
Il la regarde avec un air dubitatif. Parce qu’elle vient de lire ce qu’il vient d’écrire et que comme chaque fois, il voit ses yeux qui se mouillent et son cœur qui déborde de tendresse. Incertain de comprendre ce bouleversement en elle. Elle qui a pourtant lu tant de poètes et qui s’émerveille devant quelques rimes. Décidément. On aura tout vu.
Et il la regarde avec au fond des yeux un point d’interrogation. Elle doit se moquer de lui, ce n’est pas possible. Surtout elle qui connaît la poésie. Et pourtant non, affirme-t-elle. Et il la regarde encore. On peut pourtant lire jusque dans le blanc de ses yeux gris.
Il est évident qu’elle dit vrai, même si le poète d’Elizabeth Gordon Werner n’est pas sûr, lui, d’être vraiment un poète. Car il a tellement peur de prétendre être ce qu’il n’est pas. Alors, il ne dit rien. C’est elle qui prétend qu’il est un poète. Et elle semble tellement le croire que c’est peut-être un peu vrai. Un tout petit peu vrai.
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