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Rupture à Tokyo

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C’est à Tokyo qu’il fera l’amour pour la dernière avec Marie, d’où le titre du roman de Jean-Philippe Toussaint qui raconte en moins de 200 pages l’histoire d’une rupture dans un Japon surréaliste et avant-gardiste aux accents traditionnels omniprésents. Il le savait, elle pas. Le ratage de cette dernière fois aura été la source du cataclysme qui revêt toute son importance quand dans une course folle dans Tokyo un tremblement de terre leur fera comprendre que la terre a déjà tremblé pour eux et qu’ils ne sont plus que les naufragés d’une histoire qui va à la dérive.

Et à la dérive va aussi le narrateur qui a conscience que tout est désormais fini et qu’on suit dans son errance.

Un roman troublant. Non pas par le sujet en soi, mais à cause – beaucoup – du personnage de Marie, qui sait être à la fois tellement distante, tellement organisée et totalement imprévisible quand pour la moindre babiole ou dans un moment de gravité les larmes se mettent à couler. Ce qui semble chaque fois le dérouter. Mais cette fois-ci il sait que ses larmes ont raison d’être. Il pleure aussi. De peine, comme de rage. De désarroi comme d’espoir. Il fait face à l’inéluctable.

Un roman qui déstabilise. Par le lieu, notamment. Ce Japon dont on sait si peu et qui devient ici une presque caricature à la manière des bandes dessinées futuristes. Un Japon que l’auteur de Faire l’amour connaît bien puisqu’il y a longtemps séjourné.

Un roman dont Jacques de Decker a dit avec justesse dans Le soir : « La réussite de l’entreprise se situe là : dans la hardiesse des conditions mises à son accomplissement, et dans la maîtrise avec laquelle elles sont remplies. »

La petite lectrice victorienne

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La petite lectrice peinte par Sophie Anderson aimerait-elle en savoir un peu plus sur l’artiste victorienne qui sait si bien exprimer les douceurs de l’enfance? Elle n’a qu’à aller faire un tour chez Béatrix. Nombre de ses copines l’y attendent!

Anecdotes de libraire 44

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Tous ceux qui ont travaillé en pharmacie vous le diront. Il y a toujours deux à trois fois par semaine quelqu’un qui aura échappé ses comprimés (des antidépresseurs ou des somnifères) dans l’évier et qui demanderont, les yeux implorants, à leur pharmacien s’il peut remplacer les pilules noyées… Tous ceux qui ont travaillé en librairie vous le diront. Il y a toujours une fois par semaine quelqu’un qui a échappé son livre dans sa baignoire et qui voudrait bien savoir comment le faire sécher et éviter que les pages ne collent toutes entre elles.

*toile de Michael Wagner

La suggestion du 6 avril 2009

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On m’a dit que la lectrice peinte par l’artiste Margaret Chapman aimait beaucoup la poésie. Peut-être aimera-t-elle ce poème que j’aime beaucoup?

La lectrice qui vit dangereusement

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Armando sait à quel point j’aime les scènes mettant en vedette des lectrices et des lecteurs, si bien qu’il a préparé à mon intention toute une série de clichés qui nous feront découvrir ceux et celles qui lisent dans le métro, au parc ou dans la rue, à commencer par la lectrice qui vit dangereusement. Puisse cette série qui durera quelques semaines grâce à la générosité et au regard en quête de livres d’Armando vous plaire autant qu’elle a plu à celui qui l’a préparée. Et vous donner autant de bonheur que j’en ai eu en recevant cet incomparable cadeau à partager.

Je manquerai toujours de temps

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Je manquerai toujours de temps. Même en me levant avant que le soleil ne pointe son nez.

Je manquerai toujours de temps. Pour lire tous ces livres qui s’empilent. Pour écrire toutes ces histoires qui me trottent dans la tête. Pour laisser parler ces toiles qui, jour après jour, croisent mon regard et attendent patiemment mes mots. Parce qu’il faut aussi faire autre chose. De moins poétique, de moins artistique. Telle est cette vie où la vaisselle ne se lave pas toute seule, pas plus que la salle de bain.

Je manquerai toujours de temps. Le pire est de l’accepter.

*sur une toile de Paul Adrian Allinson

Tout est dans le livre

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Le peintre Jan Van der Heyden a laissé le livre ouvert. Il voulait être certain que vous trouviez les commentaires sur la toile de dimanche dernier et aussi le tableau qui vous est proposé cette semaine afin que vous le racontiez en vos mots. Puisse celui vous raconter son histoire afin que nous puissions vous lire dimanche prochain!

Les parterres s’animent

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Et quand ils s’animent ainsi, c’est un signe que le printemps s’installe pour de bon. C’est Denise qui me l’a dit!

En guise de merci

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Parce que vous avez été là samedi à lire les nouvelles débridées et à les commenter, je vous offre une rose qu’a cueillie Denise du bout des yeux… Puisse-t-elle vous plaire en guise de merci!

Le recueil aux pages jaunies 2

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Alors qu’elle est plongée dans les Poèmes choisis de Saint-Denys Garneau, j’aurais envie de l’interrompre, mais je ne le ferai pas. Je ne dérangerai pas la lectrice peinte par Joanna Yates. Même si j’ai envie de l’écouter lire pour moi quelques vers du grand poète. Même si j’ai envie qu’elle me lise ceci :

Accompagnement

Je marche à côté d’une joie
D’une joie qui n’est pas à moi
D’une joie à moi que je ne puis pas prendre

Je marche à côté de moi en joie
J’entends mon pas en joie qui marche à côté de moi
Mais je ne puis changer de place sur le trottoir
Je ne puis pas mettre mes pieds dans ces pas-là
et dire voilà c’est moi

Je me contente pour le moment de cette compagnie
Mais je machine en secret des échanges
Par toutes sortes d’opérations, des alchimies,
Par des transfusions de sang
Des déménagements d’atomes
par des jeux d’équilibre

Afin qu’un jour, transposé,
Je sois porté par la danse de ces pas de joie
Avec le bruit décroissant de mon pas à côté de moi
Avec la perte de mon pas perdu
s’étiolant à ma gauche
Sous les pieds d’un étranger
qui prend une rue transversale.