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Observer ou imaginer?

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La semaine dernière, le directeur de notre service nous a invités au restaurant pour nous féliciter pour le magnifique travail accompli ces deux derniers mois qui sont pour nous parmi les plus occupés de l’année. Occasion de nous réunir une fois de plus, hors de « notre » bureau, puisque tous les midis, c’est dans le bureau des traductrices-réviseures que se réunit toute l’équipe pour manger.

Occasion de plus de parler du boulot, encore… au grand désespoir de l’adjointe administrative qui nous a rappelés à l’ordre, si bien que notre directeur a fait un petit tour de table avec une question. Étions-nous de bons observateurs et sur 10, quelle note nous donnions-nous? J’ai estimé que j’étais assez bonne, ce qui voulait dire 7 sur 10.

C’est là que les choses ont commencé. Il s’agissait d’observer deux femmes à une table. Comme nous pourrions le faire à partir de cette toile de Sally Strand, dans ce café aux livres ouverts. Que voyez-vous? Qui sont-elles? Quels gestes indiquent le lien entre elles? Quels indices permettent d’en dire plus?

Marc ne sait pas que tous les jours de ma vie, je joue à ça. À regarder les gens, à leur imaginer des vies. À regarder des tableaux et à inventer. J’ai donc fait ce que je fais tout le temps. Et ce que j’appelle de la divagation ou des histoires à dormir debout, lui appelle ça le sens de l’observation. Comme quoi! J’ai eu 8,5 sur 10. Par contre, on ne saura jamais si rien de ce que j’ai inventé n’était vrai…

Histoire d’oreilles de lapin

lapin or

Maintenant que j’ai mangé ses oreilles, mon lapin Lindt n’a plus du tout la même allure. À un point tel que je me demande si je ne vais pas aller chercher des oreilles de lapin de remplacement. Si, si, ça existe. Et là où on ne penserait jamais trouver une telle chose. Juste à côté du comptoir-caisse de chez Archambault, le grand magasin de musique. Ce qui m’a laissée perplexe. Jusqu’à ce que je fasse le lien. Sans oreilles, les lapins n’entendent plus la musique.

Jour vert comme un trèfle de la Saint Patrick

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L’arrière-grand-père de mon arrière-grand-père était irlandais. Et de plus, il portait le prénom le plus irlandais qui soit, il s’appelait Patrick. Il est probablement arrivé sur un de ces bateaux qui traversaient de peine et de misère l’océan pour le Nouveau Monde riche de promesses. Probablement au début du XIXe siècle, avant la Grande Famine. Ce qui fait de moi une Irlandaise, comme 40 % de la population québécoise et quatre millions de Canadiens, comme on le relate ici.

C’est donc ma fête! Et pour la souligner, les toiles du jour seront vertes. Et je porterai du vert, pour aller avec le vert de mes yeux, probablement hérité de mes ancêtres irlandais.

Vous dansez?

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Et si on ne peut pas être sérieux ou vraiment pas, et surtout ne pas se prendre au sérieux, à quoi sert-il d’avoir un blog? Et si on ne se permet pas d’être soi, de prendre toutes les libertés, autant pour faire quelques constats, pour créer, pour se raconter, pour partager, à quoi sert-il d’avoir un blog? À rien.

Et pour tout de suite, il ne servira qu’à faire danser. Qu’à ça. Et sur le seul et unique tube de Bimbo Jet. Qui sait même rendre les chats heureux.

Ah, je lis trop de livres?

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L’une s’installerait à la fenêtre. Elle lirait, tranquille. Il lui apporterait une tasse de thé, l’embrasserait. L’autre irait au jardin, toujours avec un livre. Il la regarderait et lui écrirait des vers qu’il viendrait murmurer à son oreille. Une autre serait là, sagement, à tourner les pages d’un livre tandis qu’il la photographie. Et moi, je voudrais bien être n’importe laquelle d’entre elles.

Je ne peux pas, vous dites? Je n’ai ni l’âge ni le physique des modèles de Vidan? Vous avez raison, mais bon, on le fera un peu myope… Et des types comme ça, ça n’existe pas? Mais si, je vous dis. Hier encore, dans le livre que je lisais… Ah, je lis trop de livres?

Je devrais trouver une toile plus réaliste? Oublier le type de l’histoire? Vous n’auriez pas autre chose à me suggérer? Vous ne pourriez pas me laisser mes illusions pour une heure ou deux? Une demi-heure, juste ça? C’est tout ce que vous pouvez me donner? Et juste comme il allait n’embrasser… Décidément, vous êtes trop durs avec moi, amis lecteurs.

Mais bon, je ne vous en tiendrai pas rigueur. Pour cette fois.

Le jeu des lecteurs de journaux

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Il est parfois fascinant de regarder les lecteurs de journaux. Certains y vont avec minutie, débutant par la une et parcourant le journal sans laisser passer le moindre encadré. D’autres commencent par la fin. D’autres encore semblent faire du slalom en prenant soin d’éviter certaines pages. Et il y a ceux qui vont directement aux sections qu’ils affectionnent.

