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Ce que mots vous inspirent 367

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La proximité installe, à la longue, une étrange distance. (Nathalie Petrowski)

*toile de Balthus

Quelques vers de Charles Gill 3

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À Victor Hugo

Maître, comme il revient souvent, l’anniversaire
Des monarques puissants dont le règne éphémère,
Après quelques printemps, au tombeau doit finir!…
Il faut qu’un siècle passe avant que nous revienne
Ton jour de fête, ô roi de la pensée humaine
Dans l’immense avenir!

Il suffit, pour marquer la fuite des années
S’engouffrant dans l’abîme avec nos destinées,
Qu’un monde, par un astre en l’éther emporté,
Ait parcouru l’ellipse où son disque s’engage.
Mais les ans sont trop courts : les siècles comptent l’âge
De l’immortalité!

Te voici donc au seuil de ton apothéose;
Un autre temps redit la chanson grandiose
Que sur la lyre d’or ton génie accorda.
L’Océan a clamé ton nom à notre plage;
Puisse sa grande voix te rapporter l’hommage
Du lointain Canada!

Et si notre vivat aux bravos se marie,
C’est que nous chérissons la langue et la Patrie
Que tu couvres de gloire avec tes chants vainqueurs :
C’est bien ton verbe noble à la mâle cadence
Qui vibre dans nos voix, c’est bien ta noble France
Qui vibre dans nos cœurs!

Malgré les faibles sons d’une lyre inhabile,
Nous voulons célébrer ton œuvre indélébile,
En des vers fugitifs que guette le néant,
Pardon, si notre Muse, ô maître, ambitionne
Cet orgueil d’élever sa modeste couronne
Jusqu’à ton front géant!

Charles Gill, Les étoiles filantes

*choix de la lectrice d’Everly Giller

Un livre fait avec amour

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Il est des livres si beaux qu’ils ne peuvent qu’avoir été faits par une main amoureuse. C’est cette idée qui m’est venue alors que d’image en image, d’extrait de roman à un poème, je naviguais dans les pages d’Encre de mer, réalisé par Nathalie Couilloud et publié en 2007 à Douarnenez aux éditions du Chasse-Marée, du nom de la revue éponyme qui a donné naissance à cette maison d’édition, spécialisée dans les livres dédiés à la mer.

Heureux assemblage que celui préparé avec minutie et sensibilité par l’auteure qui a pris plaisir à faire le tour de la littérature maritime afin d’extraire des textes incontournables et d’autres moins connus qui gagnaient à l’être. Si bien que c’est près de 200 auteurs qui se retrouvent réunis le temps d’un livre et dont les textes sont appuyés par des photos émouvantes de presque autant de photographes. Un livre de toute beauté, vous l’aurez compris. Un livre qui fait rêver et qu’il faut laisser traîner sur une table pour l’ouvrir au hasard. Pour le simple bonheur d’entendre la mer rugir au loin ou les marins s’activer.

La brique Lego

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En 26 minutes, vous saurez tout, mais vraiment tout sur la brique Lego grâce à Anna-Célia Kendall, laquelle s’est employée à nous dresser la petite histoire de cette brique qui a connu un succès international. Un petit film qui fait sourire, bien documenté et duquel on sort avec l’envie de retrouver un peu de son enfance. Il est donc préférable d’avoir encore sous la main quelques briques pour prolonger le plaisir! Surtout qu’avec six briques, il y a 900 millions de combinaisons à essayer!

Le court métrage La brique Lego est présenté dans le cadre du Festival du film sur l’art qui se tient à Montréal jusqu’au 27 mars.

Coup de foudre

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Je n’ai pas d’autre mot pour décrire ce que j’ai ressenti quand j’ai découvert l’univers de l’artiste Delphine Cossais. Oui, un véritable coup de foudre. Et ça risque de vous arriver aussi quand vous découvrirez ses pages. Si, si. C’est Lali qui vous le dit.

