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Violon amer

Le violoniste Léo Sinclair, le héros imaginé par la romancière Arièle Butaux, aussi pianiste, altiste et animatrice à Radio France, n’est pas un être pour qui on éprouve d’emblée de la sympathie. Artiste brillant, il excelle sur scène, plait au public et à la critique, et fait partie de ceux qui n’hésitent pas à écraser quiconque pourrait lui faire de l’ombre. Manipulateur, égocentrique, arriviste, Léo Sinclair raconte ici comment il a atteint les sommets jusqu’à ce que tout dégringole par sa propre faute alors que les femmes qui l’ont aimé ou admiré, proposent à tour de rôle leur interprétation des faits.

Construit à la manière d’une fugue où s’opposent sujet et contre-sujet, Violon amer est d’abord et avant tout un roman psychologique portant sur les mensonges et l’impact de ceux-ci sur les vies d’un violoniste et de chacune des personnes de son entourage. La musique prend bien sûr une certaine place dans le roman d’Arièle Butaux, mais elle aurait pu être beaucoup plus grande à mon avis. C’est là le choix de l’auteure que de nous raconter la vie erratique d’un violoniste plutôt que sa passion pour la musique qu’on ne découvrira qu’à la toute fin à la faveur d’un événement qui va changer toute sa vie et nous le rendre un peu plus humain.

Violon amer n’est pas un grand roman, mais la lecture en est agréable. Et le livre terminé, il reste en tête une seule envie : découvrir les sonates d’Ysaÿe. Celles-ci constituent presque à elles seules la trame musicale du roman, même si d’autres œuvres sont mentionnées. Et rien que pour ces sonates (notamment la troisième, dont je vous suggère interprétation d’Hilary Hahn), le livre valait la peine, malgré le fait que je n’ai pas réussi à m’attacher à son héros, ni à comprendre l’attirance qu’il suscitait.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg

Ce que mots vous inspirent 898

De quoi s’occupent les écrivains et les artistes en général? Ils s’occupent d’éveiller l’imagination, de désengourdir cette dormeuse si souvent sourde, la sensibilité, de nous faire sortir de nous. (Claude Roy)

*toile d’Ernest Vincent Wood III

Les poèmes de Silvina 6

Prière du rêve

O rêve qui me dérobes tant de vie!
Qui me dérobes un temps si aimé!
Rêve qui m’enchantes, que j’ai cherché
au réveil, que mon amour n’oublie pas.

Hisse très doucement tes rideaux :
dans les jardins de ton obscurité
ne m’intimide pas avec la clarté
d’autres mondes qui brillent dans l’espace.

Ton bonheur est antérieur à tes amours.
Le futur et le passé se rapprochent
sans étonnement dans le temps entrelacé
aux rochers et aux fleurs des déserts.

Avec quelle fidèle sagesse tu conçois
ton magique et inédit argument,
cette essence de vie, ce fragment!
Avec quel amour dans tes chemins tu me reçois!

Silvina Ocampo, Poèmes d’amour désespéré

*choix de la lectrice de James Bolivar Manson

Un dimanche au Maroc 10

À l’homme d’esprit
Un clin d’œil suffit,
Mais pour le lourdaud
Coup de marteau il faut.

Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc

*toile d’Annie Dover

Un dimanche au Maroc 9

Qui a mal à la tête
ne se panse pas le doigt.

Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc

*toile de William Worcester Churchill

Un dimanche au Maroc 8

Qui a une nuit d’avance sur toi
A une ruse de plus que toi.

Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc

*toile de Donna Lynd

Un dimanche au Maroc 7

Après le feu… la cendre.

Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc

*illustration de Nicole Wong

Un dimanche au Maroc 6

Oublie les soucis, ils te rendront la pareille :
Entretiens-les, tu connaîtras les longues veilles.

Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc

*toile de Karin Jurick

Un dimanche au Maroc 5

Qui se remplit la tête de cancans sur les autres
N’y aura plus de place pour ses réflexions propres.

Leila Messaoudi, Proverbes et dictons du Maroc

*toile de Jessie M. McGeehan

En vos mots 313

La lectrice peinte par Wlodzimierz Kuklinski s’est-elle endormie ou évanouie? Sont-ce les mots qui ont eu cet effet sur elle?

À vous de nous dire, en vos mots, ce qu’évoque cette scène. À vous de vous glisser dans la peau de la lectrice ou de la faire parler. À vous d’inventer ou de plonger dans vos souvenirs.

La toile vous appartient. Pour une semaine. Aucun commentaire ne sera publié avant le prochain accrochage, comme le veut l’habitude.

D’ici là, bonne semaine. Et surtout, n’oubliez pas de lire les textes inspiré par la toile de dimanche dernier. Cela vous donnera peut-être envie de devenir vous aussi un envosmotiste.