De quand datent ces lettres? À qui et par qui ont-elles été écrites? Pour quelles raisons ont-elles été conservées? Voici là quelques pistes pour animer la toile de Chantal Vortisch-Anglade déposée à votre intention afin que vous la fassiez vivre en vos mots. Comme vous l’avez fait pour l’illustration de la semaine dernière.
Aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Vous avez donc amplement d’écrire quelques lignes d’ici le prochain accrochage, qu’il s’agisse de votre première comme de votre centaine expérience. Il est bien entendu que c’est avec plaisir que nous vous lirons dans sept jours.
D’ici là, bonne semaine et bon dimanche à tous!

3 réponses
« Il est sage de brûler les lettres d’amour, mais il est doux de les conserver, de les classer, de les reprendre et de les relire souvent dans la niche de soie parfumée où l’on s’est plu à les encercueiller. La sensation qu’elles nous donnent à leur arrivée ne saurait être perpétuée ; toutefois, il est bon de songer à la curiosité rétrospective qu’il nous viendra avec les frimas de la vie, et nous nous décidons tous plutôt malaisément et à contre-cœur à anéantir les chères expressions vivantes qui souvent survivent aux ardents sentiments qui les ont dictées. »
Octave Uzanne, La correspondance d’amour
Je ne pourrais pas mieux dire!
Deux, trois lettres écrites chaque jour,
Deux, trois lettres pour dire l’amour.
Deux, trois lettres jamais envoyées.
Deux, trois lettres toutes retournées.
Deux, trois lettres à soi envoyées,
Deux, trois lettres pour se consoler.
Deux, trois lettres, ça fait un paquet,
Deux, trois lettres, l’envoi d’un bouquet.
Deux, trois lettres en quelques années.
Deux, trois lettres non réceptionnées.
Deux, trois lettres parfois égarées.
Deux, trois lettres qu’on veut oublier.
Deux, trois lettres de non-retour.
Deux, trois lettres qui ne parlent plus d’amour.
Deux, trois lettres qui font mal au coeur.
Deux, trois lettres niant le bonheur.
Deux, trois lettres qu’on jetterait bien.
Deux, trois lettres qui ne font pas du bien.
Deux, trois lettres de séparation.
Deux, trois lettres: réconciliation.
Deux, trois lettres ne contenant rien
Deux, trois lettres qu’on déchirerait bien.
Deux, trois lettres en mal de tendresse.
Deux, trois lettres courtes, signe de paresse.
Deux, trois lettres plutôt espacées.
Deux, trois lettres très peu nuancées.
Deux, trois lettres de sens un peu vides.
Deux, trois lettres d’attente avide.
Deux, trois lettres comme des murmures.
Deux, trois lettres dressées comme des murs.
Deux, trois lettres aux mots un peu durs.
Une lettre… qui signe la rupture.
Il fredonnait certains matins
Les feuilles mortes de Prévert
Pour éloigner ses chagrins
Ne plus penser à la guerre
Dans le secret des confidences
Qu’il murmurait seul dans la nuit
Toute la pudeur de ses silences
Et des pages blanches pour seuls amis
Connaissons-nous suffisamment
Jusqu’au jour où l’on n’est plus
Les blessures qui laissent le temps
Et les amours à jamais perdues
Des lettres gardées avec soin
Qu’il a adressés à un autre amour
Qui toute une vie est resté le sien
Comme le soleil de chaque jour
Il avait écrit « ma tendresse »
Comme un murmure affectueux
Auquel on ajoute une caresse
Et le sentiment d’être heureux
La mort brise nos destins
Et dévoile les amours d’hier
Il fredonnait certains matins
Les feuilles mortes de Prévert.