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- Année 2026

Quelques jours avec Lionel 5

L’automne attend sous les arbres
dans cette lumière incomparable
des fruits obscurs.

Déjà entre les pierres
la nuit comme l’eau
circule.

Tu es venu de plus loin,
ne dormant pas, dormant peu,
ne t’arrête pas en chemin.

Marcheur de plus d’étages,
le monde au-devant de toi
n’a plus de frontières,
il s’ouvre de l’intérieur où
tu cherches
obscurément.

Lionel Ray, Entre nuit et soleil

*choix de la lectrice du peintre Ulrich Gelitz

Voyage au Portugal avec un Allemand

Il y a des livres qu’on se promet de lire au moment de leur sortie et qu’on met de côté, sans véritable raison. Ou parce que d’autres livres sont entrés dans nos vies et que nous avons l’habitude des piles dont on finit par ignorer le contenu.

C’est ce qui est arrivé avec Voyage au Portugal avec un Allemand de l’écrivain québécois Louis Gauthier, qui a reçu en 2002 le Grand prix du livre de Montréal. Roman intimiste, proche du récit, Voyage au Portugal avec un Allemand s’inscrivent dans les pas des titres Voyage en Irlande avec un parapluie et Le pont de Londres.

C’est l’histoire d’un écrivain québécois en route vers l’Inde, celle d’une errance, d’un amour perdu, d’une rencontre avec un Allemand à Lisbonne.

Lisbonne, toile de fond. Lisbonne que le narrateur sillonne seul ou accompagné de monsieur Frantz. Lisbonne pour oublier. Lisbonne pour espérer. Puis Evora, Beja, Ferrara, Portimão, Lagos, Sagres. Mais les bateaux pour l’Afrique du Nord ne partent pas de Sagres.

L’Algarve, les derniers rêves. Les dernières rencontres. Il est temps de partir. La lettre qu’il attendait n’est pas celle qu’il a reçu poste restante, Sagres. Et pourtant elle provenait bien d’Angèle. D’une Angèle froide, distante, qui parlait d’elle et non d’eux.

« Aller au bout de soi-même… Peut-être… Sans doute… Et si le bout de soi-même était un cul-de-sac? » se demande le narrateur. Et ces questions à elles seules portent ces pages, constituent les raisons de celles-ci, dans un roman d’atmosphère qui met en scène un voyageur dans un Portugal qu’il a choisi de faire lieu de passage plutôt que destination.

Parce qu’il lui faut encore plus de kilomètres entre le point de départ et celui d’arrivée. Plus de kilomètres pour oublier. Pour se trouver.

Un roman que j’ai bien fait de tirer de la pile où il se cachait. Parce qu’on a parfois non pas d’action mais de questions.

Non…

Les entreprises se passent le mot. Il faut absolument cultiver nos liens. C’est le nouveau leitmotiv. Là où je travaille et ailleurs. Et de toutes les façons. Réunions d’équipe, colloques, 5 à 7 autour d’une bière, cadeaux collectifs à la moindre occasion, etc.

Et bien moi, plus on me demande de cultiver des liens, moins j’ai envie de le faire. Dès qu’une chose devient une forme d’obligation, dès qu’on s’en sert pour convaincre ou culpabiliser, je me retire du jeu.

Non, je ne serai pas un lutin de Noël. Je ne vais pas gâter quelqu’un pendant deux semaines sous le couvert de l’anonymat et me dévoiler à la fin, ni être la petite protégée d’un autre lutin, sous prétexte que presque tout le monde participe à cette initiative de culture de liens. Il y a longtemps que j’ai quitté l’école élémentaire où ça ne m’amusait déjà pas.

Un jour, je vais entrer dans un livre et ne plus en sortir.

*toile de Carol Aust

Les scènes joyeuses de Marie-Claude Bosc

Il y a de l’animation dans les scènes de la vie parisienne que croque l’artiste Marie-Claude Bosc, dont voici deux toiles aux accents livresques. À vous de trouver les personnages qui lisent. Pour voir les choses de plus près, découvrir des personnages et la bien jolie façon de l’artiste de les présenter, allez chez elle ou si ce n’est pas trop loin, à Nice, d’ici le 17 décembre. Marie-Claude Bosc participe à l’Aigle de Nice.

Ce que mots vous inspirent 549

C’est nécessaire, un sourire, lorsqu’on se croit tout seul. (Nicole Houde)

*toile de Benjamin Ferrers

il suffit d’un O

la vie se déplie
la vie se déploie
il suffit d’un O
de ronds dans l’eau
pour lui donner des ailes

(décembre 2011)

*toile de Konstantin Kansky