Rien n’est propre comme la musique à réveiller dans les cœurs de nobles sentiments. (Goswin Joseph Augustin, baron de Stassart)
*toile de Giovanni Boldini
Rien n’est propre comme la musique à réveiller dans les cœurs de nobles sentiments. (Goswin Joseph Augustin, baron de Stassart)
*toile de Giovanni Boldini
Parce que lire, ce n’est pas juste lire des mots, mais aussi des notes, nous passerons la journée en musique. Comme nous l’avons fait il y a un moment et pour le simple bonheur de le faire à nouveau. Une journée, donc, en compagnie de musiciens ou de chanteurs, lisant des partitions, lesquels seront accompagnés d’une citation portant sur la musique ou les musiciens, qui s’ouvre sur la pianiste du peintre Félix Vallotton.
C’est le titre du recueil de Martine Audet, Montréalaise d’origine, qui a attiré l’attention de la lectrice peinte par Philip Hermogenes Calderon. Les murs clairs, recueil qu’elle a choisi pour les lectrices du soir, l’a captivée, et particulièrement ce poème :
enfoui
dans les immensités de tes paumes
le jour s’ouvre
je n’ai pas à parler
les yeux reprennent sous la peau
de nouveau cette seule beauté
qui rappelle le sang
la résistance des paupières
Dès que j’ai lu ce billet signé BelleSahi, j’ai su que j’aimerais moi aussi Notre petite vie cernée de rêves de Barbara Wersba. Peut-être parce qu’on y parle de littérature et de théâtre. Peut-être à cause de l’illustration de la couverture dans laquelle je me suis reconnue.
Mais aussi, maintenant que j’ai dévoré ce roman destiné aux adolescents publié en 1968 sous le titre The Dream Watcher et traduit en français quarante ans plus tard, parce qu’il est questions de différence et des rêves qui sont en nous à propos desquels Orpha affirme : « Les rêves sont la matière de la vie, mais il faut les surveiller et les protéger, comme on protégerait un magnifique château. »
Nous sommes tous des Albert d’une certaine manière. Des adolescents déguisés en adultes qui tentent de vivre leurs rêves ou de les conserver bien au chaud si ces rêves sont pour le moment inatteignables. Nous sommes tous un peu des Albert, mais nous n’avons pas tous eu le bonheur de croiser un jour Orpha, une vieille dame de 80 ans, un peu fantasque, vivant au milieu de ses livres et de ses souvenirs. Mais qu’à cela ne tienne, il suffit d’ouvrir ce livre pour qu’elle nous livre sa sagesse…
Leurs cris de joie sont montés jusqu’ici si bien que j’ai jeté un œil par la fenêtre. Bien emmitouflés, le foulard sur la bouche, la tuque descendant jusqu’aux cils, ils trimaient dur. Il y avait déjà deux tours à la future forteresse de neige. Il était temps de creuser des tunnels.
Et ils riaient. Ils riaient d’un bonheur qui m’a rappelé celui de jours anciens. Ceux où ni froid, ni gel, ni tempête de neige n’auraient pu nous retenir à l’intérieur. Ceux où nous nous prenions nous aussi pour de grands architectes, demandant même une planche de bois pour notre pont-levis et des bâtons et des guenilles pour nos drapeaux.
Notre seule crainte, et probablement la leur, était l’arrivée du redoux avant que nous n’ayons fini de construire notre palais.
*toile d’Henri Lebasque
Qui apprécie les collages se perdra volontiers et avec plaisir dans la galerie de Laura Tringali Holmes d’où j’ai tiré cette lectrice attentive.
Il sera bientôt temps de valider les textes que vous avez déposés sur la toile de dimanche dernier. Si, si. Enfin, vous avez encore le temps, vingt-quatre heures pour tout vous dire. C’est pourquoi il serait peut-être temps de vous mettre au travail si la semaine a passé trop vite…
*illustration de Beate Speck-Kafkoulas
Bien que le banc trouvé par Armando au hasard de ses promenades bruxelloises soit des plus tentants avec son sourire invitant, je préfère lire au chaud en cette saison!
Espoir
Après un jour de pluie, un jour
de pluie. La séquence logique du temps
se manifeste dans le gris du ciel; toutefois
le soleil se laisse deviner derrière
les nuages, et l’homme espère
que le beau temps vienne après la pluie et que
le soleil dissipe la grisaille des nuages.
Le temps, ainsi, nous donne l’image
de ce que nous sommes en droit d’espérer, et nous aide
à éprouver, en ces jours pluvieux, notre froid
sentiment de l’hiver : comme si le soleil
et la pluie n faisaient pas partie
de ce monde naturel, que nous regardons
comme s’il était un miroir de l’âme.
Mais les nuages se moquent bien
de tout cela; ils recouvrent lentement, à mesure
que la journée avance, tout espoir
d’été. Seuls les oiseaux, battant
leurs ailes contre le ciel, nous disent
qu’après le temps, d’autres temps
viendront, par=delà nous-mêmes.
Et la joie brève de leur vol
est un rayon de soleil en ce jour de pluie.
Nuno Júdice, Les plus beaux poèmes pour la paix
*choix de la lectrice de Gaston Bouy
Quel formidable roman que celui que nous offre Grégoire Polet, Bruxellois de naissance, avec Excusez les fautes du copiste. Un roman qui vous accroche dès la première ligne et que vous ne pouvez plus quitter sans l’avoir traversé du début à la fin.
Car sitôt que vous aurez fait connaissance avec Sylvain Crêtes, le héros, peintre peu doué parce que sans imagination, veuf et papa d’une petite Isabelle, dévoreur de livres qu’il achète selon le choix de son bouquiniste attitré, vous ne pourrez plus déposer le roman de Grégoire Polet dont le héros se laissera prendre au jeu de copier des peintres peu connus puis de plus en plus connus après avoir d’abord été restaurateur de tableaux. Ce qui l’amènera à passer du rôle de copiste à celui de faussaire.
Ce roman au « je » qui se veut une confession est à lui seul un tableau et les quelques personnages qui gravitent autour de Sylvain Crêtes n’ont rien à envier aux personnages de Brueghel qui l’amusaient et auxquelles il prêtait des vies.
Un roman sur la peinture, sur la création, sur l’amitié, sur les bonnes intentions comme les mauvaises, qui ravira quiconque dès le premier chapitre.
Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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