Qui possède une mule passe ses nuits à veiller;
Qui possède un âne tout son content peut sommeiller.
Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc
*illustration de Graham Oakley
Qui possède une mule passe ses nuits à veiller;
Qui possède un âne tout son content peut sommeiller.
Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc
*illustration de Graham Oakley
L’océan n’attend pas après l’eau des fontaines.
Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc
*toile de Fred Calleri
C’est le gobelet qui va à la jarre
Et non la jarre qui va au gobelet
Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc
*toile d’Edward Lamson Henry
Installez-vous! Thé à la menthe et café vous attendent. Si, si, prenez place dans la toile de Richard Diebenkorn. Ce dimanche, le livre de Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc, est à l’honneur.
Il y aura donc de quoi boire et quelque chose à retenir pour tout lecteur qui viendra faire son tour aujourd’hui.En commençant par ce proverbe :
Il n’est aucune beauté qui n’ait sa tache noire.
Même le coquelicot.
Au cœur porte la sienne, que chacun peut voir.
Vœu
Je veux d’autres ombres d’or, d’autres palmiers,
d’autres vols d’oiseaux étrangers,
je veux des rues distinctes, dans la neige,
une boue différente lorsqu’il pleut;
je veux l’ardente odeur d’autres bois;
je veux un feu aux flammes singulières,
d’autres chansons, d’autres aspérités,
qui ne sauraient rien de mes tristesses.
Silvina Ocampo, Poèmes d’amour désespéré
*choix de la lectrice de Régine Maignan
Quand le narrateur, ancien journaliste et maintenant biographe sur demande, accepte d’écrire les souvenirs du résistant Tescelin Beuzaboc, il ne sait pas à qui il a affaire sinon qu’à quelqu’un qu’il a croisé lors de funérailles, notamment celles de son père, et à qui il n’a jamais adressé la parole.
Or, l’homme, qui fêtera bientôt ses 84 ans, a bien voulu se plier au jeu. Sa fille Lupuline y tient tant, elle qui, soir après soir, pendant des mois, a écouté avec passion les aventures de son père, d’une tombe fleurie à un soldat allemand tiré en passant par une explosion qui lui a laissé une jambe sérieusement amochée. Elle qui, depuis des années, l’accompagne aux funérailles.
Or, si le père du narrateur était un résistant, un de ceux dont on trouve la trace dans les livres, dans les musées et dans des articles de journaux de l’époque, il n’en est pas de même pour Beuzaboc, lequel semble s’être inventé une vie pour obtenir l’admiration de sa fille.
Or jusqu’où faut-il aller au nom de la vérité? Peut-on, à 84 ans, avouer qu’on a menti?
C’est ce que raconte La légende de nos pères de Sorj Chalandon. Mais aussi ce que le narrateur n’a jamais pris le temps de faire, à savoir écouter son propre père et prendre en note son témoignage. Pour lui-même. Peut-être
aussi pour la postérité. En lisant ce que Lupuline avait écrit dans un cahier alors qu’enfant elle se nourrissait des aventures de son père, en faisant parler le vieil homme, c’est lui-même qu’il retrouve, cet homme qui, après la disparition de son père, a cherché des traces de celui qui s’était tu depuis longtemps.
En écrivant l’histoire d’un autre père, c’est au sien qu’il rend hommage.
Roman habilement construit, où mensonge et vérité ne cessent de s’affronter dans un combat dont l’issue pourra surprendre, La légende de nos pères tient le lecteur en haleine du début à la fin tout en soulevant la question entourant les raisons qui poussent à l’admiration. L’héroïsme ou la vérité? À chacun de répondre.
Entrer dans l’univers de Vincent Maillard, c’est découvrir des scènes livresques comme celles-ci et encore plus!
Il y avait si peu de place pour elle. Il est vrai que Cesaria Evora en prenait beaucoup. Titina n’était pourtant pas moins talentueuse que son aînée comme le prouve Portrait, paru en 2012 qui réunit des titres des années 60 et 70 d’une part et ses succès des vingt dernières années d’autre part. Le résultat est un album sympathique et entraînant qui nous montre une artiste qui sait jouer de nuances et faire corps avec les chœurs. Vous ne vous lasserez pas.
Voici donc Marchia de Oriundo :
et Alô, Alô São Vicente :
Anxiété
Ah, je voudrais te voir pour la première fois!
(Comme le ciel se perd entre des rideaux,
des parures, des statues, des vitrines,
dans mon atroce anxiété j’ai peur de te perdre)
Ah, je voudrais te parler pour la première fois
et avec les mêmes délirantes joies,
accourir comme avant, amour, à tes côtés
afin de pouvoir parfaitement t’aimer.
Silvina Ocampo, Poèmes d’amour désespéré
*choix de la lectrice de William Oliver
On peut tout quitter, partir loin de chez soi, il y aura toujours un pont qui nous unira à ce que nous avons été et à ceux qui nous ont forgés. C’est ce que je retiens du premier roman de Christine O’Doherty, Le pont de l’Île. Un roman sensible, émouvant, tout en nuances, mettant en scène une femme à qui tout semble avoir réussi. Du moins aux yeux de ceux qui s’attardent sur ce qui est visible : la belle maison, un mari, une carrière réussie.
Mais voilà. Là n’est pas l’essentiel. C’est pourquoi Gabrielle prend un jour le large. La vente de ses parts à ses associées lui permettra de vivre quelque temps sans se préoccuper d’autre chose que de faire le point. De comprendre pourquoi plus rien ne va. D’analyser les sources de ce malaise qui l’habite.
Et c’est à l’Île-du-Prince-Édouard, dans une petit village de pêcheurs où la vie a le rythme qui lui convient, face à la mer, que Gabrielle va petit à petit renouer avec elle-même à mesure que le passé vient se poser dans ses mots, puisque ce séjour qui s’étire lui donne l’occasion d’écrire, de faire le tri de ses souvenirs, de faire surgir des scènes, des gens, et de constater que tout ce qu’elle a retenu, tout ce à quoi elle tient, n’a rien à voir avec sa vie de femme. Seules la petite fille et l’adolescente en elle demeurent.
Et c’est de retour auprès des siens, à l’occasion des fêtes de fin d’année, après des mois de silence, que Gabrielle sera en mesure de comprendre ce qui l’a poussée à partir. Ce qui l’a retenue de ne pas le faire avant. Ce à quoi elle aspire maintenant. Il fallait juste qu’un jour elle franchisse le pont qui la ramène à elle-même.
Roman intimiste qui mêle habilement narration et pages d’écriture dans lesquelles Gabrielle évoque des moments forts, des vacances, des livres, Le pont de l’Île révèle une nouvelle voix, une écriture toute en nuances, une auteure à suivre.
Titre pour le Défi Premier Roman
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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