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Vivement le printemps!

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Comme on se sent bien dans les toiles de Mary K. McDermott. Comme on aurait envie d’être chacune des lectrices pour pouvoir profiter des livres et de la douceur du printemps. Moi la première! Vivement que le printemps arrive pour que je puisse choisir l’une ou l’autre toile et m’y installer!

Un samedi rayonnant de bonheur

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Elle s’est assise dans la lumière. Il y a eu tellement de journée de nuages lourds, de ciels gris, de noirceur avant l’heure dite, de matins qui ne semblent pas vouloir se lever, qu’elle ne peut être que là, dans la lumière. Pour que sa peau en soit imprégnée, pour que ses yeux s’illuminent, pour le livre s’éclaire, pour que sa journée soit radieuse.

Et comme je comprends la lectrice de Francesco Paolo Filosa. La même lumière est chez moi. Enfin. Après des jours de grisaille. Si bien que moi aussi, je la laisse se poser délicatement sur mes pages et sur ma nuque. Ce sera un samedi rayonnant de bonheur.

Un tout petit peu vrai

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Il la regarde avec un air dubitatif. Parce qu’elle vient de lire ce qu’il vient d’écrire et que comme chaque fois, il voit ses yeux qui se mouillent et son cœur qui déborde de tendresse. Incertain de comprendre ce bouleversement en elle. Elle qui a pourtant lu tant de poètes et qui s’émerveille devant quelques rimes. Décidément. On aura tout vu.

Et il la regarde avec au fond des yeux un point d’interrogation. Elle doit se moquer de lui, ce n’est pas possible. Surtout elle qui connaît la poésie. Et pourtant non, affirme-t-elle. Et il la regarde encore. On peut pourtant lire jusque dans le blanc de ses yeux gris.

Il est évident qu’elle dit vrai, même si le poète d’Elizabeth Gordon Werner n’est pas sûr, lui, d’être vraiment un poète. Car il a tellement peur de prétendre être ce qu’il n’est pas. Alors, il ne dit rien. C’est elle qui prétend qu’il est un poète. Et elle semble tellement le croire que c’est peut-être un peu vrai. Un tout petit peu vrai.

Parce que la poésie ne s’écrit qu’à la plume

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Dès les premiers rayons du jour, la petite écrivaine d’Angelo Aversa a sorti son cahier et sa plume. Parce que la poésie ne s’écrit qu’à la plume, affirme-t-elle. Et j’ai imaginé l’écrivaine québécoise Rina Lasnier la regardant, en 1960 et écrivant dans Mémoire sans jours :

L’enfant poète

Il y aura toujours la table
L’enfant accoudé à son silence
Les yeux ouverts en étoiles
Et qui brûlent tout par délivrance.

Il y aura toujours la nuit
La douleur tranquille des étoiles
Le bleu qui brûle tant de nuit
Le bleu qui remue tant de sable.

Il y aura toujours l’enfance
Qui choisit le feu par innocence
Le bleu de l’eau par attirance
Le débris des mots par impuissance
.

Parfois les plus importants

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Il y a toujours ce petit moment d’hésitation. Ce tremblement au moment de choisir un mot plutôt qu’un autre. Ces quelques secondes à valser entre deux expressions ou deux formules. Puis, le choix d’une troisième. Évidente. Éclatante. Incontournable.

La correspondante de Victor Gabriel Gilbert a trouvé. Lui reste à écrire les derniers mots. Ceux qui précèdent la signature. Parfois les plus importants.

Assis à une table

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Il aimait déjà les livres enfant. Et de plus, il aimait lire assis à une table et pas ailleurs.

Les années ont passé. L’enfant est devenu un adolescent sous les yeux de l’artiste Darya Collegova. Et il lit toujours. Assis à la table.

Et j’aime imaginer que dans vingt ans il sera encore assis à une table, en train de lire.

Paysages paisibles

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Même si j’ai hâte, très hâte, très très hâte au printemps, je sais que ce n’est pas encore demain qu’il fera sa grande entrée montréalaise, puisqu’encore cet après-midi, quelques flocons vont encore se déverser sur la ville… Alors, aussi bien me faire à l’idée et souhaiter que les paysages d’après la neige seront aussi paisibles que ceux que m’a offerts Géraldine il y a quelques semaines.

Rêvant

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Elle a laissé ses doigts entre deux pages et elle va sur le chemin, rêvant. Rêvant aux vers qu’elle vient de lire, rêvant aux vers qu’elle veut retenir, imaginant celle pour qui le poète les a écrits. Et elle va sur le chemin, rêvant. Imaginant la plume crissant sur le papier, alors que se dessinaient les mots. Songeant à ce long parcours entre le moment d’écriture et celui où le poème est arrivé jusqu’à elle. Et la lectrice de Charles Sprague Pearce va sur le chemin, rêvant.

Fait-il beau en Caroline du Sud?

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Fait-il assez beau en Caroline du Sud en ce moment pour que ma collègue traductrice qui y est en vacances puisse s’asseoir dehors pour lire, comme le fait la lectrice de Fairfield Porter? C’est ce que je lui souhaite, elle qui a parcouru tous ces kilomètres pour rejoindre des amis et pour trouver un peu de chaleur. Et qui a dû, comme elle le fait chaque fois, apporter avec elle quelques romans. Oui, c’est ce que je lui souhaite, tandis que je me prépare à aller au bureau et que c’est encore l’hiver ici…

Dans un mois, le printemps…

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Dans un mois, un mois exactement, ce sera LE jour. Les parterres de Montréal seront-ils aussi bien vêtus qu’ils le sont déjà en Suisse et joliment croqués par Denise?