Ils ne savent pas que je les regarde, que j’examine leurs moindres gestes. Que je pousse même la chose jusqu’à un jeu innocent de deviner la lecture des uns et des autres à partir de la tête du client.

Celui peint par l’artiste venezuelien Ivan Dario Hernandez donne à penser qu’il va lire les pages consacrées à l’économie. Et c’est là que tout commence. Je m’approche. Je ne fais semblant de rien. Parfois, la première impression était juste. Mais, justement, pas toujours. Et c’est ça qui m’amuse le plus. De découvrir que le jeune homme sortant du gymnase que j’imaginias se précipitant sur les pages consacrées aux sports sera plutôt attiré par la chronique de disques. Et que celui-ci que j’imaginais attiré par l’économie est en pleine dégustation. Il lit la page des vins et des restaurants. Comme quoi.

La femme de Louis-Joseph

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Louis-Joseph, qui pour tout expliquer répétait ad nauseam « Ça ne prend pas la tête à Papineau », s’est-il jamais demandé ce que son auguste et digne épouse que tout le monde dans le quartier appelait Madame Ragnagna, pouvait bien faire de ses après-midi? Trop pris à peaufiner son ego ou à diriger à la baguette son usine, il est fort possible qu’il n’ait jamais remarqué que Madame Ragnagna se travestissait pour aller voir ce qui se passait ailleurs.

Vêtue des atours que lui conférait son titre de catholique émérite, tout droit sortie d’une toile de Dirck Hals, elle allait fureter dans les beaux quartiers question de voir comment avait bien pu réussir le paria dont on avait brisé les carreaux et démoli la cheminée. La rumeur, en effet, voulait qu’il se soit installé ailleurs, dans une maison aux volets bleus où chacun pouvait venir.

Et c’était vrai. Le paria vivait bien dans cette maison dont on lui avait parlée. Ce que Madame Ragnagna s’était fait un plaisir de raconter. Un plaisir? Disons plutôt qu’elle avait ajouté ce devoir à ceux de l’office dominical et au chapelet du quatorze heures.

Oui, tout cela est vrai. La rapporteuse de service avait fait son enquête. Le boiteux l’avait su. Celui qui lui faisait le joli cœur aussi. Tout comme la diseuse de bonne aventure et le banquier. Voire mère la Mère Michel.

Il n’en est qu’un qui ne sut jamais vraiment. Ou qui fit semblant de ne jamais savoir. L’histoire ne le dit pas. Elle dit seulement que Louis-Joseph peaufinait son ego pendant que Madame Ragnagna notait tout de la vie du paria. Qui n’était pas aveugle, malgré la rumeur.

Lectures de salon… de coiffure

magazines

Il paraîtrait qu’on va chez le coiffeur ou la coiffeuse pour une coupe, une teinture ou une mise en plis. Que c’est le lieu. Si, si, on le dit. Et c’est sûrement le cas puisque je suis sortie de chez Mimi mes racines ravivées, ma frange coupée et avec un chignon. Donc, la preuve est faite.

Sauf que maintenant je sais aussi que Machintruc d’un reality show que je ne connais pas se serait séparé de Miss Bouclettes que je ne connais pas plus. Et même que c’est un Monsieur Muscle quelconque qui est la raison du drame. J’ai aussi appris comment coordonner un pantalon avec un top pour qu’il serve autant pour le travail que les cocktails. (C’est quand mon prochain cocktail, au fait?) Et puis, j’ai appris pour une seconde fois la mort de Rostropovitch et de Lucie Aubrac. Parfois, il vaut mieux lire des choses qu’on sait que des bêtises.

Et puis, j’ai vu des photos d’une Kate ou d’une Kathleen, mais je ne sais plus si c’est la fiancée d’un prince ou l’épouse du beau-père de celui-ci. Je me perds tout le temps avec les noms à particules.

Que des lectures édifiantes, je vous assure.

Je crois que j’ai bien fait de dormir sous le sèche-cheveux. J’en avais appris assez pour aujourd’hui.

Il ne faut pas éventer la chose…

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Je sais, je sais, on dit beaucoup de mal des célibataires. Elles ne savent pas cuisiner, elles ne mangent que des plats surgelés, leur frigo est toujours vide, etc. Je sais, je sais. Mais ceux qui affirment ces « vérités » ne savent pas que Lali sait faire la cuisine… Filet de truite aux herbes de Provence, confiture de poivrons rouges et patate douce au beurre. Et une assiette encore plus bleue que le ciel! Mais chut, il ne faut pas éventer la chose, je n’ai fait qu’une seule portion…

Lectrices en vedette

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Il y a un moment, Caroline, de Fenêtres sur la cour, m’a envoyé une photo lectrice faisant la couverture d’un magazine. Je ne saurais pas dire aujourd’hui laquelle de celles-ci, précisément. Je sais seulement que ça m’a donné l’idée d’en chercher quelques autres. Juste pour le plaisir. Juste pour le jeu. Et probablement aussi pour les partager avec vous. Tout de même, des lectrices en vedette sur la couverture de magazines, c’est plutôt agréable, non?