Ce que mots vous inspirent 366

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La douleur est un trésor précieux, on ne le découvre qu’à ceux qu’on aime. (Proverbe malgache)

*toile de Reynaldo Fonseca

Quelques vers de Charles Gill 2

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Fantaisie

Voici les jours où les pommiers
S’éveillent dans leur neige rose;
L’aube des soleils printaniers
Caresse la splendeur des roses;
L’azur immaculé des cieux,
Par l’onde calme est reflété…
Et les beaux oiseaux amoureux
Vont chanter.

Voici les soirs où le verglas
Alourdit la grâce des branches :
La tige souple des lilas
Sous le fardeau tristement penche;
Dans l’air glacial et brumeux
On entend l’aquilon gémir…
Et les petits oiseaux frileux
Vont souffrir.

Voici les nuits où l’ombre éteint
Tout ce qui brille sur la terre;
L’aile de l’aveugle destin
Palpite dans le noir mystère.
Quand sonne l’heure des adieux,
Le même sort vient tout flétrir…
Et les oiseaux mélodieux
Vont mourir.

Charles Gill, Les étoiles filantes

*choix de la lectrice de Frederick Childe Hassam

me recroqueviller

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me recroqueviller dans ton regard
pour oublier la froidure
pour taire des jours les morsures
pour que se calme le vent
et que s’apaise mon cœur tourment

(mars 2011)

*toile de Mabel Alvarez

Clémentine, une princesse pas comme les autres

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La princesse Clémentine ne pense qu’à s’amuser et à jouer des tours. C’est d’ailleurs pour cette raison que son meilleur ami est Cabriole, le fou du roi. Mais l’heure n’est pas à la rigolade et afin d’éduquer leur petite chérie, le roi et la reine ont décidé d’envoyer la princesse récalcitrante qui a horreur des princes charmants à l’École des Princesses afin qu’elle apprenne les bonnes manières. Mais les radis, le thé, la couture, très peu pour Clémentine que Cabriole a suivie et qui lui sert en douce des gâteaux, s’étant fait embaucher à la cuisine.

Et maintenant, comment s’évader du donjon où elle a été enfermée en guise de punition pour tous les coups pendables à son actif? Cabriole s’en chargera.

On peut se conduire en prince sans avoir du sang bleu, telle est la morale de ce conte loufoque, fantaisiste, où princes et princesses en prennent pour leur rhume. J’ai adoré, vous l’aurez compris.

Dans l’atelier de Mondrian

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© Michel Seuphor, 1929

Mon intérêt pour le peintre néerlandais Piet Mondrian ne date pas d’hier, comme le prouve ce billet. J’étais donc au rendez-vous vendredi dernier pour la première représentation du film de François Lévy-Kuentz intitulé Dans l’atelier de Mondrian, en compétition au Festival international du film sur l’art. Un film qui, en 52 minutes, nous offre un docu-fiction où le peintre est interprété par un acteur, lequel évolue dans ses ateliers de Paris et de New York, reconstitués pour les besoins du film, tandis que documents d’archives et entrevues avec quelques témoins viennent souligner des traits de personnalité de Mondrian et son travail.

Dans l’atelier de Mondrian est un film éclairant sur l’œuvre d’un peintre mal apprécié de son vivant, beaucoup plus reconnu et salué bien des années après son décès alors qu’Yves Saint-Laurent le mettait à l’honneur dans une collection qui a été marquante dans sa carrière de couturier. On y trouve un Mondrian étonnant, épris de jazz, que le réalisateur s’est plu à faire danser sur cette musique tout en peignant ou en agençant les modules de son studio afin de préparer ses toiles.

Tout amateur de Mondrian y trouvera son compte de même que quiconque qui connaît peu cet artiste, et tous, les uns comme les autres, ne pourront plus regarder ses rectangles de couleur de la même façon après ce film qui est une totale réussite.