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- Année 2026

Quelques poèmes de Rodenbach 4

Tel soir fané, telle heure éphémère suscite
Aux miroirs de mon âme un souvenir de site;
Sites recomposés, qu’on eût dit oubliés :
D’un canal mort avec deux rangs de peupliers

Dont les feuilles vont se cherchant comme des lèvres;
Et d’une âpre colline où de bêlantes chèvres,
Dont le cri se déchire aux épines aussi,
S’appellent l’une l’autre, et d’un air si transi!

Décor surtout des quais dormants en enfilade,
Pignons, rampes de bois par-dessus l’eau malade
Où chaque feu miré se délaye en halo,
Fragile et fugitif maquillage de l’eau

Qui, sous un heurt de vent, tout à coup s’évapore
Et fait que l’eau se mue en sommeil incolore!
Sites instantanés, comme à peine rêvés,
En contours immortels je les ai conservés

Et je les porte en moi, depuis combien d’années!
Seul un ciel identique, aux pâleurs surannées,
Triste comme celui qui me les faisait voir,
Les a ressuscités de moi-même ce soir;

Et c’est ainsi toujours qu’au hasard des nuages
Revivent dans mon cœur de souffrants paysages!

Georges Rodenbach, Le règne du silence

*choix de la lectrice signée Henry Meynell Rheam

Un paumé attachant

Carl White, photojournaliste de nuit pour Le Jour, n’a plus rien à perdre. Il a déjà tout perdu, avant, dans une autre vie. Voilà pourquoi il végète nuit après nuit depuis trois ans, affecté aux accidents de la route, aux règlements de comptes et autres incidents qui ont l’heur de se dérouler uniquement entre minuit et six heures du matin.

Bon dernier sur tous les coups, Carl White est là pour prendre quelques clichés. Pour que son journal ne soit pas en reste. Pour gagner sa croûte. Parce qu’il n’a rien contre cette vie-là. Rien pour non plus, disons-le. Il n’a surtout aucune motivation. Jusqu’à l’arrivée de Tania Ficanemo à L’Express, compétiteur du Jour, laquelle n’a pas envie de moisir aux faits divers longtemps.

À la suite du meurtre d’un ministre, les deux photographes, d’abord bons ennemis, seront forcés de faire équipe pour sauver leur peau à l’heure où ils en savent trop et où les cadavres commencent à se multiplier. Cela donne lieu à un roman bien ciselé, autant policier que psychologique, sur les drames humains et ceux qui les vivent. Un roman mené sur les chapeaux de roue qui laisse place aux sentiments, dont la peur et la générosité. Un roman qui dépeint des milieux (la police, les motards, la presse à sensation) et ceux qui en sont les figures dominantes, avec un grand sens du détail.

Premier roman de Guillaume Lapierre-Desnoyers, auteur de théâtre, comédien et metteur en scène, Pour ne pas mourir ce soir est une belle découverte. L’auteur sait créer des ambiances, des personnages et des situations, à un point tel qu’il vous sera difficile d’abandonner le livre en cours de lecture tant vous voudrez savoir ce qui arrivera aux deux protagonistes de cette enquête et découvrir si un lien qui dépasse celui de l’entraide se développera entre eux.

Carl White est un paumé attachant, Tania Ficanemo une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux. Leur rencontre autour d’un cadavre ne pouvait que faire des étincelles, lesquelles donnent lieu à un roman policier des plus réussis, qui nous donne envie de lire à nouveau Guillaume Lapierre-Desnoyers.

Texte publié dans
Titre pour le Défi Premier roman

À Montauban…

Lou a trouvé sur un mur le message d’un collectionneur bien spécial…

En mémoire de Vaclav Havel

C’est quand les écrivains nous quittent qu’on se dit qu’on s’était promis de les lire. Un jour. C’est quand ils ne sont plus là qu’on retrouve dans un cahier des mots qu’on avait notés un jour. Pour ne pas les oublier. Puisse-t-on ne jamais oublier celui qui a écrit ces mots :

« La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le cœur humain, la pensée humaine, la responsabilité humaine. » (Vaclav Havel)

Ce que mots vous inspirent 561

L’amour c’est ce climat qui fait qu’un être s’accomplit. Pour qu’une plante pousse bien, il lui faut de l’humidité et de la lumière. Pour qu’un être pousse bien, il lui faut de l’amour et du respect. (Stan Rougier)

*toile d’Anna Francone