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Bientôt, le printemps…

arthur clifton goodwin

Bientôt, il fera assez chaud pour que je puisse faire comme la lectrice d’Arthur Clifton Goodwin. Tout le laisse prévoir. À dire vrai, c’est une vraie journée de printemps. Et ceux qui marchaient tout à l’heure rue Saint-Denis ou qui devisaient sur les terrasses devant une bière ou un café étaient plus que nombreux. Si nombreux qu’il a été impossible de se garer pour faire comme eux. Mon beau projet de prendre des photos est tombé à l’eau.

Ce n’est que partie remise. Les parcs où je lis par beau temps trouveront leur place jusqu’ici, tout comme la rue Saint-Denis. Vivement le printemps qui s’attarde et reste.

Celle qui n’a plus 20 ans

gladys thorne

Il ne voit rien des années qui ont laissé des rides autour des yeux. Il ne voit pas non plus ce regard un peu triste qu’elle a parfois quand elle relit des lettres d’autrefois. Il la regarde et elle a encore 20 ans. Il la regarde et il retrouve cette femme qui s’abandonnait à ses mains et ses lèvres.

Elle lit, comme elle lisait il y a des années de cela. Sans rien voir autour d’elle. Sans remarquer ce qu’elle avait provoqué chez lui qui ne s’est jamais éteint, malgré la vie qui parfois nous sépare, malgré ce qu’on fait de cette vie, malgré les années et la distance qui nous éloignent.

Elle lit et il la regarde.

La lectrice de Gladys Thorne n’a plus 20 ans. Et elle rougirait peut-être de savoir qu’il la désire toujours autant, avec autant de fougue qu’autrefois.

Puis, peut-être finalement aurait-elle 20 ans à nouveau, comme elle les aura toujours pour celui qui est entré dans la pièce.

La lectrice au fauteuil multicolore

weakley

Le jour se lève sur la lectrice de Mark Weakley, comme il se lève pour moi aussi, alors que j’ai rendez-vous avec ces tourneuses de pages et leurs aventures, sans savoir laquelle viendra me chuchoter quelque chose à l’oreille. Et j’aime ne pas savoir. J’aime les laisser me guider, comme j’aime laisser la plume glisser sur la feuille, les mots venant parfois tout seuls. Dans ces moments, je suis dans le bonheur d’écrire, comme elles sont dans le bonheur de lire, et pour les unes comme pour moi, plus rien ne compte que les mots.

Il en va sûrement ainsi de cette lectrice que le soleil va inonder de ses rayons, sans qu’elle n’y prenne garde. Son livre, comme souvent, a pris toute la place.

Des lectrices de carton

amadieu 1

francoise amadieu

amadieu 3

amadieu 4

Allez-y voir. Les personnages, les lectrices en particulier, de Françoise Amadieu ont de quoi réjouir.

Lutèce en plein Paris

arenes de lutece

Il n’est pas de voyage en Europe où je ne me suis pas arrêtée à Paris, même si la capitale française n’était pas la destination principale du voyage. Je me demande si je pourrais un jour faire autrement, ne pas poser mes bagages à Paris, ne serait-ce que pour 24 heures, si je me trouvais en Europe. Chaque fois, je trouve un moyen de m’y arrêter, d’aller embrasser Sonia, Jasmine et Monique et de partir à la découverte d’un endroit de Paris que je ne connais pas encore. Et il y en a tant que je risque encore une fois de m’arrêter à Paris lors de ma prochaine traversée.

Et quand je vais en quête d’un endroit sur lequel j’ai lu, je me demande si les Parisiens connaissent vraiment Paris. Or, j’en doute fort. Difficile de ne pas savoir où est la tour Eiffel, où se dressent le Sacré-Cœur de Montmartre et la tour Montparnasse, où est Notre-Dame, mais je ne serais pas étonnée que peu de gens sachent me diriger vers les arènes de Lutèce, dans le Ve arrondissement, près de Jussieu, rue Monge.

Et pourtant, l’arrêt vaut le détour. Surtout qu’il y a ce moment étonnant où on franchit tout simplement l’entrée qui pourrait être celle d’un parc et où on se retrouve en pleine Histoire. Immédiatement, on pense à Astérix, au frère de Bonemine, le maire de Lutèce et on sourit. C’est comme ça.

Il n’y a rien à voir, diront certains. Oui, en effet, que des gradins, mais des gradins qui ont presque 2000 ans et qui étaient ceux d’un théâtre romain. Les gens du quartier qui connaissent l’endroit viennent y manger les midis d’été. Des enfants jouent au ballon comme ils le feraient n’importe où sans se soucier d’en savoir plus. Et quelques touristes curieux y débarquent. Dont je fus, il y a quelques années de cela.

