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C’est quoi l’intelligence? 1

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C’est aujourd’hui leur dernière journée de vacances. Je n’ai donc pas été étonnée de voir arriver les enfants peints par l’artiste Simon Glücklich, bien décidés à passer ce dimanche en ma compagnie.

De plus, ils avaient une idée bien arrêtée. Où l’avaient-ils prise? Probablement au hasard d’une conversation qu’ont les grands autour d’une table. Si bien qu’au moyen de quelques citations et quelques tableaux les mettant en scène, je laisserai les uns et les autres répondre à leur question : C’est quoi l’intelligence?

Qui sait si toutes ces réponses ne susciteront pas de nouvelles questions…

Quelques mots d’amour 10

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Si près de toi que je te vois à peine,
je suis miroir pour ton corps qui se baigne
dans le soleil de ma neuve présence.

Rien de ta peau ne m’est terre étrangère
quand de ta voix je suis le son perdu.

Amour, amour, tes lèvres sont des armes
pour me détruire et me régénérer.
Ta bouche vive : ô délice, ô parure!

Toutes les nuits, tous les jours de ton être
me vêtiront de leur éternité.

Le cœur de feu, l’étincelle cosmique,
ces océans qui naissent de nous-mêmes
et ces déserts par nos pas repeuplés.

Dans ces abords où tu ris vagabonde,
le monde joue à recréer le monde.

Je détruirai tout poème de pierre,
je garderai ton seul corps pour château.

Robert Sabatier, Anthologie poétique amoureuse

*choix de la lectrice du peintre liégeois Joseph Cambresier

Trois grands artistes réunis autour de Mozart

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André Prévin, à qui on doit la direction musicale de Gigi, Porgy & Bess et My Fair Lady a, après sa carrère hollywoodienne, dirigé quelques orchestres (l’Orchestre symphonique de Londres et l’Orchestre philharmonique de Los Angeles, notamment) tout en menant une carrière de compositeur moins assidue.

Il a d’ailleurs composé pour Anne-Sophie Mutter (qui a été son épouse de 2002 à 2006) le concerto pour violon intitulé Anne-Marie. Herbert von Karajan qui remarqua celle-ci très tôt puisqu’elle n’avait que 13 ans lorsqu’elle joua pour la première fois à l’Orchestre symphonique de Berlin en 1977 affirmait sans hésitation qu’elle était la « révélation du siècle ».

Comme André Prévin et Anne-Sophie Mutter, Daniel Müller-Schott est né en Allemagne. Considéré comme un des violoncellistes les plus doués de sa génération (il est né en 1976), il a travaillé avec les plus grands chefs au monde tout en menant une carrière discographique continue. En 2010 paraissait le troisième album enregistré avec la pianiste canadienne Angela Hewitt réunissant les sonates pour piano et violoncelle de Beethoven.

Le temps d’un album consacré aux trios pour piano de Mozart, les voici réunis pour un moment inoubliable. Le premier mouvement du concerto en si bémol majeur K502, que voici, en est une preuve :

Quand on regarde le ciel…

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On fait de belles trouvailles, vous dira Chantal, qui a photographié cette scène il y a quelque temps à Pont-Croix.

Livres aimés

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Livres rangés, empilés, tassés, classés, ouverts ou fermés.
Livres caressés, livres aimés.
Voilà en partie de quoi se constitue l’univers de Dorothée Ponroy, à découvrir ici.

Du jaune pour rêver au printemps

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C’est quand arrive janvier qu’il faut avoir quelques provisions pour traverser l’hiver… Et de plus, du jaune pour illuminer encore plus nos journées. Et justement, dans mes réserves secrètes, il y avait une photo prise en Algarve en septembre par Armando pour nous faire rêver au printemps…

Vous aussi, n’est-ce pas?

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La voilà en train d’imaginer la scène, de se la raconter avant de l’écrire. Une scène qui vous a été offerte dimanche dernier et qui n’attend que vos mots pour prendre son envol.

Et voilà qu’elle rêve, celle peinte par l’artiste Edmund Blair Leighton. D’ailleurs, elle ne tardera pas à poser les mots sur le papier. Vous aussi, n’est-ce pas?

Respirer

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N’avoir d’autre refuge que les mots pour taire les manques, d’autre lieu d’abandon que les livres.
N’avoir qu’eux pour tout oubli, pour toute raison d’exister.
Et laisser les phrases couler dans mes veines pour jour après jour respirer.

*toile de Charly Galuppo

Quelques mots d’amour 9

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Au bout de l’amour

Au bout de l’amour il y a l’amour.
Au bout du désir il n’y a rien.
L’amour n’a ni commencement ni fin.
il ne naît pas, il ressuscite.
il ne rencontre pas. Il reconnaît.
il se réveille comme après un songe
dont la mémoire aurait perdu les clefs.
il se réveille les yeux clairs
et prêt à vivre sa journée.
Mais le désir insomniaque meurt à l’aube
après avoir lutté toute la nuit.

Parfois l’amour et le désir dorment ensemble.
Et ces nuits-là on voit la lune et le soleil.

Liliane Wouters, Anthologie poétique amoureuse

*choix de la lectrice de Johannes Jacobus Maria Bogaerts

Bernardim Ribeiro, le dernier des troubadours

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Tout ce qui entoure la publication des Mémoires d’une jeune fille triste (Saudades, História de Menina e Moça en portugais) ainsi que le mystère entourant son auteur, Bernardim Ribeiro, vous a été raconté dans un billet remarquable d’Armando il y a quelque temps. Inutile donc que je le fasse à mon tour. Mais je me permettrai tout de même d’ajouter ces mots de Cécile Lombard, la traductrice, afin de bien situer l’auteur dans le contexte littéraire : « Car Bernardim Ribeiro, souvent appelé le premier des romantiques est aussi considéré comme le dernier des troubadours. »

Nous sommes donc au XVIe siècle, dans un pays indéterminé qui pourrait bien être le Portugal à cause de certains détails. À une jeune fille sont racontées trois histoires. Celles de trois femmes dont les destins tragiques finissent par s’entremêler et auxquels elle s’identifie, ce qui alimente sa propre saudade, ce sentiment qui se vit mais qu’on a toujours du mal à décrire, tant les expressions pour définir celle-ci sont nombreuses.

Chevaliers, belles dames, amours tourmentées, il y a là tous les éléments propres au romantisme, ainsi que quelques poèmes, ce qui confère à ce roman une saveur qui n’est pas loin de celle des romans de Chrétien de Troyes auquel, d’ailleurs, la traductrice fait souvent référence.

Incontournable pour qui s’intéresse à la littérature portugaise, le roman de Bernardim Ribeiro est ici servi par une traduction remarquable. Et ce n’est pas parce que je l’ai lu dans sa langue d’origine que je permets d’affirmer ceci mais à cause des notes de Cécile Lombard qui viennent éclairer la lecture avec finesse et souci du détail alors qu’elle nous livre de plus les difficultés auxquelles elle a dû faire face.

Et pour vous donner le ton, ce court extrait qui termine le chapitre précédant « La chanson du berger » : Revenons donc au conte. Celui-ci achevé, nos tristesses feront de nous ce qu’elles voudront, car elles aussi demandent à être contées comme les joies.