Sculpteur, artiste conceptuel proche de l’architecture, Dennis A. Oppenheim a laissé des traces de son travail un peu partout sur la planète. La pièce s’appelle Upper cut. Je dirais : le dentier du dévoreur de livres.
Sculpteur, artiste conceptuel proche de l’architecture, Dennis A. Oppenheim a laissé des traces de son travail un peu partout sur la planète. La pièce s’appelle Upper cut. Je dirais : le dentier du dévoreur de livres.
Elle a oublié le livre à la cuisine, celui-ci probablement déposé sur la table le temps qu’elle prépare son plateau, y mette la tasse puis la cafetière. Il y avait en elle une telle hâte de s’asseoir devant la fenêtre afin de profiter de la vue.
Et c’est ce qu’elle fait. Et elle est tout simplement comblée.
La lectrice de Catherine Fosnot rêve. Comme moi, comme vous, comme tous ceux qui lisent.
Tant qu’il y aura une seule personne inspirée par la toile, la catégorie En vos mots existera. Je le redis. Et je le redis d’autant plus cette fois-ci, alors que la récolte en nombre est maigre ce dimanche, mais tellement riche autrement.
Jamais je ne dirai à quel point j’aime vous lire et le privilège que vous nous faites, aux lecteurs de Lali et à moi, de partager vos mots avec nous.
Jamais je ne dirai assez combien j’aime accrocher, comme le ferait un directeur de galerie, un tableau tous les dimanches matins. Je ne me lasse pas. Et la veille du jour J, je fais le tour de ma collection, cherchant quelle toile sera l’élue du jour. Jusqu’à ce que l’une d’elles gagne ma faveur. Pour la seule raison qu’elle ne ressemble à aucune qui n’ait déjà été offerte à votre imagination.
Je n’ai aucune idée de ce que pourra raconter la toile d’Olga Lutsenko. Et je ne tairai ce qu’elle me souffle. Elle est vôtre.
Bon dimanche et bonne Saint-Jean!
Comme elle était fière, dès qu’elle a été en mesure de le faire, de pouvoir lire à haute voix le journal pour sa grand-mère dont la vue n’est plus très bonne. C’était leur petit plaisir à elles deux, après le souper.
Mais quelques années ont passé depuis et plus souvent qu’autrement la lectrice de Philippe Jolyet constate, déçue, que sa grand-mère ronfle et ne l’écoute plus. Et bien entendu, pour conserver cette parfaite harmonie entre elles, elle se laisse elle aussi gagner par le sommeil.
On a bouleversé la terre avec des mots.[ Alfred de Musset ]
Oui, sûrement a-t-on bouleversé la terre avec des mots. Sans aucun doute. Des mots prononcés, des mots écrits noirs sur blanc. Des mots qui, côte à côte, touchent celui ou celle à qui ils sont adressés. Des mots qui, cette nuit, empêchent le lecteur d’Ödön Marffy de dormir. Des mots qui le troublent à un point tel qu’il ne peut qu’aller de paragraphe en paragraphe, haletant. Comme si sa propre vie dépendait de ces quelques mots écrits par un autre. Comme si plus rien que ces mots ne comptaient alors que le sommeil a fui depuis bien longtemps.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle chose lui arrive. Mais avec cette intensité, il ne saurait dire. Lui qui est venu tard aux livres, lui qui croyait qu’il ne s’intéresserait jamais à ces vies inventées de toutes pièces, ou presque, n’avait jamais pensé qu’une nuit comme celle-ci viendrait. Mais on ne sait rien de la vie, mais on ne sait rien de ce qu’elle fera de nous.
Elle avait un châle sur les épaules qui est tombé au sol quand il l’a embrassée. Une robe qui lui collait au corps et qu’il a admirée en la faisant tourner devant lui. Des boucles d’oreilles qui se sont emmêlées dans ses cheveux quand il a remontés ceux-ci pour caresser la peau fine de la nuque. Des sandales qu’elle a abandonnées près de la fenêtre.
Ils ont eu pour eux seuls deux heures volées aux obligations et à la distance. Deux petites heures qui passent toujours trop vite quand on voudrait que le temps s’éternise. Deux heures pour inscrire à même leur peau ce qui ne peut se dire autrement.
Puis, elle est rentrée. La lectrice de Karoly Wolff a relu le billet qui l’invitait à le retrouver. Une fois, deux fois.
Dans quelques minutes, elle s’allongera, hésitera à prendre un livre sur la pile. Et s’endormira ainsi vêtue. Parce que, peut-être bien, reste-t-il sur sa robe un peu de l’odeur de celui qu’elle a quitté il y a une heure.
Je viens d’un pays qui a deux fêtes nationales qui se fêtent à une semaine d’intervalle. Je suis du Québec où la Saint-Jean, la première de ces deux fêtes, la plus soulignée aussi, donne lieu à un défilé, à des concerts dans les parcs et à des décorations.
Il y a quelques jours, les drapeaux étaient déjà installés. Un prêt à battre au vent, l’autre attaché aux barreaux d’un balcon. Depuis, ils n’ont cessé de se lever, de s’accrocher aux antennes des voitures et aux fenêtres. Et dans quelques heures, la ville n’aura que deux couleurs : le bleu et le blanc.
Je vous souhaite, à tous, que vous soyez d’ici et d’ailleurs, une bonne fête de la Saint-Jean!
Ne me dites pas que le net ne peut pas générer des amitiés, ne peut pas être un lieu de partage et de création, ne peut pas d’une certaine manière changer notre regard sur le monde et ouvrir des portes. Ne me dites rien de cela. Je ne vous croirai pas. Et puis, vous qui passez, qui restez, vous ne pourriez pas le dire, de toute manière.
Ces pages, offertes un jour de novembre 2005, par un ami belge, et avec lesquelles je ne savais vraiment pas ce que je ferais tant – oui, je l’avoue – l’idée me paraissait saugrenue, me sont devenues essentielles. Et si vous n’étiez pas là pour me faire signe – encore merci Olivier SC -, je continuerais à écrire, sûrement, parce que je ne sais faire que ça, mais il me manquerait ce lien irremplaçable qui nous unit désormais.
Ce lien exceptionnel qui fait que Denise, ma lectrice suisse, à son retour de vacances en Bretagne, m’a fait parvenir quelques photos. Généreusement et dans le but de partager.
J’aurais pu toutes les installer, mais j’ai choisi celle-ci. J’ose penser que c’est le Mont Saint-Michel de mes souvenirs, mais je ne sais pas. À Denise de le dire, de raconter la photo. À vous de dire si vous pensez que je fais fausse route. À vous aussi de raconter votre Bretagne par un anecdote ou un souvenir, si le cœur vous en dit.

L’originalité du peintre britannique Maxwell Doig est claire, évidente. Pas de profil, pas de visage, pas de position assise. Ses lectrices et lecteurs sont allongés et vus de haut.
J’aime l’idée, j’aime la contrainte que s’est donné l’artiste. Voire même, le défi. Le résultat est là pour prouver qu’il a réussi son exploit.
Les lecteurs ne sont pas qu’allongés et vus de haut : ils sont terriblement vivants.
La marquise de Pompadour est dans la même pose que celle qu’elle avait dans mon billet du 17 décembre 2006. Elle n’a fait que changer de robe tandis que le peintre François Boucher, qui fut son protégé, a modifié le décor. C’est tout moi de m’amuser de ce genre de mise en scène.
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