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Ce que mots vous inspirent 2343

KAPLAN (Phyllis)

Le sage est celui qui s’étonne de tout. (William Hazlitt)

*toile de Phyllis Kaplan

Île 1

GODEST (Marie) - 12

Je n’ai pas pu
Retracer la route

Je perds pieds
Les tempêtes

Mes empreintes
Sur la grève s’envolent

Petit vent
À la tombée du soleil

Une ombre me veille.

Natasha Kanapé Fontaine, Nanimissuat île-tonnerre

*choix de la lectrice de Marie Godest

La fête de Chapultepec

chapultepec

La fête de Chapultepec, un bel album pour enfants imaginé par Marie Barguirdjian à partir d’une toile de René Derouin, est un livre de toute beauté. Rien de moins. Et quiconque l’ouvrira sera séduit, qu’il soit petit ou grand.

L’histoire qui nous est racontée ici est celle de Pedro et des siens, un jour de fête à Chapultepec, au Mexique. Un jour pas ordinaire puisque Pedro y fait une rencontre peu banale alors qu’il courait après un cerf-volant avec ses frères et sœurs. En effet, la dame au visage maquillé de bleu a bien vu que Pedro, dans sa course, a perdu de vue Diego, Federico, Angela et Carmela, et même, qu’il est perdu tout court.

Le voyage qu’elle lui impose pour qu’il comprenne ce qui l’effraie est troublant. Des poissons jaillissent de nulle part, de même que des loups, des chiens, des masques effrayants. Puis des créatures squelettiques surgissent à leur tour alors qu’il survole les lieux sans pouvoir mettre un terme à cette course affolante. Mais la Grande Prêtresse de Chapultepec veille sur Pedro et il finira par retrouver sa famille, après avoir eu bien peur.

Même si l’histoire finit bien, même si la toile qui a servi à la raconter est finement découpée pour en révéler tous les détails, et même si j’ai été éblouie par ce travail, car j’aime que les tableaux inspirent les écrivains, je me demande à quel point cet album est destiné aux enfants tant il peut faire peur. Mais il est si beau… C’est pourquoi je conseille qu’il soit lu à haute voix par un adulte plutôt que par l’enfant lui-même, dans le but de lui éviter des cauchemars et pour qu’il profite vraiment de la richesse de cet album qui se démarque.

The Magic Pudding

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Grâce à une carte postale, apprendre l’existence d’un album pour enfants qui fête ses 100 ans en 2018. Et en cherchant un peu, découvrir que The Magic Pudding, de l’Australien Norman Lindsay, est la version simplifiée de The Magic Pudding: Being The Adventures of Bunyip Bluegum and his friends Bill Barnacle and Sam Sawnoff.
Mais tristement constater que ce livre n’est pas disponible dans les bibliothèques de Montréal, alors que ceci m’avait mis l’eau à la bouche!

Ce que mots vous inspirent 2342

KASTORI (Kalli) - 1

Un mensonge n’a aucun pouvoir en lui-même. Il devient important dès lors qu’on accepte d’y croire. (Baptiste Beaulieu)

*toile de Kalli Kastori

L’aube est un visage 4

CZENE (Béla) - 22

Écrire prend les mots en bouche
les affectionne, les vocalise
et d’un murmure les fait caresses
à ton oreille qui les mange
moi je les embrasse
d’un français qui coule
savoureux sur ta gorge et sur ma langue
l.Écluse où je me penche
écoute dire ma pensée
le cours des rives où je m’assieds
te parle de l’instant passé déjà

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Béla Czene

Mémoire en fugue

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Avec Mémoire en fugue, Laïla Héloua, auteure de la jolie série Mandarine et Kiwi, signe son premier roman pour les adolescents. Titre bien trouvé pour raconter l’histoire de William, amnésique à la suite d’un accident.

Dès les premières lignes, le lecteur sera emporté par le rythme assez rapide de cette intrigue qui dépasse le fait de sortir du coma et d’être amnésique, car les images qui surgissent, sortes d’instantanés, sont loin d’être claires pour William. Déjà qu’il a à tout retrouver de ce qui s’est perdu lorsqu’il a été frappé par une voiture, de son prénom aux liens qu’il entretient avec les siens, en passant par tout ce qui était sa vie avant.

Non, William n’est pas un grand joueur de hockey malgré le sentiment de joie provoqué par la simple idée de ce sport. Non, il n’a jamais vécu ailleurs que là où il vit, aux dires de ses parents. Non, il ne sait pas ce que faisait là son frère le soir de l’accident, ce dernier ayant tout vu et subi un tel choc qu’il ne semble pas être en mesure de redevenir celui qu’il était avant ce soir d’Halloween, jour fatidique entre tous où tout a basculé.

Mais ce dont il est certain, alors que la mémoire semble sortir de l’ombre, c’est qu’on lui ment, qu’on ne lui fournit pas tous les détails, qu’on élude certaines questions. Mais pour quelles raisons? Et quel est ce type avec un chapeau qui suivait William depuis des jours et qu’il a voulu confronter le 31 octobre?

Les choses ne traînent pas en longueur ici, le lecteur est vite fixé sur le rôle de chacun. Et le dénouement ne tardera pas.

On aurait peut-être aimé un peu plus de détails, davantage d’explications sur la protection des témoins à qui l’on donne une nouvelle identité, mais il n’en reste pas moins que Mémoire en fugue demeure un bon thriller pour les jeunes de 11 à 13 ans, et qu’il leur donnera envie de faire des recherches pour aller au-delà de ce qui leur est proposé dans ce roman d’une centaine de pages.

Les sorcières de Salem

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À l’occasion de la fête d’Halloween, c’est avec plaisir que je partage avec vous ces cartes postales de Salem, au Massachusetts – que m’a rapportées mon amie Heidi–, endroit connu notamment pour ses sorcières et le procès qu’on leur fit en 1692.

J’ai eu l’occasion de visiter cet endroit enfant. Et si mes souvenirs sont un peu flous, je me rappelle avoir été impressionnée par les robes longues des dames qui nous accueillaient au Salem Pioneer Village.

Ce que mots vous inspirent 2341

KATAKURA (Mizuki)

Quand on observe, comprend, accepte, partage, pardonne, et construit, on est dans l’être et pas le savoir. (Guy Sallat)

*toile de Mizuki Katakura

L’aube est un visage 3

FURCHGOTT (Terry) - 5

La musique ton odeur
ton velours une douceur

tu me vois qui te vois parmi des cils
je t’appartiens quand tu souris

mes lèvres cherchent ton cœur
entre peaux d’Indiens

nos aines un refuge
laine de nos hivers

baisers pluriels
entre paroles et silences

d’un je solitaire jusqu’à nous
le temps courbe

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Terry Furchgott