Les arènes de Lutèce constituent-elles un incontournables des hauts lieux parisiens? Je ne sais pas et ce n’est pas à moi de le dire. Mais qui aura la curiosité de pousser jusque là ne le regrettera pas.

Zone sinistrée

starr abbott

Entre les journaux, les magazines, le livre commencé la veille et les lettres auxquelles répondre, la lectrice de Starr Abbott ne sait quoi choisir. Elle a tout mis devant elle. Et sa table ressemble à la mienne où s’entassent des livres, des cartes postales, des lettres, deux revues littéraires, une coupure de journal, des plumes, des CD. Mon petit bazar sans lequel je ne vis pas – auquel s’ajoutent mon clavier et mon écran, là où je raconte, où je ma raconte, où je tente de partager mes différentes passions.

J’aime ce fouillis devant elle, comme j’aime aussi le mien. Quoique mon capharnaüm est bien pire que le sien et dépasse l’espace de ma table de travail, avec les dictionnaires à portée de main, sur la tablette escamotable de la bibliothèque elle aussi envahie de livres et de CD. Mon bureau, c’est mon lieu, c’est celui où je ne laisse entrer personne. Je l’appelle zone sinistrée et en interdis l’accès si quelqu’un me visite. J’évite ainsi des remarques désobligeantes et des crises cardiaques.

De temps en temps, je décrète qu’il faut que je range un peu et je le fais. Mais ça dure le temps que ça dure. Bien vite, mon bureau ordonné redevient ma zone sinistrée. Et j’y suis bien. Délicieusement bien.

La neige salvatrice

j. theodore johnson

Il neige, une fois de plus. Mais la lectrice de J. Theodore Johnson n’en a cure. Il fait bon près du radiateur et elle a de quoi s’occuper tout le temps que le ciel déversera ses flocons. Et en fait, cette neige lui convient. Elle a servi de prétexte à ne pas sortir, à ne pas aller prendre un verre quelque part dans un de ces endroits bondés, à ne pas se retrouver aphone quand elle rentrera, ahurie. Car elle n’aime pas la foule, et encore moins la cacophonie de ces lieux qu’on envahit le samedi soir.

Elle sourit quand elle regarde dehors. La neige salvatrice lui a permis de rester seule avec son livre.

La lectrice indisciplinée

steve t. laws

Parce qu’elle ne savait lequel choisir, la lectrice de Steve T. Laws a apporté la pile au salon. Ça lui évitera de faire ce qu’elle fait une fois sur deux, c’est-à-dire se lever pour aller chercher un autre livre, puisqu’elle adore aller de l’un à l’autre.

Une de ses amies qui est incapable de procéder ainsi lui a récemment dit qu’elle manquait de discipline. Comme si lire un livre de la première page à la dernière sans ouvrir aucun autre livre était un signe de discipline! Elle a ri. La lecture n’a rien à voir avec la rigueur, c’est un plaisir. Or, si son plaisir est justement de glaner ici et là des phrases et non pas de lire un livre à la fois, pourquoi devrait-elle se plier aux conseils de son amie qui la juge mauvaise lectrice ?

Il n’y a pas de règles pour les lectrices et les lecteurs. Seul compte le plaisir, qu’il soit dans le livre dévoré d’une traite ou dans le fait de passer de l’un à l’autre.

Devant l’âtre

daniel pasmore

Est-ce à cause d’un mari suspicieux ou d’une épouse jalouse que la lectrice de Daniel Pasmore s’apprête à jeter au feu la plus récente lettre de son amant ? Parce que des mots aussi passionnés et aussi brûlants ne peuvent qu’être brûlés ? Parce qu’il vaut mieux que jamais quiconque ne tombe sur pareille missive ? Et pourtant, elle hésite. Elle aimerait pouvoir la porter sur elle plutôt que la détruire. Elle hésite toujours.

La flamme va effacer les traces. Mais jamais elle n’oubliera aucune des phrases de l’aimé.

Sous les draps

quint buchholz 2

Elle lisait au lit, tandis qu’il dessinait. Puis, elle s’est levée et a fait du café. Il a bu le sien près de la feuille barbouillée d’encre, tandis qu’elle prenait le sien assise sur le bord du matelas en le regardant. En le regardant comme il la regarde quand il la peint ou la dessine. Avec la même intensité. Comme pour fouiller son âme.

Puis, elle a posé le livre au sol, à côté des autres, l’a laissé ouvert à la page qu’elle lisait. Dessus, il a posé l’encrier, sans même s’en rendre compte.

Ils avaient mieux à faire en cette journée. La lectrice et le dessinateur de Quint Buchholz se sont glissés sont les draps.