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La voix rocailleuse de Tom Waits

tom waits

Je ne m’aventurerai pas à vous faire le tracé de Tom Waits. Je n’ai pas le talent de fouineur que d’autres ont ni une connaissance assez grande de la musique pour le faire. Mais je peux vous dire que l’univers de Tom Waits, que certains appellent glauque, en est un fait d’histoires. Que ces histoires, Tom Waits les interprète dans un mélange rock-jazz-blues qu’on reconnaît dès les premières notes. Et que s’il en faut davantage, sa voix rocailleuse ne peut pas nous tromper.

Et quand j’écoute Tom Waits, je ne peux que penser à cet automne de mes 20 ans, à un appartement de la rue Garnier, à Alain, le prof de Gaspé qui avait entrepris mon éducation musicale et qui a ouvert des avenues que j’ai continué d’explorer toute seule ou avec un peu d’aide.

Et pour vous donner le goût de Tom Waits, j’ai choisi The piano has been drinking, chanson tirée de son album Small change (1976) :

Coup de foudre pour Melody Gardot

melody gardot

Ce n’est pas pour jouer les stars que la jeune Melody Gardot cache son regard derrière des lunettes noires. Pas plus pour attirer la compassion qu’elle marche avec une canne. Elle n’a pas le choix, ce sont là les séquelles d’un accident. Une voiture qui heurte une jeune cycliste de 19 ans. Son périple est une véritable leçon de courage.

Et sa voix, les chansons qu’elle écrit, vont vous chavirer le cœur. Car il s’agit ici d’un talent exceptionnel. On aurait presque envie de dire qu’elle a été touchée par la grâce tant ce qui se dégage de cette voix est d’une pureté. D’une douceur.

Je suis restée des heures à écouter l’artiste de Philadelphie au prénom prédestiné. Des heures et des heures. Heureuses. Rarement un album est-il aussi parfait.

À titre d’exemple, Love me like a river does tiré de l’album Worrisome Heart.

Cela devrait vous donner le goût d’acheter le CD. Vous ne le regretterez pas.

Souvenir de 1981

bette davis eyes

On entre dans une boutique, le cœur innocent et la tête ailleurs. Les dernières notes d’une chanson se font entendre. Et toute la journée, on fredonne Bette Davis Eyes.

Et on se souvient. Et on a 20 ans à nouveau. Et les images défilent. La « café rouge » du Pavillon Lionel-Groulx de l’Université de Montréal, où on regardait des vidéos, dont celui de Kim Carnes interprétant un des grands hits de 1981. La petite bande de l’époque. Et on sourit.

Et dès qu’on rentre, on s’empresse de retrouver la chanson. L’envie est trop grande de se déhancher en écoutant Bette Davis Eyes. Et de bouger sa chevelure à la manière de Miss Carnes, il va sans dire. Et on sourit encore.

Vous dansez?

chat-écouteurs

Et si on ne peut pas être sérieux ou vraiment pas, et surtout ne pas se prendre au sérieux, à quoi sert-il d’avoir un blog? Et si on ne se permet pas d’être soi, de prendre toutes les libertés, autant pour faire quelques constats, pour créer, pour se raconter, pour partager, à quoi sert-il d’avoir un blog? À rien.

Et pour tout de suite, il ne servira qu’à faire danser. Qu’à ça. Et sur le seul et unique tube de Bimbo Jet. Qui sait même rendre les chats heureux.

Sei bella vita

morandi

Parfois, ce besoin de crier « la vie est belle », ou en italien « sei bella vita » avec la voix de Gianni Morandi. Parce qu’elle l’est, tout simplement.

Penso che in questo momento
c’è mezzo mondo che dorme
che nasce che muore
che spera e fa l’amore
e basta un colpo di vento
qualcuno si ferma per strada
tra sguardi incuranti
uno in meno uno dei tanti
abbiamo bisogno di sentire
che non siamo soli
sei bella vita come sei
sei bella vita
penso e non trovo il senso
forse il senso non c’è
è solo paura
di questa selva oscura
fiondati sulle autostrade
o stretti nelle discoteche
urliamo allo stadio
abbiamo bisogno di riempire
questo vuoto nel cuore
sei bella vita come sei
tra le mie dita
sei bella vita come lei
sei bella vita
sai
Dio mio quanta ne ho sciupata
e quante volte ho pensato è finita
penso che in questo momento
c’è mezzo mondo che dorme
che spera che lotta che muore
che fa l’amore e tu sei qui con me
sei bella vita come sei
quando respiro cammino
da quando amo lei
abbiamo bisogno di sentire
che non siamo soli
sei bella vita come sei
non ti ho tradita
sei bella vita come lei
io non ti ho mai tradita
se penso ai tramonti sul mare
alle cose che ho voglia di fare
agli amici alla musica al sole
all’amore e tu sei qui con me
penso che in questo momento
c’è mezzo mondo che dorme
sei bella vita come sei
quando respiro cammino
da quando amo lei

Et pour les autres titres de l’album Il Tempo Migliore, il faut aller ici. Parce que certains soirs, les mots sont plus beaux en italien. Et ça ne s’explique pas!

