrit dans le temps jusqu’au mauvais goût initial devenu aujourd’hui « vintage », il y a dans l’inventaire proposé par Diaz quelque chose d’attendrissant et de surréaliste à la fois qui rappellera à ceux qui avaient vingt ans il y a vingt ans et plus des souvenirs si nombreux qu’ils en auraient pour des soirées à les raconter.

Pensons à la Binerie Mont-Royal, immuable depuis des décennies, mentionnée dans tous les guides sur Montréal, laquelle a servi de décor au Matou d’Yves Beauchemin. Au Blanche-Neige, ouvert 24 heures, où on trouvait autrefois attablés à n’importe quelle heure du jour et de la nuit des étudiants de l’Université de Montréal, particulièrement en fin de session ou quand le Clan Destin était fermé. À Ameublement Elvis où nombre d’amis ont acheté des cuisinières et réfrigérateurs au propriétaire de la boutique qui s’habillait comme son idole, lequel ornait sa devanture, son camion et ses cartes de visite. Au Jardin Tiki de la rue Sherbrooke Est où vous pourrez même vous asseoir dans la chaise d’Emmanuelle. À l’Orange Juliep de la rue Décarie, qu’on aperçoit de loin et qui n’a plus besoin de présentation. Au Chinatown. Au restaurant Schwartz’s. À la brasserie Magnan, dont le décor n’a pas changé d’un poil depuis des décennies, sauf pour les télévisions au mur qui sont passées à la haute définition. Aux différentes succursales des Dairy Queen aux enseignes inchangées, mais auxquelles on retourne avec joie dès la saison de la crème glacée enfin revenue.

Pensons à ces lieux. À nombre d’autres. Revisitons-les en vrai ou le temps de quelques pages de ce Montréal kitsch très bien fait en ce qui concerne le contenu, mais un peu moins en ce qui concerne le contenant, les photos étant peu réussies et surtout banales, alors que le texte est vivant et truffé d’anecdotes.

À offrir à ceux qui disent « Dans mon temps…  » et aux Montréalais nostalgiques ou curieux.

Un univers qui donne des ailes!

Faire connaissance avec Francescio Chiacchio, c’est entrer dans un univers qui donne des ailes. Si, si. Essayez. Vous verrez. Ou plutôt : vous volerez.

Demain…

Demain, à cette heure-ci, je serai en route pour la mer… Il y a si longtemps que j’en rêve devant les toiles de Karen Hollingsworth.

Obstinément 2

l’obscur obstinément se dresse
dans l’axe du corps hésitant
je fais un pas de plus — vers quoi
quels bords rêvés de cette nuit
sans trêve en nous qui se prolonge
à mesure de notre fuite
ni ma chair ni les rues sans nombre
ni le cèdre aux branches de pierre
ne viendront plus à ma rencontre
je reste hors de tout j’attends

Martin Labrosse, L’obscur obstinément

*choix de la lectrice de Micki Colbeck

L’art de refuser un roman

Quiconque a aimé les Exercices de style de Raymond Queneau devrait prendre plaisir aux lettres de refus imaginées par Camilien Roy, lesquelles se trouvent réunies dans L’art de refuser un roman, opuscule d’un peu plus de 100 pages publié chez Stanké en 2007.

D’entrée de jeu, l’auteur s’adresse à un lecteur qui vient de terminer la rédaction de son premier roman, après des semaines, des mois, voire des années de travail acharné, afin de le préparer à un refus. Car un premier roman est toujours refusé, que le lecteur-écrivain se le tienne pour dit, le voilà prévenu. Et il sera refusé plus d’une fois, qu’il note aussi cette information. Car c’est ainsi dans le petit monde de la littérature, affirme l’auteur sans détour et avec un brin de cynisme. Rien ne sert de vous leurrer, il y a beaucoup d’appelés par la grâce de l’écriture et peu d’élus par les éditeurs. Même Proust est passé par là, c’est vous dire.

Mais ne vous en faites pas, grâce à cette série de lettres, vous serez blindé. Vous ne tomberez pas de votre chaise au moment d’essuyer votre premier refus. Il est même possible que vous deveniez collectionneur de lettres de refus. C’est plus original que la philatélie, non? Et puis, avec une telle collection, vous aurez toujours de quoi lire sans ouvrir un livre. Il vous suffira d’ouvrir le tiroir, la boîte ou l’album où vous les classerez afin de lire l’un de ces chefs-d’œuvre dont vous prendrez vite l’habitude, le premier choc passé.

N’est pas Réjean Ducharme n’importe qui. Alors que les éditeurs font souvent dans le n’importe quoi quand il s’agit de refuser un premier roman. Parfois pressé, d’autres fois interrogatif, il peut être concis et direct, ou écrire en acadien comme Antonine Maillet, vous indiquer le mode d’emploi pour le cas où vous voudriez lui soumettre votre prochain roman, se faire poétique ou gastronomique, voire même sentencieux ou analytique, mais vous saurez tout de suite s’il est daltonien malgré son évidente façon de tergiverser ou s’il est paranoïaque.

Recueil ludique et sans prétention, L’art de refuser un roman est agréable à lire, malgré les redites. L’idée est originale et l’auteur semble avoir eu beaucoup de plaisir à inventer des formes de refus. Lecture idéale pour les trajets de bus ou de métro, L’art de refuser un roman devrait à tout le moins vous faire sourire. Peut-être pas autant que Queneau, mais plus que bien des humoristes qui sont supposés être drôles. Non, non, je ne mentionnerai pas les noms. Vous les connaissez.

Titre pour le Challenge « Le nez dans les livres »

Voiture de saison

Ce rose m’a fait sourire…