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L’aube est un visage 3

FURCHGOTT (Terry) - 5

La musique ton odeur
ton velours une douceur

tu me vois qui te vois parmi des cils
je t’appartiens quand tu souris

mes lèvres cherchent ton cœur
entre peaux d’Indiens

nos aines un refuge
laine de nos hivers

baisers pluriels
entre paroles et silences

d’un je solitaire jusqu’à nous
le temps courbe

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Terry Furchgott

L’ultime voyage

ultime 1

On pourrait ne se fier qu’aux critiques et ne jamais aller au cinéma parce que celles-ci sont mitigées ou tièdes. On peut aussi ne les lire qu’après coup et se dire qu’on a bien fait de ne pas les avoir parcourues avant d’aller voir un film.

C’est ce que je me suis dit après avoir fait le tour des différents articles sur L’ultime voyage, un film de Pablo Solarz, relatant le rocambolesque voyage d’Abraham Bursztein, 88 ans, qui a quitté la Pologne pour l’Argentine il y a 70 ans, et qui a choisi de retourner au pays de ses racines. Même s’il déteste tout de la Pologne, jusqu’au mot même, pour tout ce qu’elle représentante de son passé de Juif qui a échappé à la mort.

Or, à son âge, il n’a plus rien à perdre. Ses filles ont vendu sa maison, et il n’a pas l’intention de vivre dans cette maison de retraite qu’elles ont choisi pour lui. Pas plus qu’il n’acceptera qu’on lui coupe la jambe, gangrénée, qui lui rend les déplacements de plus en plus difficiles. Non, pas question.

Il est temps de faire le trajet inverse à celui qu’il a fait quand il avait 18 ans. Temps de tenir une promesse qu’il a faite à celui qui l’a caché, promesse qu’il s’est faite à lui-même. Et surtout sans le dire à quiconque afin que nul ne le retienne, que personne ne veuille l’empêcher d’aller au bout de son projet, et qu’il aille à la rencontre de son destin.

Mais il n’est pas simple d’aller de Buenos Aires à Varsovie. Il faut pour cela s’arrêter en Espagne, aller jusqu’à Paris et traverser l’Allemagne avant d’y arriver. Au risque de se faire tout voler, ce qui va arriver. Au risque de devoir se faire aider par une Allemande, oui, une Allemande. Au risque de tomber malade, ce qui n’était pas prévu.

Mais Abraham, bien que bourru et pas vraiment sympathique, a de la chance. Il y a toujours quelqu’un sur son chemin pour l’aider. Et si parfois, tout cela a l’air « arrangé avec le gars des vues », il n’en reste pas moins que chaque personne dans la salle souhaitait qu’Abraham réussisse, malgré les embûches, parce que les projets fous font toujours un peu rêver…

L’ultime voyage n’a rien d’un grand film, malgré une belle direction d’acteurs, et des scènes drôles, attendrissantes et presque surréalistes. C’est un film touchant. Et je ne regrette pas d’avoir vu ce film qui m’a fait verser quelques larmes, et encore moins de ne pas avoir lu ce qu’on en dit avant de le voir.

ultime 2

Pour oublier le gris de novembre

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(photo de J. E. Rubio)

Rien de tel que des coquelicots pour oublier que le mois le plus gris de l’année est à nos portes.
Mon amie Nadine, qui est horticultrice, ne pouvait choisir carte plus parfaite pour la saison.

Ce que mots vous inspirent 2340

KING (Haynes) - 10

Les absents sont assassinés à coups de langue. (Paul Scarron)

*toile signée Haynes King

L’aube est un visage 2

TRÜBNER (Wilhelm) - 2

L’amour
lieu orphelin
pour se rejoindre
un trouble désordre
un poème dont on naît

L’œil noir de l’eau
au-dessous de nos étreintes
souvenirs étales
l’un et l’autre
retenus

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Wilhelm Trübner

Un grand-père pas comme les autres

transformable

Un grand-père qui peut se transformer au gré de ses désirs, ça peut être formidable. Il ne suffit que de dire tout haut ce qu’on souhaite tout bas pour que le moindre caprice, la moindre lubie, la plus petite idée devienne réalité.
Devenir dinosaure, dauphin, voiture de sport, tarte aux pommes pendant un moment n’est nullement impossible au grand-père transformidable du jeune héros, qui ne quitte jamais son chapeau. Au grand plaisir de son petit-fils et de ses amis.

Un grand-père comme cela, c’est tellement extraordinaire. Tellement formidable. Si, si. Enfin, jusqu’au moment où, devenu un robot de l’espace prêt à affronter tous les monstres intergalactiques, celui-ci se trouve dans l’impossibilité de retrouver son corps et sa vie de grand-père. Malgré les efforts de tous, la consternation des autres, et les bisous qui savent d’habitude remettre les choses en place.

Mais rassurez-vous, tout rentrera dans l’ordre grâce à Lola. Je ne vous dirais pas de quelle façon.
Je vous dirai simplement que cette (més)aventure permet au jeune avant d’apprécier son grand-père à sa juste valeur et non pas parce qu’il se transforme quand son petit-fils en a envie, et que c’est là un très beau message.
Un grand-père qui nous aime est précieux, juste parce que c’est un grand-père qui nous aime. Point.
Un bel album signé Alain Serres et illustré sobrement par Hervé Blondon, auquel je n’ai trouvé qu’un seul bémol : Lola n’y est pas remerciée alors que c’est grâce à elle que tout rentre dans l’ordre.

Munich, autrefois

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Vue de Marienplatz, Munich, en 1860 – photo de Georg Böttger

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Curling au Theresienwiese, Munich, 1910

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Marché d’hiver, Munich, 1912

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Zeppelin au-dessus de Munich, 1930

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Karlstor-Rundell, Munich, 1939

J’aime beaucoup les cartes postales représentant des photos prises il y a longtemps. Monique le sait bien, elle qui m’a rapporté ces cinq cartes, et bien d’autres, de Munich.

Ce que mots vous inspirent 2339

KOUSTODIEV (Boris) - 6

Marrant, comme la solitude reste suspecte chez une femme. C’est signe soit de tristesse, soit de dépression, soit de ratage total de sa vie sentimentale, mais en aucun cas ce ne peut être un choix. (Caroline Boudet)

*toile de Boris Koustodiev

L’aube est un visage 1

THOMESEN WERENSKIOLD (Sofie)

Sur ton épaule le matin
La note d’eau coule
Un allegro de blé

L’apaisement

Et la mer ira comme elle veut
Soulever terres et millénaires
Terrer sa violence blanche

L’aube est un visage
Tes sourires
Ton ambre regard
Tes refuges
Mes espérances

Chantal Fortier, L’aube est un visage

*choix de la lectrice de Sophie Thomesen Werenskiold

Parlez-vous québécois 70

DOVER (Annie) - 15

Sparage : simagrée
(dans Parlez-vous québécois? de Claire Armange)

*toile d’Annie Dover