Hildegarde pour la sérénité

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Il y a des jours qui se prêtent à écouter de la musique mystique sans pour cela faire de nous autre chose que des mélomanes épris de douceur et de sérénité. C’est pourquoi j’ai choisi pour ce dimanche où je ne compte pas sortir (pour le moment, car on ne sait jamais…) les chants de la religieuse bénédictine Hildegarde de Bingen, qui datent de neuf siècles et adaptés façon « new age » par le compositeur/arrangeur/claviériste Richard Souther. Avec beaucoup de tendresse. Avec maîtrise. Avec sensibilité.

Je crois que vous aimerez The Living Light.

Les notes fluides de Wim Mertens

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J’ai toujours aimé le piano, les doigts qui glissent fluides sur les touches de l’instrument. Peut-être parce que j’ai grandi en écoutant ma mère jouer. Peut-être parce que pendant douze ans je me suis appliquée aussi à tenter de mon mieux à rendre écoutables les quelques pièces de Bach, Schumann ou Chopin que je retrouve assez facilement quand il m’arrive de m’asseoir sur le banc du piano familial. Ce piano qu’Armando a si joliment photographié un jour du mois d’août.

Mais je ne serai jamais une grande pianiste. Et ce n’est pas important tant que j’ai du plaisir à caresser les notes. Et tant qu’il y a des pianistes qui savent le faire et dont je puis écouter avec bonheur les compositions.

Je ne compte pas faire ici la liste de tous les pianistes/compositeurs qui me transportent. Après tout, j’ai toute la vie pour leur faire de la place ici, petit à petit. Et puis, ce que j’apprécie chez l’un n’est pas ce que j’apprécie chez l’autre. Je ne veux donc pas les mettre côte à côte. Je ne suis pas une critique musicale, et je ne compte vraiment pas le devenir. Je ne suis qu’une mélomane bien peu connaissante qui se laisse emporter par les notes de musique.

Et en ce vendredi où le ciel bleu du matin devient de plus en plus blanc, parce qu’il neigera encore, j’ai eu envie de piano. Une envie irrésistible de piano. Et je me suis tournée vers le compositeur flamand Wim Mertens.

La carrière de l’artiste ne se résume pas en deux lignes. Son parcours est trop impressionnant pour cela. Je choisirai simplement quelques mots clés pour illustrer les quelques avenues qu’il a empruntées : musique minimaliste, électronique, contemporaine, compositions pour le théâtre et le cinéma (par exemple, le film de Peter Greenaway, The Belly of an Architect), lyrisme, musique d’ensemble. Pour tout savoir de lui de lui, il suffit d’aller lire toutes les pages qui lui sont consacrées ici.

wim mertens

Et même si je sais que Struggle for pleasure a servi à une publicité en France qui n’a pas traversé l’océan, c’est celle que je choisis de vous faire écouter. Pour ces quelques notes fluides et tendres sur un clavier. Et pour vous donner le goût de découvrir Wim Mertens.

Une Brésilienne prénommée Nana

caymmi

Je ne connais à peu près rien à la musique. Ou disons plutôt que je connais un peu la musique. La musique classique, quelques chanteurs francophones, la musique celtique. Et ajoutons que j’ai la chance d’avoir deux très bons profs, mon ami Denis qui m’ouvre à toutes sortes d’horizons et Armando qui s’occupe de ma culture et qui signe chaque semaine sur du bleu dans mes nuages une succulente chronique intitulée Ma semaine en chansons qui me permet de faire de très jolies découvertes.

Pour le reste, je l’ai déjà dit dans un autre billet, je vais au hasard. Et c’est ainsi que des mondes que je ne connaissais pas arrivent à moi. Comme la Brésilienne Nana Caymmi. Bien entendu qu’Armando connaissait quand je lui annoncé toute fière la trouvaille que je venais de faire. Si bien que je suis à peu près certaine que Denis connaît lui aussi la fille de Dorival Caymmi. Donc, messieurs, mon billet n’est pas pour vous!

Puis-je dire aux autres que je suis sous le charme? Que celle qui a enregistré pour la première fois l’année de ma naissance une chanson de son père nous donne avec O mar e o tempo, paru en 2002, un magnifique album que j’ai plusieurs fois écouté en boucle? Que c’est un véritable bonheur, même pour moi qui ne parle pas brésilien (parce que j’ai eu l’idée d’apprendre l’italien plutôt), que de me laisser par sa voix et par la poésie s’en dégage? Si bien que j’ai maintenant envie de découvrir tous les albums de Nana Caymmi. Mais une chose à la fois. C’est comme pour les livres. J’ai là aussi une montagne qui m’attend…

Et bonne nouvelle, Armando m’a aussi appris à insérer une chanson, de telle sorte que vous pouvez vous aussi vous laisser bercer par Saudade da Bahia.

