J’avoue humblement que je n’avais jamais entendu le nom du dessinateur Cleet Boris. Ni celui du chanteur Hubert Mounier. Ni celui du groupe L’Affaire Louis Trio qui a connu, ai-je lu, un certain succès dans les années 80 et 90.
C’est donc sans idée préconçue que j’ai écouté La maison de pain d’épice qu’on m’a offert. Et avec bonheur, dois-je dire. L’album — dont la petite histoire vous est racontée ici — est agréable. On y trouve des chansons fatalistes de bonne humeur, comme se plait à le dire Mounier lui-même alias Cleet Boris quand il dessine. Douze, pour tout vous dire. Et notamment Les mêmes rêves, que voici :
Nous l’avons entendu dans Tous les matins du monde d’Alain Corneau sans retenir son nom. C’était en 1991. Rolf Lislevand avait 30 ans. Vingt ans et quatre albums plus tard, le luthiste et théorbiste né à Oslo et installé à Vérone depuis près d’un quart de siècle est considéré comme un des maîtres de la musique baroque. Son album Nuove musiche (2006) est un véritable poème pour les oreilles et devrait plaire à qui aime cette musique d’un autre temps qui, à mon humble avis, ne prendra jamais une ride.
Et pour le plaisir de vous le faire découvrir, cette toccata signée Alessandro Piccini :
Elles étaient sept. Sept amies natives du Manitoba qui, sous le nom de Madrigaïa, ont, pendant huit ans, de 1999 à 2007, le temps de nombreux spectacles d’un bout à l’autre du Canada et au delà des frontières, et de deux albums, prêté leurs voix à des chansons venues d’ailleurs ainsi qu’à la musique traditionnelle autochtone et à celle de leur Manitoba natal.
C’est d’ailleurs une chanson de chez elles qu’il me plait de vous faire entendre. Ma belle étoile. En espérant que pour chacune d’elles — les Chic Gamines, Marie-Claude McDonald, Brigitte Sabourin, Sarah Dugas et Dominique Reynolds — une étoile brille dans le firmament de la musique.
Elle est hautboïste, il est organiste. Après des études au Québec, il s’est perfectionné aux Pays-Bas, elle en Allemagne. Leur renommée n’est plus à faire, dit-on. Dom André Laberge, abbé de Saint-Benoît-du-Lac et Louise Pellerin, qui donne des cours de maître tant au Canada qu’en Europe, se sont réunis le temps d’un album consacré à Bach. D’un très bel album, devrais-je dire, où aucun des deux instrumentistes n’écrase l’autre, ceux-ci servant d’abord et avant tout le compositeur.
L’ensemble Oni Waters, fondé en 1983 par Marco Ambrosini, Katharina Dustmann et Peter Rabanser (un Italien, une Allemande et un Autrichien), s’est depuis entouré d’autres musiciens européens et américains afin de mettre de l’avant des musique peu connues. C’est ainsi qu’il a produit un disque mettant en vedette la musique à la cour de Naples et un autre sur la musique des troubadours, pour ne mentionner que ceux-ci — vous pourrez trouver la discographie du groupe ici si j’ai piqué votre curiosité. Et si ce n’est pas déjà fait, le titre Galea, mis galeas, tiré de From Byzantum to Andalusia, Medieval Music and Poetry, vous donnera sûrement envie d’en savoir plus sur Oni Waters…
Parce que j’aime le dépaysement et les sons venus à la fois d’ailleurs et d’un autre temps, c’est à une cérémonie soufie que je vous convie ce matin le temps de L’héritage ottoman, un album de l’Ensemble Kudsi Erguner, produit par l’Institut du monde arabe. Ce même Kudsi Erguner, spécialiste du ney, à qui ont fait appel Peter Gabriel, Didier Lockwood, le metteur en scène Peter Brook et le chorégraphe Maurice Béjart pour ne nommer que quelques-uns de ceux qui ont su reconnaître le talent de cet artiste née en Turquie en 1952.
Maintenant, fermez les yeux. Nous partons pour Constantinople sur un tapis volant, le XIIIe siècle nous attend, le temps d’écouter Scutari.
Besoin d’un peu de soleil? De vous dégourdir les jambes? J’ai exactement ce qu’il vous faut. Alpha Yaya Diallo, né en Guinée et installé à Vancouver depuis vingt ans, va vous faire danser et vous réchauffera le cœur de la première à la dernière chanson de son album Immé, paru en 2010.
Et pour vous le prouver, je vous offre la chanson qui clôture l’album, à savoir Sibhé.
J’avoue : je ne suis pas une grande fan de la chanson française actuelle (et encore moins de la chanson québécoise). Je trouve que dans les deux cas elle s’enlise dans la facilité musicale, de un. Mais ce n’est pas tout. C’est encore pire quand il s’agit des paroles. Voilà deux bonnes raisons de me laisser bercer par des langues étrangères. Mais bon, il y a parfois des surprises. Et Bleu Venise de Daphné en est une.
Totalement autodidacte, Daphné compose ses propres musiques et écrit elle-même les paroles de ses chansons. Ce n’est pas courant déjà. Et elle le fait bien. Avec juste ce qu’il faut pour accrocher l’oreille et le cœur.
« Daphné oscille du côté des styles musicaux entre la pop hexagonale, le folk avec quelques bouts épars d’electro; du côté des influences culturelles entre l’exotisme délibéré, la semi-espagnolade et la chanson néo-réaliste française, faisant de sa musique une macédoine particulièrement variée et parfois déroutante », a écrit à propos d’elle Nikita Malliarakis dans Music Story.
C’est probablement vrai. Moi, je sais seulement que je suis conquise par celle qui me rappelle un peu Mathilde Santing à ses débuts. Et aussi que j’ai envie de vous faire écouter Portrait d’un vertige.
C’est grâce à ce billet d’Armando que j’ai découvert Maria Gadú. Et depuis, je n’arrive plus à m’en passer, si bien que j’ai eu envie de vous offrir moi aussi un extrait du magnifique album qu’elle a signé en 2009. Voici donc, sans plus tarder, Lounge.
Il y a parfois des moments où on a envie de se laisser emporter, de flotter… Autant le faire sur sept mers (seven seas), non? C’est ce que propose Avishai Cohen, contrebassiste et compositeur israélien avec l’album Sept Seas qui vient de paraître et qui vous séduira de la première à la dernière plage pat sa douceur, ses accents nostalgiques et ses phrasés qui ont tout des vagues.
Figure incontournable du jazz, après avoir longtemps fait partie des inclassables (tantôt classique, tantôt nouvel âge, musique du monde ou instrumentale, de temps en temps jazz), Avoshai Cohen est ce soir à l’Olympia. Il y retournera le 19 octobre. D’ici là, quelques autre villes françaises sont inscrites à son calendrier (ici), mais rien de mon côté de l’océan… Heureusement, je peux faire tourner Seven seas en boucle (sans avoir le mal de mer) pour me consoler… Et surtout, Worksong que voici :
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