Zone sinistrée
Entre les journaux, les magazines, le livre commencé la veille et les lettres auxquelles répondre, la lectrice de Starr Abbott ne sait quoi choisir. Elle a tout mis devant elle. Et sa table ressemble à la mienne où s’entassent des livres, des cartes postales, des lettres, deux revues littéraires, une coupure de journal, des plumes, des CD. Mon petit bazar sans lequel je ne vis pas – auquel s’ajoutent mon clavier et mon écran, là où je raconte, où je ma raconte, où je tente de partager mes différentes passions.
J’aime ce fouillis devant elle, comme j’aime aussi le mien. Quoique mon capharnaüm est bien pire que le sien et dépasse l’espace de ma table de travail, avec les dictionnaires à portée de main, sur la tablette escamotable de la bibliothèque elle aussi envahie de livres et de CD. Mon bureau, c’est mon lieu, c’est celui où je ne laisse entrer personne. Je l’appelle zone sinistrée et en interdis l’accès si quelqu’un me visite. J’évite ainsi des remarques désobligeantes et des crises cardiaques.
De temps en temps, je décrète qu’il faut que je range un peu et je le fais. Mais ça dure le temps que ça dure. Bien vite, mon bureau ordonné redevient ma zone sinistrée. Et j’y suis bien. Délicieusement bien.
Je suis tout comme toi : heureuse dans mon fouillis où je retrouve chaque chose dès que j’en ai besoin !
« Une table trop encombrée comme toutes les tables où l’on s’arrête souvent, voici le lieu d’où j’écris. Là sont mes mots presque illisibles, écrits à contretemps, à contre espérance aussi, envolés d’une fenêtre toujours ouverte sur la lumière… »
Commentaire by agnès — 7 février 2008 @ 6:50