Pour Nana, je crois que ça valait la peine que je passe à l’ère moderne de l’écoute instantanée plutôt que par toutes sortes de liens pour que vous puissiez l’entendre, non?

Benito le Basque troubadour

lextrundi

Ma curiosité pour tout ce qu’on appelle ethnique, que ce soit cuisine ou musique, me viendrait-elle tout droit de l’enfance, alors que j’ai eu cette chance que l’univers s’ouvre à moi? Tout comme mon amour pour l’Histoire? Au bout de la rue, je goûtais les plats polonais que nous préparait le père de Donna. De l’autre côté de la rue, le père de Guy nous racontait la fuite d’Algérie des Pieds Noirs. On apprenait le français à Louba, une Ukrainienne qui avait bien dix ans de plus que nous. Et il y avait aussi Lina, la belle Italienne, qui s’était mariée à seize ans dans une robe de conte de fées. Et Lilian, la Pakistanaise, qui a fait des études de médecine. Et nous vivions dans cet heureux mélange de cultures, heureux.

Et ça continuait à l’école. Le père de Rosalia avait fui la Hongrie de 1956. Et Soraya, ma meilleure amie, mon inséparable, était une Dominicaine qui vivait à New York, son grand-père ayant quitté l’Espagne de Franco dès son arrivée au pouvoir.

Et je vivais au milieu de ces petites histoires et de la grande. Et je vivais ainsi en goûtant des plats exotiques. Et tout ça était naturel. Je ne pensais pas qu’ailleurs, dans bien d’autres quartiers, moins nouveaux, on vivait autrement, en pointant du doigt l’étranger qui s’était installé là-bas, dans un petit logement, avec ses quatre enfants qui finiraient par mieux parler le français que tous.

À la maison, je dansais sur un disque de musique hawaïenne et je pouvais écouter non stop un disque de musiques du monde qui me ravissait, tandis qu’au cours de gymnastique, on nous apprenait les danses irlandaises. Et qu’à la télé, la pub de Coca-Cola disait : « Si je veux rencontrer à l’autre bout du monde un gars qui va m’emballer, je sais comment le trouver… »

Le monde était là, omniprésent. Je n’avais pas six ans que j’apprenais le nom des pays en même temps qu’à lire et à compter. Le monde était là et il m’attendait.

Plus tard, je verrais des pays. Plus tard, je lirais des écrivains de partout. Plus tard, je ferais le tour du monde en chansons. Curieuse. Immensément curieuse et jamais assouvie.

Si bien qu’il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un jour je découvre le Basque Benito Lertxundi. Et que j’aie un véritable coup de foudre. Hitaz Oroit est un album magique dont on ne peut retirer aucune chanson tant l’album fait un tout uniforme, et duquel il est même difficile d’en extraire une qui serait plus représentative que les autres.

Mais si je devais en choisir une, je crois que ce serait Iluna Denerako, une berceuse écrite et composée par Benito Lertxundi qu’il a traduite ainsi :

Une chanson sur mes lèvres,
Vénus vacille dans le ciel,
lorsque tu sombres dans le premier sommeil,
quel secret gardes-tu dans ton for intérieur?

Comme une goutte distillée,
tu es tombé dans cette vallée de la vie;
tu es notre peau
et l’incarnation de nouveaux desseins.

Il y a en moi un refuge
qui t’abritera lorsque la nuit sera tombée.
Tu seras la résine
pour le feu qui inonde nos cœurs.

Benito Lertxundi fera partie de mes incontournables pour toute cette nostalgie et cette douceur qui se dégagent de ses musiques et de ses poésies. Moments magiques. Vraiment.

Des mélopées séduisantes

nyolo

Il y a tant de CD à la grande bibliothèque que je n’aurai pas assez de plusieurs vies pour tout écouter. Je suis donc allée au hasard. Bien évidemment, dans les bacs et les tiroirs réservés à la musique du monde. Pour nourrir mon esprit curieux. Pour ouvrir l’horizon.

La jolie robe que porte la Camerounaise Sally Nyolo sur son album Tribu a retenu mon regard. Pour le reste, je verrais ou plutôt j’entendrais.

Et j’ai plus qu’entendu. J’ai écouté avec ravissement l’album de Sally Nyolo, auteure/compositeure dont vous pouvez aussi écouter des extraits ici.

Elle qui a quitté son Cameroun natal pour Paris, elle qui a été choriste pour Jacques Higelin et Nicole Croisille, elle qui a reçu le prix Découverte de Radio France Internationale en 1997, elle qui a fait partie du groupe Zap Mama aux côtés de Marie Daulne, chante sur Tribu en Eton (sa langue natale) des mélopées toutes plus séduisantes et envoûtantes les unes que les autres.

Si d’aventure vous avez déjà un intérêt pour la musique africaine, vous ne pourrez qu’être emballés. Et si elle vous est totalement inconnue, voilà un joli plat de résistance. Vous ne pourrez que balancer les hanches au rythme de son bikutzi.